Article mis à jour le 15 septembre 2026 à 19:30
Depuis l’effondrement d’un pan rocheux qui a emporté sa route d’accès, le hameau de Mas Pagris, situé au-dessus d’Amélie-les-Bains, est quasiment coupé du monde depuis près de deux ans. Des études réalisées récemment rendent réaliste une potentielle reconstruction. La mairie d’Amélie a décidé de lancer le chantier.
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Près de deux ans qu’ils sont coupés du monde. Les habitants du hameau de Mas Pagris vivent au jour le jour depuis l’effondrement de la route qui relie leurs maisons à la ville d’Amélie-les-Bains. Ce mardi 15 septembre 2026, l’espoir renaît.
La municipalité d’Amélie-les-Bains organise en effet une réunion publique pour annoncer le revirement. La tension est palpable. La fatigue, aussi, chez ces usagers du hameau qui font un détour de plus d’une heure pour rejoindre les habitations. Après l’exposé présenté par la société de géotechnique SAGE qui a étudié la faisabilité, les travaux semblent finalement tout à fait réalisables.
Reconstruire la route : la mairie craignait une facture en millions d’euros
Après l’effondrement, plusieurs réunions avaient eu lieu entre la préfecture, la DDTM, le Conseil départemental et la ville d’Amélie-les-Bains. Des études avaient finalement été diligentées dans le but d’examiner la possibilité de purger la falaise en partie effondrée, de la sécuriser, puis de reconstruire la route.
Il y a un an, l’estimation du coût d’une telle opération oscillait entre 1,3 million d’euros, selon une expertise du service de Restauration des terrains de montagne, et 3 millions d’euros selon la mairie d’Amélie. Une somme alors jugée « hors de portée de la ville », avait expliqué Marie Costa.
Purger puis reconstruire ne coûtera pas tant
Durant l’été 2026, les études en question ont été rendues et Made in Perpignan a pu les consulter. Celles-ci dressent finalement une facture bien moins élevée que redouté. La première étude porte sur la falaise elle-même, et plus précisément sur l’éperon rocheux qui domine la route, à l’endroit où l’éboulement s’est produit. SAGE Ingénierie y identifie encore plusieurs blocs et masses rocheuses instables. Le bureau d’études préconise de purger les éléments les plus dangereux, d’en consolider d’autres à l’aide de boulons, de câbles ou de grillages, et d’installer des protections pendant le chantier. Le coût de cette sécurisation est estimé à 141 000 euros, avec du matériel et des engins qui seront héliportés sur place.
La seconde étude concerne cette fois la portion de route elle-même, emportée sur une trentaine de mètres lors de l’éboulement. Elle prévoit de reconstruire le mur qui soutenait la chaussée, de l’ancrer dans la roche à l’aide de clous et de béton armé, puis de remblayer et de refaire la plateforme routière. Montant estimé : 207 000 euros.
« Je suis très contente que les faits me démentent »
Aux deux opérations, quelques surcoûts pourront s’ajouter, sans compter la maîtrise d’œuvre et les études environnementales. Mais la facture globale devrait osciller entre 400 et 500 000 euros, très en-deçà des premières estimations. Les subventions espérées représentent 50 à 80 % de la somme. « On s’engage à le faire quelque soit le taux de financement » assure la maire Marie Costa.

Concernant les première estimations dépassant le million qu’elle avait annoncée et qui lui avait fait préférer demander à l’Etat une aide pour la piste forestière plutôt que de s’attaquer immédiatement à la route, l’édile se contente d’un « je suis très contente que les faits me démentent. Aujourd’hui on sait que ce sera faisable. Je préfère ça que dans l’autre sens. »
Une nuit d’orage débouche sur deux ans d’enfer
C’était le 9 novembre 2024. Au petit matin, une masse rocheuse de 100m de haut s’était soudain décrochée au-dessus de la route communale qui relie Amélie-les-Bains au hameau du Mas Pagris. L’éboulement, impressionnant, a tout emporté avec lui et l’artère a disparu sur une bonne cinquantaine de mètres. Si l’incident n’avait fait aucune victime, il avait (quasiment) coupé du monde une trentaine de résidents.
Depuis, ils ont deux choix : laisser leurs voitures en aval de la route effondrée et marcher par un sentier escarpé pour rejoindre leur maison à pied. Ou bien rentrer en faisant un détour de 38 km, via Saint-Laurent-de-Cerdans, dont 12 km se font par une piste forestière de montagne. Un « itinéraire bis qui nous fait perdre 1h30 à l’aller et pareil au retour », rappelle Philippe Trilha.
Vivre par-delà les fragilités de la falaise
Aujourd’hui, des rochers tiennent encore, comme suspendus dans un équilibre fragile. A tout moment, ils paraissent pouvoir se décrocher pour venir rejoindre, au fond de la vallée, le pan de montagne déjà tombé.
Le lancement des travaux permettra de sécuriser les blocs instables et de reconstruire la route. Pas de risque zéro ensuite. « Ca restent une route de montagne, et on est sur une montagne qui bouge » rappelle Marie Costa. Elle envisage à l’avenir de fermer la route lors des alertes oranges et rouges, afin de limiter les risques.
D’autres études devant suivre, le chantier risque de n’être lancé qu’en 2028. Mais les habitants du Mas Pagris ne cachent pas leur soulagement. L’espoir avait commencé à renaître depuis le mois d’août dernier avec les premières estimations revues à la baisse. Ils ont enfin un horizon.
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