Article mis à jour le 29 septembre 2026 à 09:09
Des pompiers des Pyrénées-Orientales se sont rendus à Paris pour la manifestation intersyndicale de ce mardi 29 septembre. Ils dénoncent le manque de moyens nationaux sur des missions toujours plus exigeantes. Malgré, au local, l’effort salué du Conseil départemental, ils craignent la faible anticipation face au dérèglement climatique.
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« Chaque fois, on dit que c’est exceptionnel, commente l’adjudant-chef Arnaud Berga, secrétaire départemental de Sud SDIS 66. Et chaque année, l’exceptionnel est dépassé. » Le représentant syndical fait référence aux incendies de l’été, ou encore à la tornade dans l’Aude. « Avec le changement climatique on va se retrouver de plus en plus dans ce genre de situation. S’il y avait eu le feu de Gironde et le feu de Trévillach en même temps, on n’aurait vraiment pas eu assez de moyens. Il faut anticiper avant qu’il y ait une catastrophe. »
Moins de casernes, plus de feux
Pour Christophe Garcia, secrétaire de la CGT Pompiers dans les Pyrénées-Orientales, on pourra de moins en moins compter sur le renfort de colonnes extérieures, avec des incendies qui concernent désormais tout le territoire.
« La saison estivale s’est rallongée, les périodes de sécheresse intenses continuent jusqu’à aujourd’hui et d’autres départements sont impactés. »
Si la promesse de recrutement d’une centaine de pompiers professionnels par le Conseil départemental est un soulagement, les annonces d’austérité budgétaire inquiètent. Dans le cadre du budget qui sera voté les prochaines semaines, le gouvernement a annoncé rechercher 54 milliards. « Cela va porter forcément sur les collectivités territoriales. L’austérité peut remettre en questions les recrutements, voire peut-être les remplacements de départs à la retraite. »

Arnaud Berga évoque, sur la dernière décennie, les casernes et camions qui ont disparu. Les volontaires des communes concernées renoncent parfois à suivre ces réorganisations. « On oublie aussi que derrière chaque pompier il y a les travailleurs de l’ombre, des personnels administratifs et techniques, qui préparent notre matériel, nos tenues, la logistique alimentaire… Eux aussi subissent la baisse. » Arnaud Berga se remémore les 70 centres de secours des Pyrénées-Orientales quand il a débuté en 1996. Il n’y en aurait plus qu’une quarantaine aujourd’hui.
Des ambulances chargées en attente aux urgences
Les Pyrénées-Orientales accueillent plus de 3000 nouveaux habitants par an, dans un contexte de désertification médicale qui pousse à se rendre davantage à l’hôpital.
« L’hôpital est en souffrance, et les pompiers sont l’essuie-tout du secours. Nous faisons du transport de malades qui devrait incomber à des ambulanciers privés. »
Résultat, les ambulances patientent devant les urgences, et les victimes les moins prioritaires restent parfois à l’extérieur plusieurs dizaines de minutes, voire plus d’une heure, avant d’intégrer l’hôpital où ils patienteront à nouveau. Pendant ce temps, les pompiers sont bloqués sur place. « Ce problème augmente. Nous avons une population vieillissante. »

Christophe Garcia évoque l’effet domino de ces moyens qui stationnent à l’hôpital. « Si je suis sapeur-pompier à Saint-Laurent-de-la-Salanque et si j’attends aux urgences, ce sera un camion de Canet ou d’ailleurs qui va répondre à un appel. Si c’est bénin, la victime patiente, souffre un petit peu plus longtemps. Mais si c’est un arrêt cardiaque, un AVC, un début d’incendie, chaque minute compte… »
Quatre maladies professionnelles reconnues, contre près d’une vingtaine dans d’autres pays
Autre motif de la grogne, les dégâts physiques du métier. En France, quatre cancers sont considérés comme professionnels pour les pompiers. Très inférieur à la vingtaine de pathologies reconnues dans plusieurs pays anglo-saxons.
« Avant d’en arriver au cancer on préférerait avoir du matériel spécifique, regrette Arnaud Berga. On a un bout de coton qui coûte 15 euros, les particules fines et les fumées, on en respire. »
La chaleur vient aussi modifier les conditions de travail. Christophe Garcia souligne ces températures toujours plus insupportables. « Vous avez chaud en short et T-shirt, et ça se comprend. Nous sommes au milieu de la garrigue, sans ombre, en portant une tenue de feu, une cagoule. Nous fournissons un effort physique important dans cette chaleur, en respirant des fumées avec les bronches complètement dilatées. »
Christophe Garcia espère une politique de prévention nationale qui permettrait de prévoir les bouleversements à venir. « La prévention coûte toujours moins cher. Nous participons à la manifestation de Paris, où on attend 8000 sapeurs pompiers. »
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