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Un demi-siècle à la ferme des Bertrand, le monde paysan projeté à Perpignan

Un demi-siècle à la ferme des Bertrand, le monde paysan projeté à Perpignan

Article mis à jour le 19 janvier 2024 à 16:57

Dimanche 21 janvier 2024, à 18h, le cinéma Castillet de Perpignan diffuse l’avant-première du long-métrage « La ferme des Bertrand ». Dans le cadre du festival Télérama, le réalisateur Gilles Perret sera présent pour cette projection. La sortie nationale du film est prévue le 31 janvier prochain. © Laurent-Cousin

La ferme des Bertrand est une exploitation laitière d’une centaine de bêtes gérée depuis 1972 par trois frères célibataires. En 1997, Gilles Perret filmait pour la première fois, les trois agriculteurs. À l’époque, ils organisaient la transmission de l’entreprise à leur neveu Patrick et à son épouse Hélène. Le film retrace l’évolution du monde paysan depuis une demi-siècle ; et le parcours de ces hommes et femmes qui sacrifient leur vie à la ferme. Vingt-cinq ans plus tard, le réalisateur reprend sa caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, passe la main à la nouvelle génération.

Un documentaire filmé sur un demi-siècle

Gilles Perret a grandi en Haute-Savoie, tout proche de la ferme des Bertrand. En 1997, il entame sa carrière de réalisateur en filmant le quotidien de ces voisins agriculteurs. « La thématique de mes films aborde souvent le sens du travail et notre capacité d’en vivre dignement. La ferme des Bertrand s’inscrit un peu dans cette ligne là », explique Gilles Perret.

C’est la première fois qu’un film se fait sur 50 ans, la transmission est au coeur du long-métrage. « Le film parle d’une histoire familiale mais aussi de l’histoire de l’agriculture, à travers le portrait des Bertrand. » Le voisin-réalisateur a filmé la famille dans leur travail au quotidien. « L’envie c’était de faire un film le plus vrai et le plus juste possible, sans commentaire et sans analyse, sans regard dominant », confie le réalisateur.

Le film se veut positif et tente de montrer que l’on peut vivre dignement de l’agriculture en France, même si la situation des exploitants reste dramatique. « Dans cette petite zone de Haute-Savoie, où il y a une appellation d’origine protégée, c’est possible et il faut dire pourquoi. »

« Un film universel dans lequel le grand public se retrouve »

Dans cette zone agricole, le lait des Bertrand n’est pas en concurrence avec celui des producteurs de plaine. « Il y a des règles de production plus contraignantes qui contribuent à respecter la nature. Il faut par exemple que les vaches sortent 150 jours par an », précise le réalisateur. Le lait des Bertrand est payé deux fois plus cher que celui des agriculteurs de plaine. Ce qui leur permet de vivre correctement sur un territoire difficile, de montagne.

« Nous avons voulu faire un film universel où le grand public se retrouve, à travers le temps qui passe, les anciens qui meurent, les jeunes qui arrivent et le sens de la vie. » Dans ce film, la génération d’après-guerre est révélatrice de la pénibilité du travail agricole. « C’est une génération qui s’est rincée au travail, qui a subi l’exode rural. On voit bien que ces trois frères n’ont pas vraiment choisi cette vie d’agriculteurs. Petit à petit on glisse vers des générations qui ont fait ce choix, qui sont contentes de ce qu’elles font et qui en vivent. L’évolution, elle est là », glisse Gilles Perret.

La question de la modernisation des exploitations agricoles est traitée un peu à la marge, avec l’arrivée des robots de traite à la ferme des Bertrand. Elle montre que l’évolution technique n’est pas forcément incompatible avec le respect de l’environnement et celui de l’être humain. « Les robots de traite libèrent du temps et facilitent la tache à ses agriculteurs, ce qui n’était pas forcément le cas des robots dans l’industrie, qui ont surtout fait perdre des emplois aux ouvriers », souligne Gilles Perret.

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Quid de l’élevage dans les Pyrénées-Orientales ?

Si l’agriculture du Pays catalan est essentiellement de la viticutlure (32%), l’élevage ne représente que 4% des fermes des Pyrénées-Orientales. Les élevages destinés à la viande sont essentiellement situés en montagne. En 2023, nous avions réalisé le portrait de Pauline, éleveuse dans le Capcir.

Son troupeau de limousines est composé de 45 vaches et d’une quinzaine de veaux. Un petit cheptel selon les dires de l’éleveuse, qui a investi dans une quinzaine de mères supplémentaires depuis que son compagnon a tout quitté pour rejoindre l’aventure il y a quelques mois. À titre de comparaison certaines exploitations locales peuvent atteindre 100 vaches. Mais le couple n’aspire pas à tant et aimerait se stabiliser autour d’une soixantaine.

Si le quotidien des vaches laitières rythme les Bertrand, dans les Pyrénées-Orientales, les éleveurs des vaches destinées à la viande sont contraints de réduire leur cheptel pour cause de sécheresse. En effet, la prairie ne pousse pas assez pour nourrir les bêtes des éleveurs catalans.

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Célia Lespinasse