La ligne ferroviaire de la vallée de l’Agly, où circule le Train Rouge, a été menacée maintes fois de fermeture. Mais le syndicat mixte qui la gère devrait bientôt en récupérer la pleine propriété. Cela pourrait augurer une liberté totale pour réinventer les circulations. Transport de fret, trains électriques et peut-être même passagers à l’année se profilent. Photo de une © SAS Ecotrain
Le TPCF, Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes, aussi appelé Train Rouge, est un train touristique qui circule de Rivesaltes à Saint-Martin Lys en été, avec ses wagons découverts et son petit 30 km/h. Si le Syndicat mixte du Train Rouge, composé des communautés de communes traversées, en a récupéré la gestion, la voie appartient toujours à SNCF Réseau. Cela devrait changer au cours des deux ans à venir.
« On a lancé la saisine du ministère des Transports pour le transfert de propriété » explique Marie-France Poletti, chargée de mission pour le syndicat.
Débarrassée des coûts d’entretien, SNCF Réseau pourrait même dédommager le syndicat au passage, même si le montant est encore incertain. Au total ce sont près de 1000 km2 de foncier, sur une longueur de 62 km, qui passeront entre les mains des collectivités locales. De quoi rêver à de nouvelles ambitions.
Un « micro-fret » électrique testé cette année
C’est le retour du fret, arrêté depuis le début des années 2010, qui devrait être expérimenté pour quelques mois prochainement. Il n’est plus question de transporter les minéraux des carrières comme auparavant. Ces flux, pour ce qu’il en reste, ont été déportés sur la route. En revanche, Marie-France Poletti mentionne une expérimentation prochaine pour la livraison de colis avec l’équivalent des messageries express via le train. La répartition aux adresses individuelles pourrait même se faire ensuite via des vélos cargos, pour se passer totalement des fameux fourgons de livraison.

C’est en effet la dimension environnementale qui prime. Si le Train Rouge touristique était déjà passé au biocarburant, le transport de fret pourrait être réalisé via des « écotrains », à savoir des engins très légers et totalement électriques. Ces trains à faible empreinte carbone se déplacent plus vite qu’un bus et sont moins coûteux qu’un TER classique.
« Un démonstrateur a déjà un prototype qu’il voudrait acheminer cette année pour faire un essai sur la voie » explique Marie-France Poletti.
L’emprise foncière permettrait par ailleurs d’installer des panneaux solaires au sol le long de la voie. Si les essais sont concluants, une mise en service d’un écotrain peut-être envisagée pour 2029.
Des navettes sans conducteur pour le transport de passagers
Au-delà du fret, ce type de train est également capable de transporter des passagers, avec une trentaine de places assises dans chaque wagon-navette à conduite autonome, mais aussi des possibilités de places debout. Le tout sans abandonner pour autant le volet touristique, que ce soit pour le Train Rouge ou l’offre de vélorail sur le haut de la vallée, avec des draisines à pédale sur une partie des tronçons.
Reste à affiner les coûts d’entretien et d’assurance de l’ensemble. Toute l’équipe du syndicat mixte a en ce moment le nez sur les tableurs pour déterminer l’offre la plus viable. Des initiatives à suivre de près.
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