Article mis à jour le 5 juin 2026 à 17:07
Ce vendredi 5 juin se tenait à l’Université de Perpignan la restitution des travaux menés dans le cadre des assises de la viticulture, lancées pour sauver une filière en difficulté. Plusieurs pistes concrètes ont été avancées et une « feuille de route » a été établie.
Ventes en berne, manque d’eau, arrachages… La viticulture catalane est confrontée à de grandes difficultés depuis plusieurs années. Pour tenter d’endiguer le déclin d’une filière constitutive d’une partie de l’identité locale, tant par les vins qu’elle produit, que par les paysages qu’elle façonne, le préfet des Pyrénées-Orientales avait lancé, en octobre dernier, les assises de la viticulture.
Six groupes de travail avaient été désignés pour esquisser des pistes d’amélioration, de réformes et d’avenir, dans le but de relancer la filière. Ces groupes avaient chacun une thématique précise : « avenir des caves coopératives des Pyrénées-Orientales », « performances des entreprises et exploitations viticoles », « accélérer l’adaptation au changement climatique », « aménagement du territoire », « simplification administrative » et « oenotourisme ».
Ce vendredi 5 juin se tenait la restitution des travaux menés depuis octobre. Le préfet a salué la « réelle mobilisation collective » des acteurs, « prêts à passer à l’action ensemble ». Pierre Regnault-de-la-Mothe a expliqué que cette journée n’était « pas la conclusion » du travail engagé, mais au contraire l’occasion de « formaliser une feuille de route ». Celle-ci est articulée autour de quatre axes.
Préparer l’avenir des caves coopératives
Une « charte d’engagement pour la restructuration des caves coopératives et la pérennité du vignoble départemental » a été signée. Elle va dans le sens de rapprochements et éventuellement de fusions entre certaines caves. Elle prévoit aussi le développement des mutualisations entre coopératives. Mais elle inclut également les plus petits acteurs, invités par exemple à développer les achats collectifs de matériels et d’outils de production. « Ça reste aux chefs d’entreprise de faire leurs choix, a néanmoins précisé le préfet. ce n’est pas à moi de dire combien de caves coopératives il doit y avoir sur le territoire ».
Valoriser l’image de marque des vins locaux
Le préfet a salué les atouts puissants du département. Lesquels reposent sur « une identité viticole particulière », des « appellations reconnues » et « un potentiel oenologique important ». Afin de faire fructifier ces atouts, il a expliqué la nécessité de valoriser l’image de marque des vins locaux. Pour cela, il a appelé à l’élaboration d’une « stratégie territoriale commune ». « Il s’agit de sortir d’une logique dispersée pour construire une image collective plus forte, plus cohérente et mieux identifiable par les consommateurs, les visiteurs et les prescripteurs ». En somme, les assises appellent à « mieux identifier les vins du Roussillon pour mieux les vendre ». Pour cela, une refonte de la route des vins est à l’étude.
Assurer la soutenabilité économique et climatique
C’est l’un des appels récurrents des agriculteurs : simplifier la réglementation. Dans le cadre des travaux menés, 110 propositions de simplification administrative ont été avancées. Parmi elles, 14 ont été jugées prioritaires. Le préfet s’est engagé à les transmettre au gouvernement, afin qu’elles puissent véritablement « être prises en compte ».
Sur le volet climatique, les travaux menés ont montré l’importance d’assurer la sécurisation des apports en eau. A ce titre, le préfet s’est dit favorable aux projets de retenue des Aspres et de maillage de l’Agly. Il a également insisté sur l’importance de diversifier les productions, avec notamment la structuration d’une filière « olive » ou « pistache ». Ou encore le lancement de projet pionniers.
Confirmer la viticulture comme marqueur d’identité et d’aménagement du territoire
Le préfet a annoncé le développement d’outils de compréhension. Pour cela, des diagnostics et des audits de terrain vont être réalisés au plus près des acteurs. Une cartographie précise destinée à qualifier les espaces viticoles sera aussi élaborée. Différents outils vont être renforcés pour mobiliser davantage de foncier agricole. Notamment les procédures pour remettre en culture les terres non cultivées, les PAEN (outil de protection et de mise en valeur d’espaces agricoles et naturels périurbains) ou encore les démarches SAFER pour « reconstituer des îlots cohérents et faciliter la transmission et l’installation » des agriculteurs.
Enfin, en conclusion du rendu des assises, le préfet a appelé à « poursuivre la dynamique » engagée en expliquant que « l’Etat va continuer d’accompagner le mouvement ». La préfecture va ainsi piloter et coordonner, au travers de son secrétaire général (assisté d’un haut fonctionnaire), la suite des opérations. « Ce pilotage traduit une volonté claire : ne pas laisser retomber l’élan, mais ancrer le suivi dans la durée ». Dans les Pyrénées-Orientales, c’est toute une filière qui en a bien besoin.
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