Aller au contenu

La réserve marine de Cerbère-Banyuls: vers une extension majeure en 2027

Nouvelle zone protégée réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls

La réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls, première réserve naturelle exclusivement marine créée en France, pourrait prochainement franchir une nouvelle étape dans son développement. Une enquête publique a été lancé le 13 avril dernier et prévoit en effet d’en élargir significativement le périmètre, avec une superficie qui passerait de 650 à près de 1 680 hectares, soit plus du double de la surface actuelle.

Cette extension s’inscrit dans une volonté de mieux protéger les écosystèmes marins face à des pressions de plus en plus fortes : changement climatique, augmentation de la fréquentation touristique et intensification des usages en mer. L’objectif affiché est de renforcer la résilience du milieu marin en intégrant de nouveaux espaces naturels essentiels à la biodiversité locale.

Une réserve historique face à de nouveaux enjeux environnementaux

Créée en 1974 par le Département, la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls est aujourd’hui la seule réserve exclusivement marine de France. Elle s’étend sur environ 650 hectares entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère, avec une zone de protection renforcée où toute activité humaine est interdite. Au fil des décennies, ce périmètre a démontré son efficacité. Certaines espèces emblématiques, comme le mérou brun, y ont retrouvé des populations florissantes, illustrant l’impact positif d’une protection stricte sur la biodiversité marine. Frédéric Cadène, conservateur de la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls estime qu’il nécessaire aujourd’hui de franchir un nouveau cap.

« La chance qu’on a sur le territoire, c’est d’avoir un recul de 50 ans de protection, 50 ans de suivis scientifiques qui se font grâce à la réserve, aux universitaires, au laboratoire Arago, à l’observatoire Saint-Eugène de Banyuls ou l’université de Perpignan. »

Une extension pour consolider les écosystèmes marins

L’extension envisagée porte la surface protégée à environ 1 680 hectares, marquant un véritable changement d’échelle pour la réserve. L’ambition est double : élargir les zones refuges pour la biodiversité et renforcer la capacité des écosystèmes à faire face aux perturbations. Ce nouveau périmètre inclut des habitats particulièrement sensibles, comme les herbiers de posidonie et certaines zones rocheuses, essentiels au bon fonctionnement du milieu marin. Ces espaces jouent un rôle clé : véritables habitat de protection pour de nombreuses espèces, zones d’alimentation et de reproduction, mais aussi naturelles contre l’érosion du littoral.

Pensé depuis plus de 20 ans, le projet a été officiellement lancé dès 2020 et a fait l’objet d’une large concertation entre 2022 et 2023. Il s’inscrit dans une approche logique : plus une aire marine protégée est vaste, structurée et connectée, plus elle est efficace pour préserver durablement la biodiversité marine. Toujours selon Frédéric Cadène, l’extension verra le jour début 2027.

« Normalement, le projet sera terminé, d’après les services de l’Etat, en début d’année 2027. Parce qu’il y a encore tous les allers-retours avec notamment les signatures du décret et cette enquête publique. Ça va nous permettre, durant l’été, de préparer le terrain, de repérer, informer la population et les usagers de cet agrandissement. »

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances

Hugo Petitjean