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La division se dessine-t-elle au moment où le mouvement des Gilets Jaunes se structure ?

Eric Drouet, à l’origine du mouvement du 17 novembre sur les réseaux sociaux, et Priscillia Ludosky, à l’initiative d’une pétition signée par plus d’un million de personnes, ont tenté le 26 novembre dernier de créer une délégation de 8 personnes. Une délégation qui se voulait légitime afin de communiquer notamment auprès des médias. Très rapidement, ce collectif a été remis en question par la base, tant pour sa forme de désignation que pour la politisation passée de certains de ses membres dont Thomas Miralles.

Pourtant, les plateaux de télévision ont vu défiler ce dimanche des Gilets Jaunes qui réfutaient chacun leur tour la représentativité et parfois les paroles du précédent. Du côté des réseaux sociaux, alternative autoproclamée aux médias traditionnels, les internautes y perdent leur latin. Entre communiqués officiels, pages officieuses et pétitions diverses, nombreux sont les Gilets Jaunes dans la confusion, à l’image de la situation actuelle.

♦ La branche de “La France en colère”

Cette première délégation était en charge de porter auprès du premier ministre et d’Emmanuel Macron leurs revendications issues d’une concertation sur Facebook. 

Parmi les exigences : “Revoir à la baisse toutes les taxes” et prévoir la “création d’une Assemblée citoyenne” pour débattre des sujets tels que l’écologie et les transports avec “le développement d’une transition écologique, réfléchie et durable”. Ou encore les élections, les lois et la citoyenneté afin “que la voix du citoyen soit réellement prise en compte”. Cette nouvelle assemblée aura également vocation à parler d’emploi avec “l’augmentation d’achat et la revalorisation du travail”.

Le mouvement porté par Eric Drouet et Priscillia Ludosky, a lancé ce soir, un site internet La France en colère. Ils rappellent dans un communiqué de presse, qu’ils « restent prêts à rencontrer le gouvernement dans les conditions déjà évoquées”. Ils insistent sur le côté apolitique et syndical :

Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui nous aident à porter ce mouvement au quotidien lorsque d’autres s’appliquent à se l’approprier en vue de pervertir son image, son message et dont le seul but est de défendre leurs intérêts personnels (politique, syndicale)”.

“Les Gilets Jaunes libres”

Au lendemain du deuxième samedi de violences au coeur de Paris, ce sont les autoproclamés « libres » parmi les Gilets Jaunes qui ont publié une tribune dans le Journal du Dimanche. À la tête de cette branche des gilets, Benjamin Cauchy dont certains reprochent l’engagement politique au sein du parti de Nicolas Dupont Aignan. Jacline Mouraud, la très médiatique bretonne dont la vidéo Facebook avait contribué à lancer le mouvement, a également rejoint cette branche du mouvement. Benjamin Cauchy avait lancé l’association « Les citrons jaunes ». Ils sont dix et se veulent “les portes paroles d’une colère constructive”. Cette mouvance présente 42 revendications parmi lesquelles : 

  • Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches). 
  • SMIC à 1300 euros net.
  • Fin de la hausse des taxes sur le carburant. 
  • Pas de retraite en dessous de 1200 euros.

Une liste de revendications conclue par le message ci-dessous :

“Députés, faites entendre notre voix à l’Assemblée. Obéissez à la volonté du peuple. Faites appliquer ces directives.”

♦ Une représentation parfois non désirée et contestée

Sur le terrain ou sur les réunions, certains réfutent toute idée de représentation, se disant opposés, par principe, à tout concept de représentativité. Des positions libertaires plus ou moins affirmées qu’évoque en ces termes le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste sur son blog : “Sur tous ces endroits apparaissent des conseils, des soviets. Voilà le gros mot est lancé. La critique de ceux qui “savent” essentiellement urbains par ailleurs est aussi virulent que leur absence. Mais si on se décale un peu, si nous sortons de nos manières de voir, on ne peut que déceler ci et là des façons de faire libertaires”.

Dans la déclaration, qu’une petite partie d’entre eux a publiée, nous pouvons retrouver un grand nombre de nos positions. Les “messagers” qui demandent à être reçu par le “Tsar” ne sont pas des représentants, des commissaires politiques, des délégués des bases qui pour beaucoup d’entre elles les contestent. Ils sont juste des “messagers”.”

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