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Familles recomposées : comment s’impliquent les beaux-parents ?

Familles recomposées : comment s’impliquent les beaux-parents ?

En France, près de 400.000 enfants sont concernés par la rupture de l’union de leurs parents. Dans une publication d’octobre, la DREES revient sur la diversité des situations des beaux-parents à la fois par rapport au temps passé dans le même logement que leurs beaux-enfants ainsi qu’à leur implication dans le travail parental. Inégalités sociales et de genre sont au cœur des recompositions familiales.

Moins de belles-mères que de beaux-pères dans les familles recomposées

En France, le « beau-parent » n’est pas qu’une simple appellation. En effet, quand le parent et le beau-parent se pacsent ou se marient, le droit fiscal considère que l’enfant est à la charge des deux pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Cela signifie que le parent, le beau-parent et l’enfant font partie du même foyer fiscal. D’après le droit social, l’enfant peut même être couvert par l’assurance maladie de son beau-parent. Mais d’après le droit civil, le beau-parent n’est qu’un tiers, au même titre qu’un grand-parent.

En 2011, en France métropolitaine, 500.000 femmes et 600.000 hommes sont beaux-parents, au sens où ils vivent avec un conjoint qui a des enfants issus d’une précédente union. Les femmes sont davantage concernées par des situations de monoparentalité, qui ne sont pas la conséquence d’une séparation, mais due à la surmortalité masculine, aux naissances hors couple et à des enfants non reconnus. Par conséquent, les beaux-pères sont plus nombreux, d’autant plus que la présence de jeunes enfants est un frein à la remise en couple des femmes, ce qui n’est pas le cas chez les pères.

Une présence plus importante des beaux-pères que des belles-mères au sein du foyer

Les beaux-pères vivant au moins la moitié du temps avec leurs beaux-enfants sont plus nombreux que les belles-mères. En revanche, en prenant en compte l’ensemble des beaux-parents quel que soit le temps passé avec leurs beaux-enfants, l’écart est plus réduit puisque les belles-mères sont au nombre de 500.000 et les beaux-pères 600.000.

Les beaux-pères habitent plus fréquemment avec leurs beaux-enfants que les belles-mères. 64% d’entre eux déclarent vivre toujours ou presque avec leurs beaux-enfants contre seulement 18% des belles-mères. À l’inverse, seulement 8% des beaux-pères déclarent ne jamais vivre avec leurs beaux-enfants contre 33% des belles-mères.

Lorsqu’un enfant vit toujours ou presque avec son beau-père ou jamais avec sa belle-mère, cela veut dire qu’il ne vit jamais ou presque avec son père. Deux tiers des enfants vivent principalement chez leur mère sans séjourner régulièrement chez leur père. Mais cela ne signifie pas que les contacts sont inexistants. 19% des beaux-pères et 15% des belles-mères vivent la moitié du temps ou plus avec leurs beaux-enfants.

Le profil des beaux-parents qui résident avec leurs beaux-enfants

Le profil social des beaux-pères varie peu selon le temps passé avec les beaux-enfants. Toutefois, ceux qui vivent la moitié du temps ou plus avec leurs beaux-enfants mais pas tout le temps sont plus souvent diplômés du supérieur (39% contre 25% de l’ensemble des beaux-pères) et occupent plus souvent un emploi de cadre ou de profession intermédiaire.

Cet effet du diplôme et de la profession est également valable pour les belles-mères qui vivent à temps partiel mais moins de la moitié du temps avec leurs beaux-enfants. Elles aussi sont plus souvent diplômées de l’enseignement supérieur et plus souvent cadres ou professions intermédiaires.

Les beaux-parents diplômés se mettent plus souvent en couple avec des parents qui ont les enfants la moitié du temps que tout le temps. Grands diplômés, hommes comme femmes, seraient plus réfractaires à s’engager dans des configurations familiales où leur conjoint doit assumer une charge domestique et parentale élevée due à la présence continue des enfants.

Dans seulement 18% des cas, les belles-mères vivent tout le temps ou presque avec leurs beaux-enfants. Celles qui sont concernées sont moins diplômées que l’ensemble des belles-mères et un quart d’entre elles sont inactives. Ce constat peut s’expliquer par la charge éducative qu’elles assument mais aussi par la volonté des pères d’être en couple avec une femme qui a une charge professionnelle faible afin de prendre en charge les enfants. Au contraire, les femmes très diplômées et occupant des positions sociales favorisées sont surreprésentées parmi les situations où les enfants sont présents la moitié du temps ou moins.

Les belles-mères en première ligne des tâches parentales

Grâce à l’enquête ERFI, il est possible d’étudier la répartition des tâches des beaux-parents au sein du couple. À situation comparable, quand les enfants sont présents au quotidien, les belles-mères sont plus en première ligne des tâches parentales contraintes auprès des beaux-enfants que les beaux-pères. Les inégalités de genre existent donc également dans les familles recomposées.

Quand les enfants du foyer sont uniquement ceux du père, c’est la belle-mère qui assume souvent, voire toujours, l’aide aux devoirs, dans au moins 28% des cas (jusqu’à 60%). Dans la situation inverse, seuls maximum 18% des beaux-pères gèrent cette tâche lorsque les enfants sont ceux de la mère uniquement. De même, dans au moins 12% des cas, les belles-mères veillent le plus souvent, voire toujours, à ce que les enfants soient bien habillés, contre maximum 10% des beaux-pères.

Finalement, la prise en charge des tâches parentales par les beaux-pères est peu différente de celle des pères. De ce fait, la présence des beaux-enfants n’a pas le même impact pour les belles-mères que pour les beaux-pères.

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Pauline Garnier