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Place Cassanyes à Perpignan : Renaissance tente de vendre la candidature de Gabriel Attal à la présidentielle

Article mis à jour le 19 juin 2026 à 17:23

À un an de l’élection présidentielle, l’équipe de Gabriel Attal, candidat Renaissance, est venue distribuer des tracts sur la place Cassanyes de Perpignan. En bordure du quartier Saint-Jacques, l’opération a peu chamboulé mais aura été une occasion de mettre en avant la “proximité” vendue par le candidat macroniste. Photos © Virginie Demorget

C’est sous un soleil de plomb que l’équipe de Renaissance arrive sur le marché de la place Cassanyes. Il est 11 h 30, le marché commence à se vider alors que les clients veulent éviter le pic de chaleur. Prisca Thevenot, députée et secrétaire générale déléguée aux fédérations du parti, Jad Zahab, porte-parole, et Patrick Vignal, ancien député de l’Hérault, viennent lancer la campagne de Gabriel Attal. Ils rejoignent une dizaine de militants locaux avant de tendre aux passants les flyers affichant leur candidat tout sourire. Un visage que beaucoup considèrent être l’héritage d’Emmanuel Macron. « Attal ? Il était au gouvernement, lui ! C’est kiffe-kiffe bourricot. »

Éducation, IA… les militants veulent distinguer leur candidat

« Il a un beau sourire », remarque un commerçant en attrapant le tract que lui tend Prisca Thevenot. Avant d’ajouter : « Un beau sourire d’escroc ! » Le groupe de militants lance la conversation. « Qu’est-ce-qui pose problème ici ? L’insécurité ? » lance Jad Zahab. Les commerçants embrayent. « Je suis né à Perpignan, explique l’un d’eux. Quand on était jeune, il y avait de quoi nous occuper. » Prisca Thevenot répond en déployant l’argumentaire martelé ces derniers jours par Gabriel Attal. Quatre « chantiers capitaux »: l’école, le travail et les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. « C’est le premier candidat à parler d’IA », revendique la députée.

Le premier aussi à parler de harcèlement scolaire ? C’est en tout cas ce qu’affirme une militante à un passant qui s’inquiète du devenir de l’école de ses enfants. « Les salles ne sont même pas climatisées. » Un sujet sur lequel l’équipe compte bien capitaliser en rappelant le passage de Gabriel Attal à la tête du ministère de l’Éducation.

Un tractage discret en marge du marché

Le groupe de militants tente de se disperser en bordure du marché. « On a pas le droit de tracter dans les allées », expliquent-ils. À noter que la distribution de tracts est libre sur la voie publique en l’absence d’un arrêté municipal l’interdisant à l’intérieur des marchés. Sur le site de la mairie, rien n’indique qu’une telle mesure ait été prise. L’équipe de Gabriel Attal semble donc avoir fait le choix de la prudence.

« On sait qu’on n’est pas dans un territoire conquis à notre cause. Mais on veut montrer qu’on va partout », explique Prisca Thevenot.

Un discours qui détonne

Partout, y compris aux abords de l’un des quartiers les plus pauvres du pays. « C’est fait exprès », selon Prisca Thevenot. Renaissance serait-il venu cultiver une image éloignée des milieux parisiens, qu’a voulu entamer Gabriel Attal au lancement de sa campagne dans l’Aveyron ? Le décalage entre les militants et leur environnement reste frappant. Alors qu’un homme explique à Patrick Vignal qu’il est sans-abri, celui-ci, pragmatique, lui demande s’il s’agit d’un choix.

Les militants parviennent tout de même a créer quelques échanges plus nourris, avec des passants qui ne voient pas d’un mauvais oeil le macronisme qui colle à la peau de Gabriel Attal. Sans forcément convaincre complètement. « Ça reste très national ce dont ils viennent nous parler. » Pour quelques-uns, l’orientation sexuelle du candidat est un sujet. Alors que Gabriel Attal est le premier ministre français à avoir assumé publiquement son homosexualité, des passants interrogés par Made in Perpignan ne retiennent pas leurs remarques homophobes.

« Les politiques viennent ici avant les élections, ensuite, on ne voit plus personne. »

Le groupe se réjouit d’être « plus nombreux que d’habitude », selon Patricia Nadal, présidente du bureau local de Perpignan. Pourtant, la démonstration de popularité reste timide. Après une quarantaine de minutes, le groupe se rejoint pour une photo, sous le regard amusé de certains commerçants.

Alors que le marché s’essouffle, le groupe se dirige vers la place de la République. Le cortège s’élance dans la rue Lucia. Au bout de quelques mètres, les militants arrêtent de distribuer des tracts. Ils tracent leur chemin alors que les riverains les observent passer. « Bienvenue à Perpignan », ironise-t-on. « Les politiques viennent ici avant les élections, ensuite, on ne voit plus personne. » Des habitants « désabusés » selon Prisca Thevenot, qui constate que beaucoup lui ont confié ne pas voter. « Plus personne ne va les voir », regrette-t-elle.

La séquence vit déjà sur les réseaux sociaux

Alors que la députée, Jad Zahab et Patrick Vignal étaient ensuite attendus à Céret pour visiter la brasserie Cap d’Ona puis à Rivesaltes pour une réunion publique avant de rencontrer l’association Médiance 66 ce samedi 20 juin, la séquence perpignanaise apparaît comme celle du contact direct avec les habitants. La mise en scène de proximité était-elle vaine ? Si, sur les terrains, elle peine à convaincre, elle acquiert déjà une seconde vie sur les réseaux sociaux des personnalités politiques et sur les comptes des militants locaux.

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