Article mis à jour le 28 octobre 2026 à 15:01
Mardi 27 et Mercredi 28 octobre 2026, quelques dizaines de salariés de Solutions 30, anciennement Sotranasa, se rassemblent pour une grève devant leurs locaux de Perpignan. Ils ne cachent pas leur amertume alors que l’entreprise est en redressement et que les licenciements se profilent.
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Avant le rachat par la firme internationale Solutions 30, l’entreprise Sotranasa de Perpignan, fondée en 1974, était un incontournable des réseaux secs et humides. En clair, ils étaient le sous-traitant privilégié pour ouvrir les tranchées et tirer des câbles, auprès des opérateurs de téléphonie, d’énergie et même d’eau. Aujourd’hui encore, ces spécialistes travaillent pour Enedis, Véolia, Orange, GRDF… ils installent aussi des panneaux solaires, par exemple pour les ombrières de supermarchés. En 2018, l’entreprise avait culminé avec près de 400 salariés sur le département. En 2019, elle est rachetée par le groupe luxembourgeois Solutions 30 qui divise l’activité en deux, Grand Sud Ouest (GSO) d’un côté et Solutions 30 Energies de l’autre.
194 salariés perpignanais dans le flou
Sept ans plus tard, rien ne va plus. A l’été 2026, GSO est placé en liquidation judiciaire, avec de nombreux licenciements, tandis que Solutions 30 Energies est placé redressement judiciaire, sur la sellette. Il reste encore 194 salariés de cette dernière entité à Perpignan, inquiets du plan social qui se profile. Pour les grévistes, qui vivent des conditions difficiles depuis plusieurs mois, la pilule est difficile à avaler.
« En mars le PDG nous avait dit que ça allait repartir de plus belle » s’agace Damien, employé à la gestion des sous-traitants. « Quinze jours après, on était en cessation de paiements. »
Pour lui le déploiement de la fibre qui touche à sa fin ne suffit pas à justifier une telle dégringolade, avec des marchés qui auraient pu être sauvés. « Le travail est là, ce sont les moyens pour l’accomplir qui manquent. Le plus gros du chiffre était fait avec le photovoltaïque. Nous avons le plus gros parc flottant d’Europe, nous avons eu des contrats avec Total… »
Des fournisseurs impayés, des mutuelles résiliées…
Il évoque des situations qu’on a laissées pourrir, des dettes accumulées et des fournisseurs non payés. « Sous Sotranasa, il y avait une gestion et des comptes sains. Je suis arrivé juste après la bascule, il y a cinq ans. »
« Avec les anciens qui m’ont accueilli, je me voyais faire carrière, c’était la famille Sotra. »
Peu à peu, il déchante. Plusieurs des grévistes mentionnent des conditions dégradées. Des équipements de sécurité manquants, des matériaux pour reboucher les tranchées à récupérer alors que le fournisseur s’agace de n’avoir pas été réglé, puis les mutuelles résiliées car selon eux, le groupe ne payait plus les cotisations. « La mutuelle c’est la goutte d’eau. Depuis un mois, on n’a plus de mutuelle. »

Les salariés évoquent également une filiale du même groupe à Perpignan, Solutions 30 Connect, qui aurait récupéré certains des employés dans des conditions opaques à leurs yeux. Ils craignent un transfert de quelques équipes avant un abandon du reste. Plusieurs des grévistes parlent de fatigue nerveuse depuis le redressement.
« Nous allons nous battre pour avoir les meilleures garanties en cas de licenciement. Nous sommes dans une région où il n’y a pas beaucoup de travail. »
Contactée, la direction nationale n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Un responsable européen doit se rendre sur place et échanger avec les salariés. Encore rien n’a filtré sur le contenu précis d’un prochain plan social et le nombre de licenciements à venir. Une incertitude qui entretient l’angoisse de travailleurs. Certains ont passé plus de vingt ans dans l’entreprise.
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