Article mis à jour le 26 octobre 2026 à 19:18
Ce lundi 26 octobre, une vingtaine de partis, d’organisations syndicales et militantes ont organisé un rassemblement devant le Castillet à Perpignan. Ces mouvements, parmi lesquels la CGT, SOS Racisme, la LDH, le PS, le PC ou encore les Jeunes écolos, s’inquiètent de discours de haine qui mènent à des passages à l’acte. Quelques centaines de personnes ont répondu à l’appel.
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Le 23 octobre dernier, Kévin T., 39 ans tire au fusil mitrailleur sur des passants de Trappes et de La Verrière. Un homme meurt, cinq autres personnes sont blessées, dont une fillette de 12 ans atteinte de huit balles. Le tireur affirme avoir visé des Noirs et des Arabes. Les premiers éléments de l’enquête évoquent un ancrage idéologique et la présence d’un exemplaire de Mein Kampf lors de la perquisition à son domicile.
A travers différents rassemblements à Perpignan et partout en France, militants et anonymes souhaitent alerter sur ce qu’ils considèrent comme un aboutissement des discours d’extrême droite. Le contexte de stigmatisation fait en effet polémique autour de cette affaire, avec la ville de Trappes pointée dans des discours politiques par Eric Zemmour, Marine Le Pen ou encore Jordan Bardella, qualifiée parfois de « République islamique ». Plus largement, la polarisation et les positions extrêmes ont été documentées à travers l’enquête électorale française Ipsos en avril 2026. Gilles Finchelstein, secrétaire de la fondation Jean Jaurès, en évoque les résultats et en particulier le poids croissant des radicalités idéologiques sur les cinq dernières années et le rejet des logiques de compromis. Avec une conclusion sans appel, « la radicalité de l’extrême droite est plus forte que celle de la gauche radicale. »
Pour cette jeune manifestante à Perpignan ce lundi soir « la normalisation est médiatique mais aussi politique. » « On commence à rechigner, à employer ne serait-ce que le terme d’extrême droite pour qualifier le Rassemblement national », déplore-t-elle. « C’est l’aboutissement de toute cette stratégie mise en place depuis des années. Et on voit les effets que ça a aujourd’hui, c’est dramatique. Malheureusement, je pense qu’on ne comprend pas encore la mesure de la gravité de la situation. »
« Il y a une parole ordinaire où l’on considère que l’on peut dénigrer l’étranger »
Julien Berthelemy, secrétaire départemental de la CGT, appelle à rejoindre le rassemblement à Perpignan. Il partage sa crainte de discours toujours plus clivants. « La question de l’extrême droite monte partout dans le monde. Sur notre département c’est particulier parce qu’un électeur exprimé sur deux vote RN. » Il évoque ces discours de haine raciste décomplexée qui fleurissent sur les réseaux, et se désespère de projets de milices privées. « On m’alerte régulièrement à propos de groupuscules qui se forment, y compris au local. » Julien Berthelemy s’inquiète par ailleurs de la neutralité des polices municipales sous mandat RN, prenant exemple de l’affaire de Carcassonne.
Henri Saurine préside quant à lui l’antenne des Pyrénées-Orientales de la Ligue des Droits de l’Homme. Pour lui la banalisation des haines actuelles est insupportable. « Les propos racistes, xénophobes, islamophobes, toujours plus haineux et stigmatisants, se diffusent dans notre société, communique la LDH 66. Ils instillent la violence. » La LDH déplore la réduction de personnes à leur religion, leur couleur de peau ou leur origine, en désignant en particulier les personnes musulmanes comme des ennemis intérieurs.
« Toute indulgence, toute alliance, toute complaisance avec ces forces, ces partis et ces idées d’extrême droite est une compromission inacceptable. »
L’association appelle à la régulation de médias anti-démocratiques sous influence. Henri Saurine évoque au local des conférences tenues par des groupes identitaires, comme ceux du bar nationaliste de Canohès, le 7.59. « Il y a cette parole ordinaire où l’on considère que l’on peut dénigrer l’étranger. Le fait d’avoir une majorité RN est démocratique, mais ça assied le discours de haine. La parole est déverrouillée. Et de la parole à l’acte il n’y a qu’un pas. » Pour le rassemblement devant le Castillet, il évoque deux axes. L’hommage aux familles touchées, mais aussi appeler un réveil citoyen.
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