Syndicats et militants s’apprêtent à battre le pavé ce vendredi 1er mai 2026 dans les rues de Perpignan. Augmentation des salaires, défense des retraites, paix et libertés : les revendications portent la marque d’un contexte social et politique chargé, entre inflation, montée de l’extrême droite ainsi que les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
Des revendications claires pour le 1er mai
Salaires, retraites, services publics : les syndicalistes vont défiler avec un message simple et direct en tête. Augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux reste la priorité numéro un, dans un département où les fins de mois sont de plus en plus difficiles à boucler. Mais cette année, le contexte économique du pays liée notamment à la flambée du prix des carburants, à la potentielle hausse des salaires et à un climat d’austérité généralisé renforce encore le sentiment de crise. Pour Jérôme Capdevielle, Représentant Force Ouvrière, cela coûte de plus en plus cher pour les travailleurs de se déplacer à leur emploi.
« Les salariés ont du mal à remplir le frigo jusqu’à la fin du mois. Les employeurs ont aussi leur part de responsabilité dans l’accompagnement de leurs employés »
La polémique autour de la loi sur le travail du 1er mai, finalement reportée pour le moment en 2027 reste au cœur des inquiétudes. Si les syndicats parlent d’une première victoire, ils redoutent une remise en cause de ce symbole du monde du travail. Enfin, entre inflation, tensions internationales et montée de l’extrême droite, beaucoup expriment une inquiétude grandissante face à une situation sociale et politique jugée de plus en plus fragile.
Le symbole de la fête du travail en danger ?
Le 1er mai est une fête populaire que l’on célèbre depuis près de 140 ans. Au début, créée à New-York en 1882, elle arrivera en France en 1890 afin de demander l’instauration de la journée de travail à 8 heures. Cette journée reste un symbole fort pour les syndicats, il incarne un droit acquis de longue date : celui d’une journée chômée et dédiée aux travailleurs. La tentative d’autoriser le travail pour tous ce jour-là a ravivé les inquiétudes, perçue comme une remise en cause progressive de cette journée fériée. Même si certains syndicats évoquent des exceptions encadrées en fonction du secteur d’activité notamment pour les métiers de bouches, tous s’accordent à dire que toucher à ce jour chômé enverrait un signal négatif sur la place accordée aux droits des salariés en ces temps de crise.
Pour rappel, un projet de loi avait été présenté au Sénat avec l’intention de permettre aux boulangers et aux fleuristes de travailler lors de ce jour férié avant que le texte soit élargi à tous les commerces à l’Assemblée Nationale. Depuis, la loi a été repoussée au 1er mai 2027 et sera remise sur la table seulement pour les boulangers-patissiers et fleuristes sur la base du volontariat et avec une rémunération doublée. Pour Julien Barthélémy, secrétaire de la CGT 66, le gouvernement est jugé responsable de cette polémique qui a défrayé la chronique ces derniers jours.
« Aujourd’hui, on sent bien que le gouvernement est fragile, mais on le sent depuis des mois. Il essaie de tempérer en fonction de la contestation sociale. Si on ajoute la question des prix de l’énergie et de l’augmentation des salaires. Et que l’on explique aux travailleurs qu’ils vont travailler une journée de plus, ça ne passe pas. »
