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17 octobre à Perpignan en photos : Revendications, heurts avec la police et gaz lacrymogènes

Article mis à jour le 17 octobre 2026 à 21:17

À Perpignan, l’appel du 17 octobre a été entendu. Comme partout en France, plusieurs milliers de personnes ont marché ce samedi dans les rues de la ville centre des Pyrénées-Orientales. De très nombreux jeunes étaient présents chantant à tue-tête des slogans anti-police ou anti-État. Une journée émaillée par de multiples face-à-face avec les forces de l’ordre.

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Lycéens, étudiants, syndicats, anciens Gilets jaunes, agriculteurs et personnels soignants se sont retrouvés au pied du Castillet dès 10h30 ce samedi matin. Si les revendications étaient diverses, la journée a été marquée par des affrontements entre une partie des manifestants et les forces de l’ordre, avec des tirs réguliers de gaz lacrymogènes, des jets de projectiles et des dégradations dans le centre-ville. Un jeu du chat et de la souris qui a duré toute la journée. Reportage photos.

Ce samedi, des affrontements ont eu lieu à plusieurs reprises Avenue de Grande Bretagne entre une partie de manifestants et les forces de l’ordre qui ont chargé et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Au Castillet, une mobilisation aux revendications multiples

Place de la Victoire, les premiers manifestants se rassemblent. Pancartes à la main, militants politiques, syndicalistes, jeunes et retraités se mêlent dans un cortège dont les motivations dépassent rapidement la seule question du prix de l’essence.

Les revendications étaient multiples ce 17 octobre à Perpignan.

« La Gen 67 refait mai 68 », « On prend la Bastille, on fait la révolution » ou encore « Désolé pour le dérangement… Nous essayons de sauver l’avenir de nos enfants ». Dans la foule, les revendications se mêlent sans forcément s’agréger.

Premiers affrontements aux abords du commissariat

Le cortège s’élance en direction de la Place Catalogne, puis vers la quatre voies qui pénètre dans la ville. Une partie des manifestants tente de bifurquer vers le commissariat de police dont l’accès est bloqué par une dizaine de CRS. Plusieurs manifestants équipés de casques, de masques et de parapluies vont au contact des forces de l’ordre. Les policiers font usage de gaz lacrymogènes pour les repousser et disperser le groupe. Premier vent de panique de la journée.

Premier face-à-face de la journée entre forces de l’ordre et certains manifestants.

Si certains se replient rapidement vers la ville, la majeure partie du cortège poursuit néanmoins son parcours à travers le Vernet avant de revenir par le pont Joffre. Les slogans continuent de retentir avenue Clémenceau alors que midi sonne à l’horloge. La situation reste toutefois fragile. Le cortège s’engouffre à vive allure dans l’avenue du Général de Gaulle en direction la gare où il marquera un arrêt.

Avenue de Grande-Bretagne, la tension monte d’un cran

Chants, pancartes et slogans continuent de rythmer la marche. Mais la volonté d’une partie des manifestants d’atteindre le commissariat continue de provoquer des tensions.

À partir de 13 heures, les heurts se multiplient aux abords de la Chambre d’agriculture. Alors qu’elles tentent de bloquer l’accès à l’hôtel de police, les forces de l’ordre sont prises à revers par des manifestants. Des tirs de mortiers d’artifice sont entendus. Des projectiles sont lancés en direction des policiers et une poubelle est incendiée devant le barrage de police. Les forces de l’ordre chargent pour disperser les groupes les plus agités.

Au cœur de Perpignan, les affrontements gagnent les rues commerçantes

Alors qu’en début d’après-midi, un second rassemblement est annoncé place Catalogne, une partie importante des manifestants rejoint le centre-ville par le quai Vauban. Le cortège se mêle alors aux passants, aux clients des commerces et aux personnes attablées aux terrasses des cafés.

Les forces tentent de contenir la foule devant les Galeries Lafayette.

Dans les rues commerçantes, la présence simultanée des manifestants, des badauds et des forces de l’ordre complique la situation. De nouveaux tirs de gaz lacrymogènes dispersent la foule. Les déplacements deviennent désordonnés, chacun cherchant à s’éloigner des affrontements.

Un nuage de gaz lacrymogènes envahit l’air de la ville de Perpignan alors que les clients sont encore attablés quai Vauban.

Vers 14h10, une partie des manifestants se dirige vers la mairie de Perpignan, dont les grilles sont fermées. Sous les fenêtres du maire Rassemblement national, Louis Aliot, les slogans se font plus directement politiques : « Aliot au cachot », « La jeunesse emmerde le Front national », « Louis, rends l’argent » ou encore « Aliot démission ». 

Plusieurs personnes se sont massées devant la mairie de Perpignan.

Dans ces ruelles étroites, les forces de l’ordre font à nouveau usage de gaz lacrymogènes, certains atterrissant au milieu des terrasses de café et créant la panique parmi les clients attablés. Les manifestants se dispersent dans différentes directions.

Dans un communiqué de presse, en fin de journée, le maire condamnait « fermement les actes de dégradation et de vandalisme, qui n’ont pas lieu d’être dans une manifestation ».

Une fin de journée marquée par des dégradations

En fin de journée, plusieurs milliers de jeunes continuent de manifester sur les Grands Boulevards de Perpignan. ACAB (pour All Copes Are Bastard), ou « La jeunesse déteste le Front national » retentissent encore, alors que des poubelles incendiées et des vitrines dégradées témoignent des débordements de l’après-midi.

À Perpignan, cette journée de mobilisation aura ainsi été marquée par deux dynamiques distinctes : un rassemblement réunissant des participants aux revendications diverses, et des affrontements impliquant une partie des manifestants et les forces de l’ordre.

En soirée, le préfet des Pyrénées-Orientales a dévoilé le bilan provisoire de la journée de mobilisation. Six commerces ont été dégradés et pillés, idem pour plusieurs mobilier urbain et une voiture de la police municipale. Une vingtaine de conteneurs à poubelles ont été incendiés. La préfecture condamne « des violences inacceptables commises contre les forces de l’ordre. Vingt personnes ont été interpellées pour « détention de mortiers, participation à un attroupement armé, dégradations, vol dans une boutique, vol aggravé, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. »

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