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Victoires locales du RN, bascules à gauche, abstention… premier tour des élections municipales décisif dans les Pyrénées-Orientales

Article mis à jour le 16 mars 2026 à 17:30

Le premier tour des élections municipales a été central dans les Pyrénées-Orientales. 92% des communes du département connaissent déjà leur maire. Ce dimanche 22 mars, seules 18 organiseront le second tour. Ce qui n’a pas empêché les rebondissements et surprises. Retour sur un premier tour où s’est jouée une grande partie de l’élection locale.

Le Rassemblement national et l’extrême droite confirment leur percée dans les Pyrénées-Orientales

Victoire implacable du Rassemblement national à Perpignan, Louis Aliot est réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix. Face à lui, cinq listes se partagent le reste des voix. Agnès Langevine en deuxième position, suivie de Bruno Nougayrède, Mickaël Idrac, Mathias Blanc et Pascale Adevnard. Cette dernière, créditée de 1,46 % des voix, ne fait pas élire de conseillers municipaux.

Le résultat est à l’image du score du RN dans le département. Plusieurs villes voient l’extrême droite en tête. À Rivesaltes, le candidat Julien Potel est crédité de plus de 30 %. Les quatre listes qui lui font face se sont toutefois qualifiées pour un second tour qui s’annonce musclé. À Canohès, Carla Muti arrive en tête elle aussi, autour des 30%. Une triangulaire se dessine ce dimanche 22 mars avec les deux autres candidats qualifiés, Denis Fourcade (divers droite) et Gilles Trilles (divers gauche).

Mais l’extrême droite a aussi fait une percée sans l’étiquette Rassemblement national, et avec des listes d’autant plus radicales. À Elne, Steve Fortel, ancien membre d’une organisation pétainiste, le Parti nationaliste français, arrive en tête avec 39,13 % des voix. Ce dimanche 22 mars, il fera face à André Trives, successeur du maire sortant communiste, et à Marie-Ange Izquierdo, liste divers centre. Autre progression à Cabestany. Si la maire communiste sortante Edith Pugnet arrive en tête, elle est suivie de deux listes d’extrême droite. Olivier Mas, candidat RN est crédité de 23,74 % et Jean-Pierre Brazes obtient 20 % des voix. Le candidat avait été désinvesti par le Rassemblement national pour ses liens avec Reconquête mais aussi le militant d’extrême droite radicale Yvan Benedetti. Comme le révélait Made in Perpignan il y a quelques jours, plusieurs de ses colistiers affichent également publiquement des positions racistes et xénophobes sur leurs réseaux sociaux.

La communauté urbaine de PMM pourra-t-elle échapper à Louis Aliot ?

Réélu dès le premier tour, Louis Aliot s’assure 30 sièges sur les 45 nécessaires à Perpignan Méditerranée Métropole. De précieuses voix pour les élections communautaires qui auront lieu dans la foulée des municipales, le 24 avril. Le maire de Perpignan devra récolter 15 voix pour prendre la présidence de Perpignan Méditerranée Métropole. Elles seront à aller chercher parmi les conseillers communautaires des 36 autres communes. Au total, 88 conseillers communautaires sont élus durant ces élections municipales pour siéger au sein de PMM. En 2020, Louis Aliot avait manqué la place face à Robert Villa, actuel président, et Alain Ferrand.

La gauche résiste et fait basculer quelques communes

« Nous nous battrons demain pour faire de Banyuls un village vivant à l’année, solidaire et tourné vers l’avenir. » Aurélie Maillols a remercié hier ses électeurs sur les réseaux sociaux. Avec près de 55% des voix, la candidate divers gauche remporte la mairie de Banyuls-sur-Mer. Face au maire sortant Jean-Michel Solé et à la liste communiste menée par Marie-Françoise Sanchez. Au Boulou, Patrick Francés arrive en tête avec 43 % des voix face à trois autres listes. Victoire aussi de la liste divers gauche à Salses-le-Château avec Jean-Jacques Lopez qui récolte 56 % des voix face à Arnaud Gazagnol. À Thuir, Stéphane Mestres est également élu à 54 % des voix, devant la liste du Rassemblement national, conduite par Laura Chrétien.

Des triangulaires se dessinent également en faveur des listes à gauche. À Prades, Aude Vivès et David Berrué cumulent à eux deux 53% des voix. Une alliance de second tour permettrait de battre Julien Audier-Soria, divers droite, au second tour. À Ille-sur-Têt aussi, deux listes divers gauche se qualifient au second tour face à Alain Fabresse.

