Article mis à jour le 16 janvier 2026 à 09:07
Thibault Gonzales, champion du monde de pâté en croûte 2025, paye le prix de sa récompense. Quelques semaines après son sacre, les déçus sont de plus en plus nombreux face à l’impossibilité de satisfaire la demande. L’artisan des Pyrénées-Orientales défend un produit d’exception qui ne peut pas passer le cap d’une production industrielle. Photo © Ludo Charles / Hans Lucas
Son titre n’a pas passé l’épreuve de feu des réseaux sociaux. Thibault Gonzales a été sacré champion du monde de pâté en croûte en 2025. Très vite la renommée de l’artisan installé à Thuir fait le tour des fils d’actualité et les clients s’amoncellent devant la porte d’entrée de la charcuterie « L’Espace gourmand ». Problème : l’équipe ne peut pas éponger la demande. Elle met en place un système de commande pour obtenir le très prisé pâté en croûte. Les déceptions s’enchaînent. Sur Google, les avis négatifs, jusqu’ici particulièrement rares, s’ajoutent les uns aux autres. On y lit pêle-mêle :
« Quel intérêt de passer un concours pour gagner le titre du « meilleur pâté en croûte » quand il n’y en a jamais dans la boutique ? » – « Avec cette belle image du Champion du monde de pâté croûte, nous avons décidé de faire le déplacement pour venir dans votre boucherie. Et quelle déception ! Aucun pâté en croûte en vente sur place. »
La plupart des commentaires mentionnent l’impossibilité d’acheter du pâté en croûte en boutique. En effet, le produit décoré est disponible sur commande depuis la décoration mondiale. Les commandes s’étalent déjà jusqu’à début juin. Des tranches sont parfois exceptionnellement mises en vente en boutique, mais il faut se bousculer pour espérer casser la croûte. « C’est un peu dur de s’entendre dire qu’il n’y en a plus, d’autant plus que j’avais fait 100 km pour venir en chercher », s’agace un internaute.
Des « avis violents » pour le champion du monde
« C’est difficile d’encaisser ces avis », confie Thibault Gonzales. Il y a quelques jours, le charcutier a pris la parole sur les réseaux sociaux. « Nous ne voulons pas sacrifier l’âme du produit pour aller plus vite. Ce qui fait le plus mal, ce ne sont pas les contraintes. Ce sont les avis violents, les mots durs, les jugements rapides », avant d’ajouter : « derrière chaque pâté en croûte, il y a une passion intacte ». Des heures de travail pour un tressage minutieux de la pâte et une composition aussi esthétique que gustative.
En décembre 2025, Thibault Gonzales brandissait la coupe du monde du pâté en croûte face à 15 autres finalistes. La reconnaissance s’est accompagnée d’une « pression et d’attentes parfois difficiles à encaisser », détaille l’artisan. Il revendique la précision de son savoir-faire, le caractère unique de chaque pièce et l’impossibilité de faire croître la production à un niveau industriel. Alors qu’il est aujourd’hui le seul à fabriquer le produit star, il peut réaliser entre 8 et 10 pâtés par semaine. « Je suis en train de former mon neveu pour m’aider, mais pour le moment, on ne peut pas multiplier la production si on veut continuer à faire un produit quasi identique à celui du concours. Ce sont des gestes précis, des préparations précises »
Les avis google ne ternissent en revanche pas la victoire. « Je ne réalise toujours pas. C’est une énorme fierté. Maintenant, il faut attendre pour goûter à cette œuvre d’art et pendant ce temps, on peut toujours nous laisser des avis positifs. Ça nous fait de la lecture pour le soir. »
- Critiqué pour son succès : le revers de la médaille du champion du monde de pâté en croûte à Thuir - 16 janvier 2026
- Colère agricole : Deux manifestantes des Pyrénées-Orientales en garde à vue à Paris - 15 janvier 2026
- La solidarité se met au frais à Saint-Paul-de-Fenouillet : Un frigo partagé bientôt installé - 15 janvier 2026
