Article mis à jour le 26 mars 2026 à 09:27
La nouvelle directrice de la Polyclinique Méditerranée, Karine Pastor, présente la rénovation et les futures orientations de l’unique maternité privée des Pyrénées-Orientales. Au programme, des recrutements, un service de néonatologie de niveau 2, davantage de chambres « comme à la maison », ou encore un centre de santé de la femme. Photo de Une © Polyclinique Méditerranée
En 2025, la clinique a vu naître 1599 enfants sur les 3764 naissances des Pyrénées-Orientales. Des chiffres en baisse régulière qui correspondent à la chute nationale de la natalité. En 2018, la clinique enregistrait 2247 naissances. Si le dimensionnement est donc largement suffisant, la maternité envisage des pistes pour améliorer le confort et la prise en charge.
Davantage de gynécologues et un service pour les prématurés « modérés »
Deux gynécologues ont rejoint l’équipe en 2025 et trois autres pourraient prochainement intégrer la structure, portant à 10 le nombre de ces professionnels d’ici la fin de l’année. Les recrutements pourraient donc aussi raccourcir les délais de rendez-vous et de suivi.
Mais ce qui va vraiment changer la donne est l’ouverture prochaine d’un service de néonatologie, permettant d’accueillir des bébés plus précoces dans des chambres mères-enfant, dites chambres « kangourou », certaines avec couveuse intégrée. Ce service fera passer la maternité au niveau 2.
« Cela permettra aussi de ne pas séparer la mère de son enfant » explique la directrice Karine Pastor.
En France, les maternités sont classées de niveau 1 à 3 en fonction de la spécialisation des soins apportés aux bébés. L’hôpital de Perpignan, capable d’accueillir les grosses à risque et/ou pathologiques est lui de niveau 3. Le niveau 2 concerne une prise en charge pour les enfants nés à partir de 34 semaines (huit mois) et / ou 1,8 kg. Pas encore de date précise pour l’ouverture, qui est espérée pour l’année 2027.

Par ailleurs, l’ensemble des chambres de la maternité, soit une quarantaine de lits, a été rénové et intègre de plus en plus de chambres « CALM » ou « Comme à la maison » (voir photo d’ouverture). Il s’agit d’un environnement avec du mobilier plus confortable, l’équipement pour la toilette du bébé directement près du lit, lequel est plus grand pour permettre au papa d’y dormir aussi. « Cela fait partie du programme de rénovation, il y aura deux chambres CALM de plus, ce qui en fera sept. Ces chambres sont très demandées. » Les diverses prestations hôtelières engendrent des surcoûts pour le patient dont une partie peut-être prise en charge par les mutuelles.
Un « centre de santé de la femme » qui accompagne de l’adolescence à la fin de vie
C’est un projet qui pourrait voir le jour dès la rentrée de septembre 2026, quand l’Agence Régionale de Santé l’aura labellisé. La clinique devrait intégrer une permanence pluridisciplinaire du lundi au vendredi appelée « centre de santé de la femme » pour proposer des suivis de l’adolescence à la fin de vie.
« Chaque étape de la vie d’une femme peut avoir des conséquences très importantes sur sa vie et sa santé. » Ménopause, endométriose, dépistages divers… ce nouvel accueil orientera vers de nombreuses prises en charge.
Pour essayer d’aller vers les territoires, une antenne de ce dispositif est prévue à Céret, et pourquoi pas d’autres à l’avenir. Le centre de santé de la femme pourra ensuite diriger sur l’hospitalisation de jour, par exemple pour l’endométriose. En effet jusqu’à présent cette pathologie coûte aux patientes 300 à 350 euros par mois de soins de support en plus de la thérapie hormonale. Une telle hospitalisation permettrait d’intégrer ces traitements dans la prise en charge.
Mieux détecter la dépression post-partum, encore trop taboue
L’ensemble de ces projets mais aussi la création d’un pôle de prise en charge du rachis ou « centre du dos » fait l’objet d’un budget total entre 700 000 et 800 000 euros. Enfin les méthodes changent aussi et la détection de la dépression post-partum devrait elle aussi se voir renforcée, avant un éventuel suivi en hôpital de jour. « C’est très difficile à verbaliser. On se dit ‘ce sont les hormones, je suis fatiguée, ça va passer.' » La dépression post-partum concernerait plus de 11 % des patientes, et le suicide maternel est devenu la première cause de mortalité des mamans, comme l’indique un rapport de l’Inserm publié en 2024. Cette année, en plus du repérage par les soignants, un questionnaire sera mis en place pour que les mamans s’auto-évaluent. Cela évite un diagnostic frontal.
Pour Audrey Gratacos, coordinatrice du service maternité, « déjà que vous êtes fragile et fatiguée, si un soignant vous dit directement que vous êtes en risque d’être en dépression, ce n’est pas ce que vous avez envie d’entendre. Cette évaluation se fera à la maternité mais aussi à la maison, pour pousser à consulter quand on se dit ‘ça fait trois jours que je n’ai pas souri, que mon appétit a diminué etc.' »
Des accouchements qui restent centralisés à Perpignan
Il est loin le temps où il y avait une maternité à Céret, une à Prades et six à Perpignan. Depuis la fermeture de la maternité Saint-Pierre en 2017, ne restent que l’hôpital de Perpignan et la Polyclinique Méditerranée, avec des séjours bien plus courts qu’il y a quelques décennies. La durée moyenne est passée de 8 jours en 1975 à environ 4 jours aujourd’hui. Le directeur territorial du groupe Elsan, Fabrice Derbias, confirme que revenir à une multiplication de maternités n’est pas prévu, même à long terme. Un point qui s’inscrit dans la trajectoire nationale et qui interpelle : la distance moyenne entre les femmes et les lieux pour accoucher ne cesse de croître.
La dynamique est plutôt sur la centralisation de services les plus lisibles possibles à Perpignan et ce qu’il appelle « des centres d’excellence ». Fabrice Derbias reconnaît un manque de praticiens dans les territoires éloignés et mise sur un travail en lien avec les libéraux des territoires pour mieux articuler les soins plutôt que sur plusieurs établissements.
« Pendant encore quelques années, il y aura une énorme tension avec le manque de médecins sur nos territoires. Concentrer les expertises est une nécessité au regard de l’offre médicale, hélas rare. »
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