Ce lundi 18 mai 2026, les résultats de la dernière enquête sur les besoins en main d’oeuvre ont été dévoilés en présence du préfet des Pyrénées-Orientales, de la directrice locale de France Travail et des représentants des chambres consulaires. Malgré une baisse des intentions d’embauche, les institutions se veulent rassurantes.
« Il y a du boulot dans les P.O. » entame le préfet Pierre Regnault de La Mothe, à propos des près de 20 000 intentions de recrutements en 2026 sur le territoire, tous secteurs confondus. Il s’agit néanmoins d’une baisse de 4 % par rapport à l’année précédente. Les acteurs locaux se veulent pourtant optimistes, le département résiste mieux que la moyenne de l’Occitanie qui voit les intentions chuter de 8 %. « Ce n’est pas l’atonie totale » assure le représentant de l’Etat en évoquant une résilience dans un contexte national et international complexe.
Les secteurs de Prades et Céret sur le podium régional de l’emploi saisonnier
Une manière de voir le verre à moitié plein renforcée par 22 % de ces intentions correspondant à de nouvelles activités des entreprises et non de simples mouvements de type remplacements, signe d’un certain dynamisme. 53 % des projets de recrutements sont portés par des entreprises de moins de dix salariés. Pour Anne Danycan, directrice de France Travail dans les Pyrénées-Orientales, « c’est aussi pour ça que le territoire est résilient et nous donne toutes les raisons d’être très optimiste. »

« Evidemment tout ça reste fragile » reconnaît le préfet. Les deux marqueurs habituels des Pyrénées-Orientales en matière d’emploi sont toujours prégnants : un chômage élevé avec 58 000 demandeurs d’emploi sur les catégories A, B et C, et une forte saisonnalité. 61 % des recrutements dans les Pyrénées-Orientales sont saisonniers, contre seulement 41 % en Occitanie. Les bassins d’emploi de Prades et celui de Céret, qui va jusqu’à la côte rocheuse, entrent même dans le top 5 régional des secteurs aux recrutements les plus saisonniers, avec 78 % d’intentions d’embauche saisonnières à Céret et 73 % à Prades. Les deux territoires rejoignent ainsi Lourdes, Agde et Castelsarrasin dans ce record de contrats précaires. Sur l’ensemble du département 41 % des intentions d’embauche pour 2026 seraient des CDI.
Les métiers les plus recherchés
Sans surprise, avec le vieillissement de la population, les aides à domicile et les auxiliaires de vie sont les plus recherchés, avec près de 600 recrutements prévus en 2026. Paradoxalement en mars 2026 plus de 9360 demandeurs d’emploi étaient inscrits comme cherchant un emploi dans le service à la personne. Comment ne parvient-on pas à recruter ? En réalité ces chiffres sont biaisés car il s’agit pour l’essentiel de travailleurs en temps partiel qui restent inscrits comme demandeurs. « Mais ils cherchent un complément » assure Anne Danycan. Un second emploi difficile à imaginer au regard des contrats souvent autour de 30 heures hebdomadaires et des amplitudes horaires sur ces métiers.

La restauration arrive en deuxième position, avec 430 intentions d’embauche pour les aides de cuisine et employés polyvalents, 270 recherches de cuisiniers et 250 recherches de serveurs. Suivent les agents d’entretien, avec 290 agents demandés, les aides-soignants, pour 230 postes, ou encore les employés de libre-service, les professionnels de l’animation socioculturelle ou les secrétaires qui cumulent 190 intentions chacun. Enfin on note 170 intentions d’embauche d’infirmiers et sages-femmes.
« Quelques métiers sont difficiles à pourvoir, précise Anne Danycan. Le premier, ce sont les médecins, puis ce sont les infirmiers et sages-femmes. Le troisième poste, ce sont les mécaniciens de véhicules. »
Pour le préfet, l’un des objectifs prioritaires sera de lever les « freins périphériques à l’emploi. » Il s’agira entre autres du logement pour les saisonniers et de la garde d’enfants. Selon Anne Danycan, les compétences élargies, avec plus de 9700 entrées en formation l’an dernier, seront cruciales pour lutter contre la saisonnalité. « Plus la personne est un couteau suisse, plus on peut aller sur de l’emploi durable avec une saison plus longue voire à terme un CDI. » Côté agriculture, la présidente de la Chambre d’agriculture Fabienne Bonnet évoque un travail nécessaire sur l’attractivité et des métiers qui recrutent malgré la crise viticole, comme tractoriste ou chef de ligne.
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