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Roman « Un oubli sans nom » | Sur les traces de ses origines en Pays catalan

Article mis à jour le 31 décembre 2022 à 13:01

Serge Legrand-Vall, fils d’une réfugiée espagnole, nous livre son 5e roman. Dans « Un oubli sans nom » aux éditions In8 , Suzanne part en quête de son passé. Adoptée à l’âge de 6 ans, elle éprouve le besoin à 17 ans de remettre des images sur ce lieu qui l’a vu naître. Au prétexte de fouilles archéologiques au fort de Bellegarde, elle décide de prendre la route pour partir à la recherche de Las Illas, entre Céret et Le Boulou.

Une histoire qui fait étrangement écho à la vie de l’auteur. L’occasion pour le lecteur de faire un bond dans le Pays catalan des années 70. Le 9 février 2023, Serge Legrand-Vall sera présent à la librairie Torcatis de Perpignan pour une rencontre-dédicace autour de son roman.

Serge Legrand-Vall fait voyager Suzanne dans les Pyrénées-Orientales

Suzanne, adolescente en quête d’émancipation, décide de rejoindre un chantier de jeunes bénévoles pour faire des repérages archéologiques pendant les vacances de Pâques. Son premier point de chute, la mairie de Perpignan, ville inscrite comme celle de sa naissance sur sa carte d’identité. Ville où elle rencontre ses parents adoptifs pour la toute première fois.

« Place de la Loge, j’y suis. C’est devant les grilles de ce bâtiment de pierres, de briques et de galets que s’est jouée la rencontre. Je m’y revois, ce jour particulier d’avril 1964, lorsque l’assistante sociale m’avait fait descendre de sa 2 CV et avait désigné le couple qui m’attendait devant une voiture blanche. »

L’adolescence se questionne « où se trouve donc ce site archéologique où je pourrais aller donner un coup de main et surtout fouiner sur mes propres traces ? » Des fouilles sur le passé, mais surtout sur SON passé.

Elle, qui a oublié son nom (d’où le titre du roman), veut retourner sur les lieux de son enfance et notamment à Las Illas, là où elle avait été placée par les services sociaux. Suzanne arrive au fort de Bellegarde, lieu où elle est attendue pour les fouilles archéologiques. Juché sur l’arête qui sépare la France et l’Espagne, ce fort fut bâti à la fin du XVIIe siècle par Vauban.

Un oubli sans nom

Après avoir quitté le chantier de fouilles, Suzanne parvient à rejoindre Las Illas et retrouve Maïté Pujol, la femme qui l’a accueillie pendant plusieurs années. La rencontre avec son ancienne institutrice lui permet de retrouver son nom : Lluch. C’est alors qu’elle comprend qu’elle a bien « des origines catalanes, mais du côté espagnol et non français ». L’adolescente visite le musée d’art moderne de Céret. Cette ville qui « a été un repaire d’artistes de la première moitié du siècle. » 

Un roman comme une autobiographie

Dans ce roman, Serge Legrand-Vall met en scène Suzanne, cette jeune femme adoptée à l’âge de 6 ans dont les souvenirs incomplets doivent faire face au silence de ses parents d’adoption. Pour obtenir des réponses à ses questions et comprendre d’où elle vient, elle fuit la Normandie et part sur les routes des Pyrénées-Orientales puis de l’île de Formentera. Son aventure sera faite de rencontres, en la France et l’Espagne. Ce roman est l’un des plus personnels de Serge Legrand-Vall. Il fait écho à sa propre histoire.

Peu après sa naissance, il fut confié à ses grands-parents maternels à Ax-les-Thermes, en Ariège, puis à l’Assistance publique. Adopté en 1964 par une famille normande, il retrouve sa famille espagnole en 1978. «Un oubli sans nom» n’est pas qu’une histoire sur une quête familiale, c’est aussi un roman qui revient sur l’ivresse des années 70, la libération sexuelle et les utopies communautaires. Le silence de plomb qui paralyse encore l’Espagne, après 40 ans de dictature, n’est pas oublié.

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Serge Legrand-Vall confie « c’est un roman qui traite de l’oubli et de l’obsession ». Suzanne est née dans les Pyrénées-Orientales, un point de départ et de retour. « Elle s’était promis, le jour où elle en est partie, de ne jamais oublier le nom du village où elle avait été placée par les services sociaux. Parce qu’elle pressent que c’est de là qu’elle peut remonter une piste vers ses origines ». 

L’auteur poursuit, « c’est un roman initiatique puisque la recherche du personnage va aller de pair avec ses découvertes d’autres sujets comme l’amour, la politique, l’histoire, dans laquelle la sienne s’imbrique (…) À travers ce roman, j’ai voulu trouver la voix d’une enfant qui est marquée par la rupture et celle de la jeune adulte qu’elle est devenue et qui cherche à se rassembler et à comprendre ».

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Une plongée dans le Pays catalan des années 70

Lors de son voyage, Suzanne va séjourner dans une communauté libertaire des Pyrénées-Orientales, une communauté paysanne qui souhaite un mode de vie différent, loin des normes. Elle passe donc plusieurs jours dans le hameau de Riunoguès, bien connu pour son restaurant typique.

« J’ai appris aussi que la communauté est liée aux anarchosyndicalistes de la CNT de Perpignan, qui compte de vieux révolutionnaires espagnols ». À cette époque, les communautés libertaires étaient très présentes dans les Pyrénées-Orientales, dans les mas des frontières espagnoles. Suzanne goûte également à la cuisine locale « entre deux bouchées d’anchois locaux sur du pain à la tomate, du jambon Serrano et de pommes de terre à l’aïoli… ».

*Photo de Une Pixabay

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Pauline Garnier