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Municipales 2026 à Perpignan, la jeunesse a-t-elle encore voix au chapitre ?

Illustrations Perpignan

A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, qu’est-ce qui pousse les nouveaux citoyens à voter… ou pas ? Alors que les jeunes sont toujours plus exposés à l’information comme à la désinformation, ils votent de moins en moins. Témoignages de jeunes Perpignanais qui seront pour la première fois en âge de faire entendre leur voix. Un article de Joan Pacheco, étudiant en journalisme à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Déphasée, désintéressée ou s’estimant trahie, la jeunesse est en tête de la tendance abstentionniste qui traverse la France. Perpignan ne fait pas exception. En 2020, lors des dernières élections municipales, seulement un tiers des 18/24 ans a glissé un bulletin dans l’urne.

Les jeunes Perpignanais ayant accepté de répondre à Made In Perpignan semblent conscients de la quête du vote jeune à l’approche des élections. “Comme les élections arrivent, ils parlent de nous ! Alors que personne n’agit vraiment pour nous, s’exclame Jules, un étudiant de 22 ans. Je me renseigne, mais je sais qu’ils mentent ! Le maire et les politiciens !” L’air indifférent, Julien explique quant à lui : “La politique me prend trop la tête, alors je vote blanc.”

Nouveau Logis, primo-votants en milieu gitan.

Les habitants du quartier Nouveau Logis, appartenant à la communauté gitane, représentent un millier de Perpignanais. Ici, les jeunes interrogés se disent peu politisés. “ça ne m’intéresse pas, on est des gens simples. Tant qu’il y a à manger, et pas de guerre, on s’en fout de qui commande” assure Dylan. Dans une famille qui a accepté de nous recevoir, un père explique : “Moi je vote, mais je n’ai jamais emmené mes fils et filles. S’ils ne veulent pas voter, c’est leur choix”. La famille semble heureuse d’en parler, mais toujours distante avec la politique.

“On ne vote pas, parce que personne ne nous parle de politique, et dans tous les cas ils ne nous écoutent pas”, s’insurge Ross, un jeune papa, avec son enfant dans les bras.

Comment la jeunesse acquiert-elle une conscience politique?

Il est intéressant de remarquer des similitudes dans la prise de conscience politique chez les jeunes. Pour beaucoup, la famille constitue la seule instance de débat. Pour d’autres, les réseaux sociaux sont le point de départ d’un avis sur la question. Selon Mme Burnod, professeure d’Éducation Morale et Civique, connue sur les réseaux sociaux sous le pseudo La Raconteuse d’Histoire, l’éveil d’une conscience politique et d’une responsabilité citoyenne commence au lycée : “Les élèves arrivent au lycée avec des connaissances, et un embryon d’avis, c’est une sorte de matière première. Les cours d’EMC, que l’on organise de façon ludique, servent à donner les clés, ou les outils, pour se faire son propre avis, même si ça fâche les parents”, explique-t-elle.

L’école est donc l’endroit où les élèves apprennent à réfléchir, par eux-mêmes, sans influence. “Pour les municipales, j’encourage les élèves à lire toutes les professions de foi, de LFI au RN, je ne parle jamais de politique avec eux, ils ne connaissent pas mon avis, bien que l’on parle souvent de citoyenneté.” Cette attitude laisse place à la réflexion et au questionnement, mais surtout au débat. Les primo-votants de Terminale apprennent à accepter les avis différents, “une clé majeure pour débattre en démocratie”, conclut-elle.

Une génération qui s’informe et qui débat

Pour s’informer, beaucoup confient passer en priorité par les réseaux sociaux. Hugodécrypte ou Brut sont les médias qui reviennent le plus. Selon eux, ces médias proposent un format qui parle aux jeunes et qui leur permet de consommer de l’information neutre, vérifiée, et gratuite.

Au milieu de cette offre numérique, certains essayent aussi de créer des interactions « réelles ». Joan Chillon, président de l’association L’école Marianne Perpignan, propose des débats politiques et des interventions sur la citoyenneté chez la jeunesse (notamment dans les lycées). Il défend une vision neutre des débats.

“Les valeurs républicaines et l’engagement citoyen n’ont pas à être partisans, confie-t-il. Le fait de s’écouter dans des discussions sur des sujets d’intérêt public plutôt que de s’affronter entre partisans fait partie des approches nécessaires pour avoir les outils de réflexion et comprendre ce que signifie être citoyen.”

Comment fonctionnent les élections municipales à Perpignan, et comment voter ?

Des discussions qui visent à l’apaisement, d’autant plus que le vote des jeunes semble polarisé. En décembre 2025, un sondage Ifop pour le journal L’Indépendant tendait à montrer un vote des 18-24 ans favorable au candidat de La France Insoumise-Les Écologistes, Mickaël Idrac. Ce dernier est en tête avec 53 % des intentions de vote. En deuxième position arrive le RN qui cumule 19% des intentions de vote sur la même tranche d’âge. Si l’on considère l’ensemble des sondés, c’est Louis Aliot, le maire RN sortant, qui sort en tête avec 43%.

Au total à Perpignan, cinq listes sont en lice. En plus de ces deux candidats : le socialiste Mathias Blanc à la tête de Perpignan autrement ; la liste Place publique de la vice-présidente de la Région, Agnès Langevine ; et enfin celle de la droite et du centre menée par Bruno Nougayrède.

Mais pour glisser votre bulletin, encore faut-il être inscrit sur les listes électorales. C’est le cas si vous avez participé à la journée de défense et de citoyenneté. Pour le vérifier, il suffit d’aller se renseigner dans sa mairie de quartier avec une pièce d’identité. Et si ce n’est pas le cas, vous avez jusqu’au 6 février dans votre mairie de quartier la plus proche.

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