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Natalité dans les Pyrénées-Orientales : le déclin se poursuit, amorti par l’installation de nouveaux habitants 

Partout en France, la baisse des naissances s’amplifie. Mais dans une étude, l’Insee montre que l’ampleur de cette baisse varie fortement selon les territoires. Qu’en est-il dans les Pyrénées-Orientales ?

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Le réarmement démographique prôné par Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à un voeu pieux. A l’échelle du pays, le nombre de naissances a diminué de 14% entre 2010 et 2022. Puis encore de 11%, entre 2022 et 2025. Au niveau national, le nombre d’enfants par femme est passé de 2,03 à 1,55 en 15 ans. Ce qui fait connaître à la France « une fécondité à son plus bas niveau depuis un siècle », écrit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), dans une étude parue le 23 juillet. 

Dans cette étude, l’Institut s’intéresse aux différences territoriales. Près de quatre départements métropolitains sur dix connaissent un cumul d’effets défavorables : une fécondité en baisse, une structure de la population féminine qui vieillit et des départs de femmes en âge d’avoir des enfants qui ne sont pas compensés par de nouvelles arrivées. Les Pyrénées-Orientales échappent à ce cumul. Le département se distingue par une forte attractivité résidentielle, qui a permis de limiter le recul des naissances entre 2010 et 2022. Mais la chute des naissances s’accélère depuis.

Les naissances reculent, mais moins qu’ailleurs 

Entre 2010 et 2022, leur nombre a diminué de 10,8 % dans le département. La baisse atteint 14,1 % en France (hors Mayotte). Les Pyrénées-Orientales ont donc mieux résisté que la moyenne nationale durant cette période. Elles se classent au troisième rang en Occitanie, derrière la Haute-Garonne, où le recul est limité à 2,9 %, et l’Hérault, à 5,3 %. Tous les autres départements de la région enregistrent une baisse supérieure à celle des PO. À l’échelle nationale, les Pyrénées-Orientales se situent parmi les vingt départements ayant le mieux résisté. 

La relative résistance des Pyrénées-Orientales tient d’abord à une baisse moins marquée de la fécondité. En 2022, l’indicateur conjoncturel de fécondité atteint 1,76 enfant par femme dans le département. Il est exactement identique à la moyenne nationale. Depuis 2010, cet indicateur a reculé de 0,22 enfant par femme dans les PO, contre 0,27 pour l’ensemble de la France. Les chiffres plus récents confirment cette particularité. En 2024, l’indicateur de fécondité des Pyrénées-Orientales s’établissait à 1,63 enfant par femme. Il dépassait la moyenne d’Occitanie, limitée à 1,47, et se situait légèrement au-dessus de la moyenne nationale, à 1,62.

« Amortissement migratoire »

La principale singularité des Pyrénées-Orientales apparaît lorsque l’Insee décompose la baisse des naissances. Le recul de la fécondité représente une diminution de 10,8 points. Le vieillissement de la structure démographique aurait ajouté 8,1 points de baisse. Mais les arrivées et les départs de femmes en âge d’avoir des enfants produisent l’effet inverse, avec une contribution positive de 8,1 points. Les mobilités résidentielles ont donc entièrement compensé le déficit lié au renouvellement des générations féminines. 

Sans l’arrivée de nouvelles habitantes, le recul des naissances aurait approché 19 %, au lieu de 10,8 %. Cet « amortissement migratoire » est beaucoup plus fort que dans l’ensemble de la France, où il représente 3,2 points. Les PO affichent le troisième effet migratoire le plus favorable d’Occitanie, derrière la Haute-Garonne et l’Hérault.

Une population qui vieillit 

Cette attractivité ne suffit pas à enrayer le vieillissement. L’effet démographique est plus défavorable dans les Pyrénées-Orientales qu’au niveau national. Les générations de femmes qui sortent progressivement des âges de fécondité sont plus nombreuses que celles qui les remplacent. Le département attire de nouveaux habitants, mais le renouvellement naturel de sa population reste insuffisant. 

En 2022, les PO comptaient près de 128 personnes âgées de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans. La population départementale continue pourtant d’augmenter. Entre 2017 et 2023, elle a progressé de 0,8 % par an, uniquement grâce aux nouveaux arrivants. Dans le même temps, le nombre de décès reste très supérieur à celui des naissances.

La baisse s’accélère depuis 2022 : des conséquences pour les écoles

Si le département résistait mieux entre 2010 et 2022, cette tendance semble désormais s’essouffler. Entre 2022 et 2025, le nombre de naissances a encore diminué de 12 % dans les Pyrénées-Orientales, contre 11,1 % au niveau national. Le département fait cette fois légèrement moins bien que la moyenne française. En seulement trois ans, environ une naissance sur huit a disparu localement.

Cette baisse se répercutera progressivement dans les établissements scolaires. Les enfants nés en 2022 sont entrés en maternelle autour de 2025. Ils arriveront au CP vers 2028 et au collège vers 2033. Les générations encore moins nombreuses nées depuis vont suivre le même parcours quelques années plus tard. 

Dans les communes qui perdent des familles, cette évolution peut conduire à des fermetures de classes, à des regroupements d’écoles ou à une sous-utilisation des cantines et des bâtiments scolaires. Mais la situation ne sera pas uniforme. Certaines communes attractives peuvent continuer à gagner des élèves grâce à l’installation de jeunes ménages, tandis que les secteurs ruraux ou moins dynamiques seront davantage exposés. L’attractivité du département ne compensera pas toujours tout. 

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Sébastien Leurquin