Article mis à jour le 17 janvier 2026 à 20:32
Ce 16 janvier, la députée européenne LFI Manon Aubry était à Perpignan. Dans une salle des Libertés gonflée à bloc, Mickaël Idrac, tête de liste « Changez d’air » a tenu un meeting où il a déroulé sa méthode et évoqué son programme, sans oublier d’attaquer frontalement le maire sortant et vice-président du Rassemblement national Louis Aliot. En fin de réunion, sous les applaudissements, les organisateurs n’étaient pas peu fiers d’annoncer la venue du fondateur des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon pour le 28 février prochain.
En une heure trente de discours, les Insoumis ont taclé tous les candidats en lice pour les élections du 15 et 22 mars prochain. La stratégie de la liste Perpignan Autrement portée par le socialiste Mathias Blanc, et celle d’Agnès Langevine en ont fait les frais. Mais c’est évidemment, le maire sortant d’extrême droite Louis Aliot et son bilan qui ont concentré la plupart des attaques.
En tant que maire de Perpignan Mickaël Idrac veut « instaurer des rapports de force (…) pour obtenir des conquêtes sociales »
Pour l’Insoumis, le temps n’est plus à la tergiversation ou à la négociation sans résultat. Si les Perpignanais et les Perpignanaises élisent Mickaël Idrac, il entend parvenir à des résultats rapides en matière de transport, de logement ou d’économie. Arrêtés municipaux, coup de pression sur les autres collectivités, Communauté urbaine, Département ou Région, Mickaël Idrac assume toutes les méthodes pour obtenir des avancées sociales concrètes.
L’Insoumis cite un exemple « de radicalité concrète ». « Quand je vais dire à Perpignan Méditerranée Métropole que je veux le bus gratuit, ils vont me regarder de travers. Là, nous expliquerons que, tant que le projet de gratuité de bus et la refonte totale du système de bus ne seront pas en bonne voie, nous sommes susceptibles de suspendre les autres aides financières versées par la ville. »

Avant le discours du candidat Insoumis, c’est Nicolas Berjoan, responsable régional des Écologistes et allié des Insoumis, qui a lancé une charge contre Louis Aliot. Ce dernier fut qualifié entre autres de « ringard » aux pratiques « mensongères ». Pour Nicolas Berjoan, il faut que Perpignan donne « envie d’y vivre et ne soit pas une ville en carton-pâte où Monsieur Aliot se promène le dimanche pour se faire voir par les quelques notables qui sont restés. » Des propos largement applaudis par les plus de 150 personnes venues écouter les propositions de la liste « Changez d’air ».
Licence sportive, cantine gratuite, création de crèches, les Insoumis proposent une bataille pour « changer la vie »
Après Mickaël Idrac, la cheffe de file du mouvement des Insoumis au Parlement européen a pris la parole. L’après-midi même, l’eurodéputée et le candidat ont visité le quartier Saint-Jacques guidés par Alain Gimenez – dit « Nounours » – personnalité bien connue du quartier. Pour rappel, déjà en 2020, ce dernier, avait joué un rôle important dans la campagne des municipales. Pour l’eurodéputée, ce quartier, l’un des plus pauvres de France, est symptomatique d’un argent public utilisé pour « chasser les habitants de chez eux plutôt qu’à rénover les bâtiments ».

Manon Aubry a listé plusieurs des mesures proposées par la liste « Changez d’air ». Gratuité de la première licence sportive pour les enfants, cantine bio et gratuite, rénovation des écoles ou création de places en crèche sont parmi les propositions pour « concrètement changer la vie des gens ».
En fin de meeting, les appels aux dons et à bonnes volontés pour aider à la campagne, (tractage, collages…) ont été lancés et de nombreuses personnes présentes ont fait acte de candidature pour participer à la « bataille » des municipales.
Quand la politique nationale s’invite dans la campagne municipale de Perpignan
Si en 2020, la victoire d’un cadre RN dans la seule ville de plus de 100 000 habitants avait mis Perpignan à la une de toutes les attentions, le contexte national remet à nouveau le focus sur la ville Rassemblement National. Pris par le calendrier judiciaire et son procès en appel dans l’affaire dite des attachés parlementaires, Louis Aliot a certes indiqué qu’il serait bien candidat, sans vraiment lancer sa campagne. De leur côté, les Insoumis ont décidé de s’appuyer sur des soutiens de poids avec la venue le 28 février de Jean-Luc Mélenchon, signe de la volonté du mouvement de nationaliser le débat des municipales.
Pour le moment, en plus de Mickaël Idrac, quatre candidats sont d’ores et déjà en lice pour tenter de convaincre les électeurs et les électrices de Perpignan. Par ordre alphabétique, le maire sortant Louis Aliot, le socialiste Mathias Blanc à la tête de Perpignan autrement, la vice-présidente de la Région et cadre Place Publique Agnès Langevine, et Bruno Nougayrède candidat de la droite et du centre. En décembre 2025, un sondage Ifop pour le journal L’Indépendant plaçait Louis Aliot largement en tête du premier tour. Loin derrière et au coude à coude, Agnès Langevine, Mickaël Idrac, Bruno Nougayrède et Mathias Blanc.
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