Article mis à jour le 27 août 2026 à 20:28
Ce jeudi 27 août 2026, Frédéric Guillot le directeur de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) répond à la presse. Ses services sont directement impliqués dans le contrôle permanent de l’abattoir de Perpignan. La Catalane d’abattage est mise en cause par les vidéos chocs de l’association L214, qui a porté plainte pour sévices graves et actes de cruauté sur les animaux. (Voir notre article précédent).
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« La protection animale et le bien-être animal est une des causes et missions essentielles de la DDPP » assure Frédéric Guillot. « Dès lors que nous avons été informés que l’association L214 avait capté un certain nombre d’images, le préfet a demandé que nos services effectuent une inspection complète de l’établissement. »
L’inspection sera conduite le lundi 31 août et mardi 1er septembre prochains, avec au moins trois agents détachés spécialement. « Il y aura une vigilance à tous les points critiques. »
Parmi les mesures immédiates, la suspension de l’abattage rituel des communautés religieuses
Avant même les résultats de l’inspection, les services de l’Etat décident de suspendre immédiatement l’agrément et l’autorisation délivrés à l’abattoir en matière d’abattage rituel, même si les accusations et vidéos de l’association L214 portent sur toutes sortes de comportements.
La suspension concernera donc des animaux saignés sans étourdissement pour les viandes Halal et Casher. Cela pose la question des alternatives à venir pour les communautés religieuses qui réorganiseront peut-être leurs filières en conséquence. Certaines mosquées tolèrent un étourdissement, d’autres non.

Selon Frédéric Guillot, il n’est pas nécessaire d’interrompre les autres chaînes de production. Il reconnaît des découpes de pattes qui ne respectent pas le délai d’attente après mise à mort, mais assure que les animaux ne sont plus en vie. « Ces images posent problème réglementairement mais n’entraînent pas de souffrance animale. » Il assure par exemple que le cochon dans lequel un opérateur enfonce son avant-bras est bien mort, contrairement à ce qu’affirme L214.
Les autorités vétérinaires pointent des comportements individuels
« Aussi insupportables soient-elles, les images montrent qu’il y a eu principalement des dérives individuelles. L’opérateur de l’abattoir a mis à pied plusieurs personnes et va procéder à leur licenciement. » Frédéric Guillot assure que les comportements problématiques sont réalisés quand les agents de la DDPP, sur site en permanence, ne sont pas dans la pièce.
« Quand on regarde les vidéos on s’aperçoit que quand un technicien des services de l’Etat arrive, les opérateurs arrêtent immédiatement leur pratique. »
Le directeur semble néanmoins sûr du caractère exceptionnel des comportements. « Si c’était quelque chose de routinier et de régulier, les bandes-vidéo de L214 montreraient plus que quelques secondes sur trois mois d’enregistrement. »
Des faits qui posent à nouveau la question de la surveillance systématique des lieux d’abattage, demande récurrente des associations de lutte pour le bien être animal. Ce point avait même été défendu par Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Avant d’être abandonné en 2018.
Des problèmes de contention et de cheminement, mais des travaux dix ans plus tard
Les problèmes structurels sur les cheminements des animaux et les systèmes de contention sont aussi reconnus par les services de l’Etat, et n’ont pas pu échapper aux agents de contrôle alors que l’abattoir fonctionne depuis 2015 sur ce site. Deux fois par an sont par ailleurs réalisées des inspections complètes, dont la dernière en avril 2026. « Non cela n’arrive pas tardivement, assure Frédéric Guillot. Les problèmes structurels font l’objet de mesures, il y a des travaux en cours. » Sur cette année, les agents de la DDPP ont dressé une dizaine de PV à l’abattoir, mais qui concernent essentiellement le transport d’animaux blessés ou en gestations qui n’auraient pas dû être déplacés.
Le directeur précise également que les comportements problématiques ne sont pas liés à la pression induite par l’environnement de travail. « Les opérateurs de l’abattoir ne sont pas dans des rythmes très importants, il y a un peu de marge. Ils ne sont pas forcément à 35 heures. » Il mentionne néanmoins ensuite la spécificité de l’emploi.
« Un abattoir ce n’est pas un endroit très agréable en termes de conditions. Certaines images sont inacceptables, d’autres sont choquantes mais correspondent au fonctionnement d’un abattoir. Même si on respecte la réglementation, à la fin un animal est abattu. Ce sont vraiment des missions difficiles. Il faut saluer les gens qui travaillent dans ces conditions. »
De son côté, Louis Aliot, président de la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée, demande une enquête. L’intercommunalité est en effet actionnaire de la société coopérative qui gère l’abattoir.
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