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Couverture vaccinale : les Pyrénées-Orientales encore à la traîne

France, Perpignan, 2021-08-05. Illustration, Covid-19 ephemeral vaccination centre in the parking of a shopping centre. After Corsica and the Provence-Alpes-Cote-d Azur Region, it is the Regional Health Agency of Occitanie that has triggered the white plan for all the establishments in the Region. Doctor Aumaitre declared himself "very worried about the epidemic situation which is becoming tense in the hospital". The specialist in epidemiology at Perpignan hospital fears that the situation will be complicated at least until 20 August. Photograph by Arnaud Le Vu / Hans Lucas.
France, Perpignan, 2021-08-05. Illustration, centre de vaccination Covid-19 ephemere sur la parking d un centre commercial. Apres la Corse et la Region Provence-Alpes-Cote-d Azur, c est l Agence Regionale de Sante d Occitanie qui declenche le plan blanc pour l ensemble des etablissements de la Region. Le docteur Aumaitre se declarait tres inquiet sur la situation epidemique qui se tend a l hopital. Le specialiste en epidemiologie a l hopital de Perpignan craint une situation compliquee au moins jusqu au 20 aout. Photographie de Arnaud Le Vu / Hans Lucas.

Article mis à jour le 11 mai 2026 à 10:25

Du 27 avril au 10 mai 2026 se déroule la Semaine Européenne de la Vaccination. L’occasion de se pencher sur un enjeu de santé publique, pour lequel les Pyrénées-Orientales peinent à se hisser au niveau des moyennes nationales et régionales.

Depuis l’élargissement des professionnels de santé pouvant vacciner depuis 2023, et les multiples campagnes et lieux de vaccinations, les moyens sont au rendez-vous. Reste encore à motiver pour pousser les récalcitrants aux vaccins.

C’est ce que déplore Marilyn Ruffin, infirmière coordinatrice au centre de vaccination de l’hôpital de Perpignan, malgré des améliorations. « On est toujours en dessous des couvertures vaccinales régionales et nationales. » Les campagnes dans les collèges pour le vaccin contre le HPV ou papillomavirus ont porté leurs fruits chez les jeunes. La couverture sur la première dose chez les garçons, qu’à une époque on croyait moins concernés que les filles, est ainsi passée de 16,4 % en 2023 à 33,3 % en 2025. Mais cela reste néanmoins inférieur aux 44,2 % d’Occitanie et 46,9 % de la France hexagonale. L’écart géographique est également prégnant chez les filles, qui sont 53,4 % à avoir reçu une première dose en 2025 dans les Pyrénées-Orientales contre plus de 60 % en France et en région.

L’inquiétante méningite est en augmentation

On va retrouver les mêmes reculs pour notre département s’agissant des vaccins contre les méningocoques ou encore le rotavirus. La méningite, infection de la moelle épinière et du cerveau qui touche en particulier les jeunes adultes, est l’une des pathologies qui inquiète le plus les soignants. « Il y a encore des moments de pics épidémiques, comme on a pu le voir en Angleterre récemment. Cette maladie foudroyante fait des ravages, elle est en augmentation depuis 2024. » En décembre dernier un étudiant de Perpignan en est décédé.

Sur les vaccins obligatoires chez les enfants, la couverture reste correcte jusqu’à 11 ans. À partir de la fin des visites médicales annuelles, elle se dégrade. Pour Marilyn Ruffin le facteur social pourrait expliquer en partie le retard du département, avec des habitants qui ont parfois d’autres priorités. « On est un des départements les plus précaires de France. » Les généralistes, parfois saturés par le curatif, prennent également moins de temps pour la prévention. « La vaccination est souvent perçue comme non urgente, on la laisse de côté. »

La polio moins perçue comme un danger, mais toujours pas éradiquée

Si les mouvements anti-vax complotistes sont enfin devenus marginaux, des idées reçues persistent, notamment sur la disparition de certaines maladies comme le tétanos, la diphtérie ou la polio. En Occitanie, l’adhésion à la vaccination était de 79,8 % en 2024 pour les 18-25 ans, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne nationale de 83,5 %. « Tant qu’une maladie n’est pas déclarée éradiquée, elle peut revenir. » L’éradication reste possible, comme pour la variole, mais il faut tenir encore quelques années pour certains virus en diminution. A l’été 2025, l’Agence Régionale de Santé avait constaté un retour de la rougeole avec près d’une centaine de cas en Occitanie.

« La notion de danger est moins perçue. Alors qu’il y a trente ou quarante ans la polio était une maladie qui se glissait dans tous les foyers, qui faisait peur. On trouvait de l’intérêt à la vaccination. »

Enfin sur le Covid, vacciner les plus fragiles reste très difficile pour les professionnels du centre, malgré des personnes qui contractent encore des formes graves et doivent être hospitalisés. « Les gens veulent tourner la page, ont l’impression que ça n’existe plus… » Le centre de vaccination continue de se mobiliser pour informer et motiver, afin de rattraper enfin cet éternel décalage avec le reste du pays.

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