Enfin des bastions résistent à la percée de la droite. À Cabestany,la mairie communiste est en tête malgré les deux listes d’extrême droite qui lui font face. À Elne aussi, un rassemblement des voix de gauche, dispatchées sur deux listes au premier tour, pourrait permettre l’élection d’André Trives, successeur du maire sortant communiste. Alénya reste également à gauche avec la réélection de Jean-André Magdalou.

Réélus à plus de 80 % des voix, ces maires plébiscités des Pyrénées-Orientales

Le succès est sans appel pour une poignée de maires du département. Victoire écrasante pour Stéphane Loda à Canet-en-Roussillon, réélu avec 84 % des suffrages exprimés. À Thuès-Entre-Valls, c’est Georges Delgado qui s’impose aussi à 84 % face à Jean-Jacques Rouch. Même score pour Nicolas Barthe a Toulouges face à Michel Gaillard. Edmond Jorda passe aussi la barre des 80 % à Sainte-Marie-la-Mer face à Dimitri Piacentini. Victoire à Ponteilla pour Franck Dadies à 81 % face à Rolland Thubert. Enfin, à Corneilla-del-Vercol, Christophe Manas bat Catherine Rivano avec 80 % des voix.

Gregory Marty s’approche de la barre des 80 % à Port-Vendres face à Eric Paget-Blanc. Tout comme Albert Delonca à Cassagnes face à Jean-Louis Boureil et Serge Polato à la Cabanasse face à François Delcasso.

Enfin les records sont battus à Taulis, Martine Mauguin Boher obtient… 100 % des voix face à Sylvie Ferres. 47 voix à 0 dans un village où près de 90 % de la population est allée voter. Seul signe d’une opposition à la liste, 20 % des bulletins étaient nuls.

Le prochain mandat se jouera-t-il au tribunal ?

Trois maires élus ce dimanche 15 mars sont au cœur d’affaires judiciaires. À commencer par Louis Aliot, maire RN réélu à la tête de Perpignan. Il est sous la menace d’une peine d’inéligibilité pour son implication dans l’affaire des attachés parlementaires du Front national. Louis Aliot a été reconnu coupable de « détournements de fonds publics » et condamné à une peine de trois ans d’inéligibilité en première instance. Le délibéré de la cour d’appel est attendu le 7 juillet 2026.

À Port-Vendres, le maire sortant plébiscité à près de 80% des voix est lui aussi mis en examen pour « agression sexuelle par personne abusant de sa fonction », sur deux femmes. Trois plaintes auraient été déposées. Gregory Marty a été placé sous contrôle judiciaire. Enfin, au Barcarès, c’est Alain Ferrand qui remporte l’élection. Déjà condamné à plusieurs reprises, il est actuellement mis en examen pour « prise illégale d’intérêt » et « favoritisme » pour un dossier lié au marché public du village de Noël. À en croire leurs réélections sans appel, les dossiers judiciaires n’ont malgré tout pas influencé le vote.

Dans de nombreuses communes, des listes éclatées

Elles faisaient partie des mairies les plus disputées au premier tour, elles le seront toujours ce dimanche 22 mars. À Rivesaltes, les cinq listes candidates se maintiennent. Deux avoisinent les 30 %, avec une légère avance du Rassemblement national. Les éventuelles alliances et désistements des prochains jours seront cruciaux pour connaître le futur maire. À Claira aussi, les quatre listes candidates se sont qualifiées. Marc Petit, divers droite, arrive tout de même en tête à plus de 44 %. Quatre listes aussi à Millas, elles dépassent toutes les 20 %. Même chose au Boulou où le maire sortant François Comes arrive 4ᵉ. Et à Formiguères, une quadrangulaire se dessine alors même que le village ne compte que 400 habitants.

L’abstention dépasse les 50 % à Perpignan

Plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé dans les bureaux de vote ce dimanche 15 mars à Perpignan. Le taux d’abstention s’élève à 52,26 % dans la préfecture du département. Un score supérieur au taux national. L’abstention s’élève à 44 %. Perpignan confirme la dynamique d’une abstention en légère baisse par rapport aux municipales de 2020 marquées par la crise du Covid, mais en hausse par comparaison avec 2014.

Pourtant dans les Pyrénées-Orientales on vote plus qu’ailleurs. Le département sort du lot avec une abstention à 38 %, largement en dessous de la moyenne nationale.

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