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Municipales à Perpignan : LFI dépose un recours pour faire annuler la victoire de Louis Aliot

Article mis à jour le 18 mars 2026 à 16:57

Dénonçant de « graves irrégularités » lors du 1er tour des élections municipales, La France Insoumise saisit le tribunal administratif de Montpellier.

La défaite ne passe pas. Le candidat Insoumis Mickaël Idrac, arrivé 4e avec 9,60% des voix, annonce ce mercredi 18 mars déposer un recours dans le but de faire annuler la réélection de Louis Aliot au premier tour des élections municipales à Perpignan. Le mouvement dénonce des « irrégularités graves » ayant, selon lui, altéré la sincérité du scrutin et rompu l’égalité entre les candidats, en les privant de voix décisives.

Les bulletin retournés dans les bureaux de vote : « une décision arbitraire » pour LFI

Au cœur du litige : une décision de la préfecture demandant de retourner leurs bulletins dans les bureaux de vote, ce qui a eu pour effet de masquer la photo de la tête de liste et les logos de soutien. LFI affirme que cette décision, prise à la suite d’un signalement d’un membre d’une liste concurrente, serait « arbitraire » et sans fondement légal.

La préfecture a estimé que le bulletin LFI se démarquait trop des autres.

Le parti indique également ne pas avoir obtenu d’explications claires de la part de la préfecture, malgré ses demandes. Il conteste notamment l’usage de l’article invoqué du code électoral. « En fin de journée, j’ai reçu un appel de la présidente de la commission de contrôle me disant que la décision avait été prise en vertu de l’article R117-4 du code électoral, déclare Mickaël Idrac. Or, après consultation d’un avocat, il apparaît que cet article n’a absolument rien à voir avec la situation en question ».

Le préfet réagit : la justice devra se prononcer

Cet article de loi, que Made in Perpignan a consulté, concerne une série des dispositions réglementaires. Concrètement, il fixe les modalités de présentation des bulletins de vote, notamment leur format, leur disposition et certaines règles techniques. En revanche, cet article ne prévoit pas explicitement la possibilité de retourner les bulletins dans les bureaux de vote.

Estimant que ces éléments ont pu influencer le résultat du scrutin, La France insoumise demande à la justice administrative de faire la lumière sur ces faits et d’examiner une possible annulation de l’élection.

Contacté, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, explique que « les bulletins de vote ont été posés sur les tables de façon à faire apparaître les noms des candidats ». Il précise : « Cela me paraît logique et de bon sens dans un scrutin démocratique qui se doit d’être clair et transparent. Un candidat a décidé de contester ce point devant le tribunal administratif : il revient donc à la justice de se prononcer sur ce point ».

En 2008, Perpignan avait connu une annulation retentissante de l’élection municipale après l’affaire de la « fraude à la chaussette ». Lors du dépouillement au second tour, le président de l’un des bureaux de vote avait été surpris en flagrant délit de fraude, avec des bulletins de vote « Alduy » cachés dans ses chaussettes.

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Sébastien Leurquin