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Parlons d’amour ! À Canohès, ados et seniors déclarent leur flamme avec le théâtre de l’Archipel

Article mis à jour le 13 février 2026 à 10:37

Pendant un mois, six jeunes et seniors de Canohès ont participé à un atelier de déclaration d’amour. Organisé par le théâtre de l’Archipel avec la compagnie Alma, le projet croisant les générations a permis de délier les langues. À l’approche de la Saint-Valentin, ils se sont pris au jeu des acteurs, entre le tragique de Roméo et Juliette et l’exaltation de l’amour heureux.

« L’amour que je te porte est un talisman. » La phrase est lancée par Madara, 11 ans. Son auditoire ? Josiane, 64 ans, Micheline, 78 ans ou encore Anne, Renée-Mathilde et Louis. Ils sont six à se retrouver une fois par semaine depuis un mois pour apprendre à déclarer leur flamme. Le théâtre de l’Archipel, dans son programme « sous le signe de l’amour », organise ces ateliers avec le CCAS (Centre communal d’action sociale) de Canohès entre deux spectacles.

Coup de foudre théâtral pour la Saint-Valentin

Les participants ont assisté à la représentation de Roméo et Juliette mise en scène par Guillaume Séverac-Schmitz début janvier. Le cycle se termine ce week-end du 14 février, avec la représentation de Pour le meilleur et pour le pire du cirque Aïtal, spectacle sur le couple.

Mais ce mercredi 11 février, les artistes ne sont pas sur les planches de la salle Grenat. D’ailleurs, la plupart ne sont pas acteurs. Ils font partie des pôles jeunes et seniors du CCAS de leur commune. Cécile Guérin et Claire Olivier, comédiennes de la compagnie Alma, les ont accompagnés étape par étape. Aujourd’hui, ils enregistrent leur déclaration d’amour dans la Maison des jeunes de Canohès.

Les textes travaillés et récités par les participants sont à écouter sur cet enregistrement.

De l’amour inconnu à celui qui a disparu

Ils s’adressent à une meilleure amie, un petit-fils, un chien, un amour disparu. « On ne fait pas du beau », lâche Claire face à la diction appliquée de Josiane. Les retours des actrices sont précis, exigeants mais bienveillants. « Cela nous a permis de dire ce qu’on n’avait parfois jamais dit. Sans être jugés, cela n’avait pas d’importance »

Parler d’amour s’est avéré joyeux, piquant, ironique, parfois sombre. « Sans toi, c’est comme un jour sans soleil », prononce Micheline. Les actrices aident la septuagénaire à maîtriser son texte. « On sait de quoi c’est rempli. D’absence, de vide. Mais on va l’élever. » Micheline essaie, retente, avec assurance, en chantant… Malgré le poids de son texte, elle sort de l’atelier amusée.

« À nos âges, on a connu l’amour sous toutes ses formes. On est envahi de tas d’émotions, avoue-t-elle émue. C’est si riche de le partager avec des plus jeunes. »

Toutes se disent épatées par le texte de Louis, 13 ans. Seul garçon à s’être lancé dans l’aventure. « On se demande comment on peut écrire cela à son âge. » Lui avoue que sa déclaration n’est pas adressée à une personne en particulier. « C’est comme ça. » À la sortie de l’enregistrement, en tout cas, tout le monde le garde en tête. Armelle Pommet, responsable des actions culturelles au théâtre de l’Archipel, raconte l’ouverture dont a fait preuve le jeune garçon.

« S’il est venu pendant son temps libre, c’est qu’il avait des choses à raconter, et qu’il en a profité. On a senti qu’il s’est engouffré dans ce projet. C’est ce qu’on cherchait. Que les participants puisent dans leurs émotions et apprennent à les retranscrire. C’est très beau de voir deux générations si différentes se relier. »

Paillettes et confettis derrière le rideau

Pour une déclaration d’amour, pas de recette unique. C’est aussi pourquoi l’Archipel a fait appel à Alma, compagnie spécialiste du thème. Travail du texte, du corps, appropriation de poèmes déjà écrits. À coups de jeux et d’essais, Cécile et Claire projettent leurs élèves dans leurs textes. « Lance des confettis », « lâche des paillettes », que le sol de la salle communale se recouvre des traces de leur déclaration d’amour. Vient ensuite le moment de l’enregistrement audio. « On ne sait pas ce qu’on va laisser de tout ce travail », déclare Josiane.

Les ateliers s’inscrivent dans une volonté d’élargir les murs de l’Archipel. Un atelier semblable a été mis en place avec des enfants à Llupia. « Toutes les structures qui maillent le territoire nous permettent d’installer ces projets. » À Canohès, c’est un CCAS particulièrement actif, d’après ses usagers, qui pousse les projets intergénérationnels. Ce travail, hors les murs, Armelle Pommet espère le voir fructifier. « On donne la parole aux gens en y injectant, l’air de rien, de l’artistique. On sème des graines avec cette idée que tout nourrit tout. L’objectif, c’est que les gens voient la culture différemment et peut-être qu’on les reverra à l’Archipel, ou dans un autre théâtre. »

En tout cas, ils repartent émus et fiers. Madara et Louis quittent l’atelier les premiers, discrètement. Sac de sport sous le bras, ils passent la porte sous les remerciements du reste des participantes et des actrices.

Pour le meilleur et pour le pire, du Cirque Aïtal s’installe sur la grande scène de l’Archipel ce week-end. Samedi 14 février à 20h30 et le dimanche 15 février à 16h30.

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