Article mis à jour le 1 mars 2026 à 00:13
Le président du Rassemblement national était à Perpignan ce samedi 28 février en soutien à Louis Aliot. Le maire de la ville en a profité pour dresser un bilan de son mandat, sans annonces concrètes, mais qui en fait une vitrine utile au parti d’extrême droite pour mener sa barque jusqu’aux présidentielles. À deux semaines des élections municipales, Jordan Bardella est venu vendre les projets du RN.
« Un homme s’est battu pour vous. Cet homme, c’est Louis Aliot. » Dans le parc des expositions de Perpignan ce samedi 28 février, Jordan Bardella s’adresse à une foule de drapeaux bleu-blanc-rouge. Le président du Rassemblement national vient de descendre les escaliers des gradins en enchaînant les selfies. Derrière lui, le maire de Perpignan, Louis Aliot. Alors qu’il se présente à sa réélection, son parti s’est saisi de sa campagne comme vitrine, espérant voir fleurir davantage de villes RN lors des municipales des 14 et 22 mars prochains.
Perpignan vitrine de l’extrême droite
Le maire sortant a mené une campagne jusqu’ici discrète : rares apparitions médiatiques, une poignée de réunions publiques et des posts sur les réseaux sociaux. Le meeting de ce samedi 28 février est annoncé depuis plusieurs semaines comme le temps fort de sa course vers un nouveau mandat. Dans les gradins, où environ 3000 personnes sont venues assister aux discours, de nombreux Perpignanais. « On le soutient parce qu’on a peur de La France Insoumise », glisse l’une d’entre elles. À travers son maire, elle vient soutenir un parti.

C’est avec Perpignan que s’ouvre l’événement. L’édile sur grand écran. Une vidéo retrace son histoire avec la ville. Louis Aliot joueur de rugby, Louis Aliot descendant de rapatriés d’Algérie, Louis Aliot et son mandat de maire au service de « la sécurité, de la propreté et de la qualité de vie. » L’édile s’appuie sur son bilantout en essuyant les critiques d’inaction. « On ne peut pas demander à un maire de réparer en six ans ce qui a été détruit pendant 50 ans. Notre premier mandat, 2020-2026, aura été celui des réparations et de la reconstruction. Le deuxième mandat sera celui de l’innovation et de la modernisation de la ville. » Un cap : la continuité. « Je ne vous promets pas la facilité mais je vous promets la constance », lance l’édile sur scène à l’image de son slogan « Continuons ensemble ».
Louis Aliot poursuit alors sur son bilan et se pose en bouclier au service d’une ville. « Les Perpignanais sont au défi du contexte national, du déclassement industriel de notre pays, du chaos financier que nous laissera Emmanuel Macron, le désastre de la France, mais aussi de tous ses soutiens de gauche comme de droite. » En dehors d’une continuité de la politique sécuritaire, peu d’annonces pour un éventuel futur mandat. En revanche, le maire sortant a profité de sa tribune pour torpiller ses opposants. « Un attelage d’opportunistes et de jaloux. » S’attaquant aux gestions socialistes du Département et de la Région, le candidat multiplie les expressions cinglantes alors que la foule hue ses opposants. À Perpignan, face au maire sortant, cinq candidats : Pascale Advenard,Mathias Blanc, Mickaël Idrac, Agnès Langevine et Bruno Nougayrède.
Municipales 2026 : Une première marche vers l’Elysée pour le Rassemblement national
Le discours s’achève sur un éloge de Perpignan « la fidélissime », « la catalane », « la rayonnante ». Louis Aliot déroule sur l’identité du Roussillon. Un portrait lumineux et fier parsemé d’illusions aux « racines » et au « respect de l’héritage ». « Aimer Perpignan, aimer le Roussillon, c’est aimer la France. » Car c’est bien de politique nationale qu’il s’agit. Avec une campagne centrée sur l’image de la ville, Perpignan devient un exemple à présenter aux électeurs d’autres communes françaises. Jordan Bardella l’assume à la tribune du parc des expositions. « Nous sommes en ordre de marche au service de la nation. »
Pour le président du Rassemblement national, les Municipales sont la première étape de la victoire présidentielle du parti et doivent « engager le jour 1 de l’alternance. La France mérite mieux, et vous allez pouvoir l’exprimer les 15 et 22 mars prochains. » Le projet mené par le RN à Perpignan tend à se généraliser, à en croire le président du parti.

« Nos mairies prendront dès mars prochain toute leur part à la lutte existentielle pour la sécurité des Français, comme Louis le fait ici à Perpignan depuis six ans. Aux élections municipales, vous aurez entre les mains bien plus qu’un vote. Vous aurez une direction, une impulsion, et par-dessus tout, le chemin du commencement. »
Le RN théorise les Municipales comme une première étape vers l’Élysée. Derrière la vitrine de Perpignan et d’une campagne locale où les annonces concrètes se font rares, se joue la campagne présidentielle d’un Rassemblement national qui prépare le terrain.
Ce dimanche1er mars, c’est Jean-Luc Mélenchon qui sera à Perpignan pour soutenir le candidat insoumis Mickaël Idrac, également soutenu par les écologistes et Générations(s). D’autres figures LFI sont attendues telles que Manuel Bompard, Clémence Guetté ou Paul Vannier. Un duel des chefs, qui se présente, là encore, comme un avant-goût de 2027.
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