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Mobilisation massive à Perpignan pour la Diada 2018 de la Catalogne Nord

Des milliers de catalans ont défilé cette année pour la Diada de la Catalogne Nord qui commémore le Traité des Pyrénées. Signé le 7 novembre 1659 entre les monarchies hispanique et française, le Traité des Pyrénées a séparé le territoire historique de la Catalogne. Une scission vécue, à l’époque, comme une « condamnation à perpétuité » par les Catalans du nord. « Du jour au lendemain, l’ennemi français est devenu leur maître » a évoqué plus tôt cette semaine le professeur et historien Sala-Athaner lors d’une conférence à l’initiative de la Casa de la Generalitat à Perpignan.

Une commémoration qui mêle désormais histoire et politique depuis le référendum en Catalogne le 1er Octobre 2017, et l’incarcération de responsables et personnalités considérés par les catalanistes comme “prisonniers politiques”. Un collectif de catalanistes ont organisé une “Cassolada per la Llibertat” devant le consulat d’Espagne avec casseroles, banjos et sifflets peu avant de rejoindre le rassemblement qui regroupait personnalités, partis politiques, syndicats et associations. De très nombreux catalans du sud se sont mobilisés pour l’évènement, grossissant un cortège cinq fois plus important que celui de 2017.

Des cassolades sont régulièrement organisées devant le consulat espagnol à Perpignan. Lors de ces manifestations, 300 personnes étaient venues demander la libération “des prisonniers politiques catalans et le retour des exilés
A l’initiative des Angelets, l’exposition itinérante Visca per la Llibertat, actuellement à Prats-de-Mollo et bientôt à Alenya, Villeneuve-de-la-Rao et Saleilles, présente le travail de 45 photojournalistes sur le processus d’indépendance en Catalogne.
La ville d’Elne a joué un rôle important dans la tenue du référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017. Des sympathisants indépendantistes étaient parvenus à imprimer des bulletins et à cacher les urnes que les forces de police espagnoles tentaient, en vain, de saisir.
L’histoire du « fait catalan » trouve ses origines au haut Moyen Âge. Mais en 2018, l’enjeu majeur des manifestants est la libération des responsables politiques emprisonnés suite au référendum du 1er Octobre 2017.
La langue catalane était omniprésente dans le Roussillon jusqu’à la moitié du 19e siècle. L’historien Sala-Athaner indique que la perte de présence de la langue catalane ne débute qu’à l’issue du procès des Trabucaires (1845) avec la création d’une « frontière éthique ».
Les “castells” (châteaux humains) sont un symbole fort de la culture catalane. Au sommet, se trouve la “canalla” (mot signifiant “enfants”), formée par le “pom de dalt”, puisque ce sont eux qui grimpent jusqu’au plus haut grâce à leur agilité et leur légèreté.
En Catalogne Sud, la Diada se déroule le 11 septembre, jour qui commémore la chute de Barcelone en 1714. Grand succès populaire, elle a rassemblé plus d’un million de personnes sur le bitume de la célèbre Avenida Diagonal à Barcelone.
El Nacional, journal partisan de l’indépendance, résume ainsi dans une tribune en septembre dernier la vision de la plupart des participants de cette Diada : “Une manifestation, c’est la façon dont des personnes pacifiques et déterminées montrent leur force lorsqu’on leur a interdit le vote avec violence, répression, emprisonnement et exil”
Rassemblement résolument unitaire, cette Diada 2018 de la Catalogne Nord a gommé pendant quelques heures les divergences politiques et stratégiques. Tandis que de l’autre côté des Pyrénées, “le pouvoir de rassemblement ne faiblit pas; son efficacité politique réelle ne se dégage pas”, commentait le journal non indépendantiste “El Periodico

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