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Municipales à Perpignan : ce que révèlent les comptes de campagne des six candidats

Article mis à jour le 7 octobre 2026 à 18:15

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a rendu publiques, ce mercredi 7 octobre, ses décisions sur les comptes des six têtes de liste engagées aux élections municipales de Perpignan en mars dernier.

Tous ces comptes sont approuvés, mais deux ont été corrigés : celui du maire Louis Aliot (RN), réélu dès le premier tour avec 50,61 % des suffrages exprimés, et celui de l’Insoumis Mickaël Idrac. Cet examen conditionne la somme que l’État remboursera à chaque candidat. Au total, 216 533 euros d’argent public reviendront aux listes perpignanaises.

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Dépenses de campagne à Perpignan : de 302 euros à près de 116 000 euros

Pour une commune de la taille de Perpignan, les dépenses de chaque liste présente au premier tour étaient plafonnées à 137 364 euros. Avec 115 997 euros retenus par la Commission, l’équipe de Louis Aliot a mobilisé 84 % de cette enveloppe. Suivent Bruno Nougayrède (union de la droite et du centre), avec 82 787 euros, Agnès Langevine (Place Publique et PS), avec 69 227 euros, Mickaël Idrac (LFI), avec 57 329 euros, et Mathias Blanc (divers gauche), avec 26 197 euros. La candidate de Lutte ouvrière, Pascale Advenard, a mené campagne avec 302 euros.

Rapportées au nombre de voix obtenues, ces sommes dessinent une tout autre hiérarchie. Selon un calcul de la rédaction, chaque bulletin en faveur du maire sortant a coûté près de 6,90 euros, contre 13 euros pour Agnès Langevine, 18 euros pour Mickaël Idrac et 18,50 euros pour Bruno Nougayrède. Avec un budget quatre fois inférieur à celui du maire, Mathias Blanc atteint pour sa part 8,80 euros par suffrage.

Seuls deux comptes ont fait l’objet d’observations. Dans celui de Louis Aliot, la CNCCFP a d’abord écarté 1 500 euros de frais de remise en état d’un véhicule de location. Elle a ensuite corrigé la façon dont le mobilier avait été comptabilisé. La commission explique : « il a été porté au compte de campagne la valeur d’acquisition de 25 chaises et non la valeur d’utilisation qui peut être évaluée à 71 euros pour une période de cinq mois. » Le même raisonnement vaut pour un téléviseur, dont l’usage sur trois mois est estimé à 33 euros. Au total, 2 650 euros ont été retranchés, soit un peu plus de 2 % des dépenses déclarées. Chez Mickaël Idrac, la correction porte sur 1 314 euros, correspondant à l’acompte versé pour réserver une salle finalement inutilisée. Les comptes des quatre autres têtes de liste n’appellent aucune observation.

Remboursement de l’État : pourquoi Louis Aliot touche moins que ses principaux rivaux

Ce paradoxe apparent découle de la mécanique fixée par l’article L. 52-11-1 du code électoral. Les candidats ayant dépassé 5 % des suffrages exprimés peuvent prétendre à un remboursement forfaitaire égal au plus faible de trois montants. Le premier est 47,5 % du plafond, soit 65 248 euros à Perpignan. Le deuxième correspond aux dépenses électorales retenues. Le troisième est l’apport personnel de la tête de liste, diminué de l’éventuel excédent du compte. Autrement dit, l’État ne rembourse jamais plus que ce que le candidat a avancé lui-même, ni ce que ses autres recettes ont déjà couvert.

C’est ce dernier critère qui pèse sur la liste du maire. Son compte affiche 153 695 euros de recettes pour 115 997 euros de dépenses, soit un excédent de 37 698 euros. Pour le calcul du remboursement, cet excédent est déduit de son apport personnel de 71 850 euros. L’État lui versera ainsi 34 152 euros, loin du maximum de 65 248 euros. L’excédent restant inférieur à l’apport du candidat, la Commission n’exige en revanche aucune dévolution du solde.

À l’inverse, Bruno Nougayrède, dont le compte ne dégage que 518 euros d’excédent, obtient le remboursement le plus élevé : 61 482 euros. Agnès Langevine percevra 57 527 euros, Mickaël Idrac 41 855 euros et Mathias Blanc 21 517 euros. Pour ces deux derniers, l’État couvrira l’intégralité de leur apport personnel. Créditée de 1,46 % des voix, Pascale Advenard n’a, quant à elle, droit à aucun remboursement.

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