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À Perpignan, pari gagnant pour le club de basket PBC : son gymnase est aussi un lieu de vie

Au cœur du quartier du Vernet, Perpignan accueille un club de basket pas comme les autres. Plus qu’un gymnase, c’est un lieu d’apprentissage de la vie, où les anciens et les plus jeunes, quelles que soient leurs origines, se côtoient avec respect. En privilégiant l’accueil, la passion du sport se transmet naturellement. Et les résultats commencent déjà à se faire sentir, avec deux équipes sacrées championnes dans leur catégorie.

« Ce club de basket, c’est ma deuxième maison ! » lance Chahinaz Missoum. Elle a commencé le basket à onze ans au gymnase Pons et s’est évidemment tournée vers le service civique proposé par le club. Younes, autre fidèle des lieux, renchérit : « Je ne me permettrais même pas de m’inscrire dans un autre club. »

L’histoire est avant tout une histoire de cœur. Alexandre Bacou, fondateur et directeur du PBC, raconte l’aventure avec amusement. Tout est parti d’une plaisanterie, alors que Perpignan recherchait des dirigeants pour relancer le basket. « Avec mon oncle, on va faire une proposition ! » Une idée lancée sans imaginer un instant que le projet puisse être retenu, alors même qu’il occupait un poste à Agde.

Repartir à zéro

Pour tourner la page des faillites qui avaient marqué le basket perpignanais, la candidature de dirigeants extérieurs à la ville fait mouche. Une manière, en somme, de repartir sur un terrain neutre. L’ambition est de rebâtir des équipes mixtes dans toutes les catégories jeunes, sans oublier le basket féminin, qui avait auparavant contribué au rayonnement de Perpignan.

Il fallait aussi repenser entièrement l’accueil des joueurs et des joueuses. Alexandre Bacou a grandi dans le monde du sport : son grand-père a été joueur de l’USAP. « L’accueil réservé aux adhérents faisait partie de la volonté de départ. » C’est aujourd’hui l’un des marqueurs de son identité. Dès le lancement du projet, le gymnase a été imaginé comme un véritable lieu de vie.

Quand la mixité sociale du quartier du Vernet profite au gymnase

« On préfère avoir un jeune dans l’espace réception que dehors », résume Alexandre Bacou. Le « club-house » a été conçu dans cet esprit : une salle de vie qui accueille aussi bien les licenciés, leurs parents que des jeunes du quartier qui ne pratiquent pas le basket. Jeux de société, livres, canapés, télévision… tout est réuni pour favoriser les échanges. Garçons, filles, éducateurs, salariés et bénévoles s’y croisent quotidiennement.

Younes, l’un des joueurs, en parle avec enthousiasme : « Parfois, on s’y retrouve après les entraînements pour rigoler, alors que le directeur est encore en train de travailler. Il peut nous rejoindre. Ça nous apprend le respect : quand les anciens parlent, on les écoute avec attention. On le retrouve ensuite dans la vraie vie. »

Viv(r)e le basket !

Les parents participent eux aussi à cette ambiance familiale. En dehors des entraînements et des matchs, des repas sont régulièrement organisés par des mamans. Pour Younes, c’est important : « Autour d’un festin, on apprend à connaître nos coéquipiers. Ça crée une meilleure cohésion. Si on se dispute sur le terrain, deux minutes après c’est fini. C’est ce qui fait qu’on se démarque des autres équipes. On est partis de zéro et tout le monde s’apprécie ici. » Bien loin du lycée, « où chacun reste dans son groupe ».

Quand cette grande famille débarque en compétition, elle ne passe pas inaperçue. S’il n’y a pas de bus pour transporter tout le monde, chacun trouve une place dans la voiture d’un parent ou d’un bénévole. L’aventure prend vite des airs de colonie de vacances. Younes sourit : les adversaires pensent parfois que l’équipe « vient pour la rigolade. Ils se disent qu’on est jeunes, que ça va être facile de nous battre. » Jusqu’au coup d’envoi, lorsque la concentration reprend le dessus. Walid, joueur et coach depuis ses seize ans au gymnase Pons, en est convaincu : « La convivialité fait la force du club. » Dans les tribunes, l’ambiance est parfois si chaleureuse que certains supporters des équipes adverses finissent par encourager le PBC. « Ça chante, ça tape dans les mains, ça crie. Ils nous disent que ça donne envie d’être avec nous, » témoigne Chahinaz.

Un rayonnement citoyen

Le club entend rayonner bien au-delà du terrain. Fidèle à sa volonté d’aller plus loin que le simple cadre sportif, il multiplie les actions citoyennes : collecte de denrées pour la Croix-Rouge, réduction de la consommation électrique, produits locaux proposés à la buvette ou encore soutien scolaire assuré chaque mercredi après-midi par une bénévole dans l’enceinte du gymnase. Un engagement qui lui a valu le label MAIF FFBB Citoyen.

Cet esprit se retrouve aussi dans l’implication des familles. Depuis un an, des parents siègent au comité directeur du club. Une organisation appréciée par les joueurs. « On prend soin de nous. Le parquet a été changé par la municipalité, le matériel est régulièrement renouvelé », souligne Younes.

Une politique qui inspire les plus jeunes. En dehors de ses propres entraînements, Younes passe une bonne partie de son temps au gymnase. « Je viens regarder les matchs, remplacer un coach, donner un coup de main pour le rangement. » Chahinaz, après son service civique, continue elle aussi à fréquenter les lieux. « Même sans uniforme, les enfants savent qui je suis. On me voit comme la grande, ça me fait plaisir. » Quant à la mixité, elle lui semble une évidence : « On a toujours eu l’habitude des équipes mixtes. » Ce qui reste un combat ailleurs paraît ici tout naturel, même si Younes aimerait voir davantage de filles rejoindre les effectifs.

On représente tous les quartiers, toute la ville.

Si une majorité des licenciés vient du quartier du Vernet, Alexandre Bacou tient à le rappeler : « Le club fait partie de la ville. » Le PBC a proposé des animations au Parc des Sports pendant les Journées olympiques et l’un de ses éducateurs dispense des initiations au lac de Villeneuve-de-la-Raho, organisées par le département. « On représente tous les quartiers, toute la ville. »

L’équipe fanion masculine évolue désormais au niveau régional. Le basket féminin poursuit sa progression et une équipe senior sera engagée à la rentrée avec l’ambition de franchir un nouveau palier. Le directeur conclut avec simplicité : « La priorité reste de former des basketteurs, pas de gagner des titres. Mais si un joueur devient professionnel, on sera heureux. » La convivialité reste le moteur du PBC. C’est elle qui attire les licenciés (au nombre de 220 aujourd’hui), fidélise les familles et fait grandir le projet. Les résultats sportifs seront à suivre avec attention.

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Virginie Demorget