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FASD Zet 66 décrypte les mythes: les chemtrails, ces traînées d’avion objets de tous les fantasmes

Nous tombons régulièrement sur des publications sur les réseaux sociaux montrant des photos de traînées blanches laissées par les avions, avec des commentaires interrogeant leur origine. Une idée revient : elles serviraient à nous empoisonner ! Décryptage. Photos d’illustration © Brigitte Elsner – Unsplash

Dans le cadre d’un partenariat noué entre Made In Perpignan et l’association d’esprit critique, FASD Zet 66, Isabelle Périé, Stéphane Cornille et Cyril Gambari démystifient des fake news en révélant leur origine.

Ça plane pour moi : les traînées blanches sont-elles des drogues ?

Les chemtrails seraient des substances chimiques larguées par les avions comme le strontium, le barium, l’aluminium ou encore…du plasma humain ou des vaccins.

Prenons par exemple le prix de ces substances :
• Le barium, un composé utilisé en radiologie, se vend près de 70 000 euros le kilo.
• Le strontium sert notamment de colorant rouge dans les feux d’artifices, se vend 7000 euros le kilo.
• L’aluminium se vend 210 euros le kilo.
• Le plasma humain se vend 73 000 euros le litre.
• Un vaccin contre la Covid-19 se vend… 200 000 euros le litre.

Imaginons maintenant que ces traînées blanches dans le ciel soient bel et bien un mélange de ces composés. Combien coûterait un vol long-courrier Perpignan-Fort de France sachant qu’un Boeing 777 consomme 7000 litres de kérosène par heure ?

Vous le voyez venir gros comme un avion, ces traînées blanches alimentent les fantasmes et les peurs. Selon les théories, elles serviraient à contrôler notre esprit, à nous vacciner à notre insu, répandre des maladies, terraformer la planète pour une invasion extraterrestre, modifier les comportements humains, changer le climat ou [insérer votre théorie conspirationniste farfelue préférée].

Pourquoi ça ne tient pas ? Les chemtrails n’existent pas, ce sont des contrails

Déjà le prix, bien trop élevé pour espérer épandre ces composés sur les populations. Ensuite, ces traînées blanches, que l’on appelle plutôt contrails (pour traces de condensation) sont en fait des particules de vapeur d’eau condensée et gelée à haute altitude.

La durée de ces traces dépend de l’humidité et de la température de l’air. Si l’air est saturé, elles persistent plus longtemps.

Le modèle de Schmidt–Appleman permet de prédire avec précision quand un avion produira une traînée de condensation, selon la température, l’humidité et la pression atmosphérique. Des simulations 3D comme celles menées par l’ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales) montrent que les traînées dépendent de la dynamique du jet, du type de carburant, et des conditions atmosphériques. Le rapport de l’IATA (International Air Transport Association) révèle que les contrails persistent plus longtemps dans des zones appelées ISSR (Ice-Supersaturated Regions), où l’humidité dépasse 100 % par rapport à la glace.

Quand les avions font des nuages cirrus

Mais vous allez nous dire, surtout les plus âgés d’entre vous, qu’il n’y en avait pas autant avant ! Et vous avez raison ! Déjà il n’y avait pas autant d’avions, mais aussi, ces fameuses zones sursaturées en glace seraient favorisées par le dérèglement climatique ! Et d’ailleurs on retrouve des contrails dans les photographies et les films du début du siècle dernier, donc un certain nombre de théories, qui évoquent une menace récente, ne tiennent pas.

Mais alors maintenant vous vous demandez comment se forment ces nuages alors que l’avion consomme du kérosène ? La combustion du kérosène rejette du CO2 mais également d’autres composés (toujours pas du plasma humain) comme des aérosols, de la vapeur d’eau, des oxydes d’azote, de la suie, etc.

Ces composés vont réagir avec la vapeur d’eau pour former des nuages appelés cirrus. Ces nuages sont néfastes parce qu’ils participent activement au réchauffement planétaire. Une des pistes d’amélioration des compagnies aériennes est d’éviter au mieux les zones sursaturées en glace pour éviter la formation des contrails !

Contrôle du climat et observatoire HAARP

Soyons francs, dans la réalité, certains avions sont bel et bien utilisés pour faire de la géo-ingénierie. En envoyant des particules d’iodure d’argent ou de chlorure de sodium (le sel de table) via des avions ou des canons au sol, les nuages ainsi ensemencés vont faire tomber la pluie. Cette technique de l’ensemencement n’est pas une pratique de science-fiction, elle est utilisée en France notamment pour éviter la grêle sur certaines exploitations agricoles. Ici, en pays catalan certains agriculteurs utilisent également des canons anti-grêle…

Quelques fois, il y a une espèce de confusion entre les chemtrails et l’observatoire HAARP (High frequency active auroral research program). Cet observatoire étasunien porté par l’US Navy, l’US Air Force et l’université Fairbanks en Alaska prévoyait de mener des recherches sur l’ionosphère (la zone de l’atmosphère comprise entre 80 km en 1000 km). Mais par manque de financement, le projet a été transféré intégralement à l’université publique de Fairbanks en 2015. Les locaux sont même ouverts au public. Ce projet agite toujours les fantasmes de théories farfelues sur le contrôle de la pensée et des comportements… à plus 100 km de haut donc !

Vous l’aurez compris, nous écrivons cet article parce que la CIA a contrôlé nos esprits (ainsi que ceux des journalistes de Made in Perpignan, des chercheurs et des météorologues du monde entier), à moins que ce ne soit les aliens…

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