Au Mémorial du Camp de Rivesaltes, la nouvelle exposition temporaire « Routes du maquis, chemins d’espoir et de liberté » a été inaugurée jeudi 16 avril dans le cadre du projet européen « Exilis 1936-1946 ». Elle propose aux visiteurs de retracer les itinéraires clandestins empruntés par les résistants antifranquistes entre la France et l’Espagne de 1944 à 1952.
Dans le contexte de l’après-guerre, alors que la dictature franquiste perdure, les passages à travers les Pyrénées deviennent essentiels pour poursuivre la lutte, transformant les Pyrénées-Orientales en véritable zone stratégique de circulation et de résistance.
Une coopération européenne au service de la mémoire
Cette nouvelle exposition temporaire s’inscrit dans le cadre du projet européen « Exilis 1936-1946 », qui fédère plusieurs institutions mémorielles des deux côtés de la frontière pour valoriser l’histoire des exils et des résistances liés à la guerre d’Espagne. Associant notamment le Musée Mémorial de l’Exil (MUME) de la Jonquera et le Mémorial du Camp de Rivesaltes, ce programme développe une approche commune à travers expositions, recherches et actions de transmission auprès du public. Pour Miquel Serrano, historien et conservateur du musée MUME, cet échange fusionne les initiatives.
« C’est un projet européen qui partage des activités culturelles entre différents endroits en rapport avec l’histoire commune des Pyrénées-Orientales et de la Catalogne. A partir de ces initiatives en liaison avec des projets d’expositions temporaire partagés, il y a aussi des d’entrées partagées et gratuites sur tous les sites. »
Voyage au cœur des réseaux clandestins à l’heure de la lutte antifranquiste
À travers archives, objets et témoignages, l’exposition met en lumière l’organisation de ces réseaux, composés de guérilleros, de militants et de passeurs dans un contexte de surveillance et de répression particulièrement violentes. Ces derniers jouent un rôle déterminant dans l’acheminement d’armes, de documents, de propagande et de combattants entre les deux versants de la frontière. S’appuyant notamment sur les archives du Parti communiste espagnol conservées à Madrid et sur les récits de familles de combattants, les commissaires restituent avec précision les itinéraires, les acteurs et les risques encourus.
Parmi les pièces présentées figurent des faux papiers liés à Domingo Malagón, figure clé des réseaux clandestins, témoignant de l’ingéniosité nécessaire pour contourner les contrôles franquistes. Alors peintre, ce dernier s’est spécialisé dans la reproduction de documents administratifs falsifiés.
Au-delà de l’approche historique, l’exposition propose un dialogue entre passé et présent grâce aux photographies contemporaines d’Ernest Costa i Saboia, qui capturent les paysages actuels des routes du maquis. Ces images, loin d’être anecdotiques, rappellent que ces lieux aujourd’hui paisibles furent le théâtre de passages dangereux et décisifs.
Une coopération trans-frontalière avec le musée MUME
Inscrite dans une coopération transfrontalière plus large réunissant plusieurs institutions mémorielles, cette exposition s’accompagne également d’un travail de terrain visant à identifier et valoriser ces itinéraires. Visible jusqu’au 22 août au Mémorial du Camp de Rivesaltes avant de rejoindre La Jonquera à l’automne, elle invite à reconsidérer ces chemins clandestins comme des espaces de lutte, d’engagement et d’espoir, dont les échos résonnent encore dans les enjeux contemporains.
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