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L’auto-entreprise poursuit son essor en Occitanie, mais reste un modèle fragile

En Occitanie, l’auto-entreprise continue de gagner du terrain. Les créations ont encore progressé de 8,1 % en 2023, une hausse supérieure à la moyenne nationale. Si ce statut permet de démarrer rapidement une activité, l’enquête nationale de l’Insee rappelle qu’il reste peu rémunérateur et peu pérenne : cinq ans après leur création, seuls 28 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont toujours actifs en 2023. Photo : Kevin Grieve / Unsplash

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Le recours à l’auto-entreprise poursuit sa progression. Grâce à des démarches administratives simplifiées et à un faible coût de lancement, ce statut attire un nombre croissant de créateurs d’entreprise. L’évolution régionale s’inscrit dans une tendance nationale. Selon l’Insee, 53 % des entreprises créées en France relèvent désormais du régime de la micro-entreprise.

Le régime permet de créer rapidement son activité, notamment pour les demandeurs d’emploi, mais il demeure, selon l’Insee, « peu rémunérateur et peu pérenne ». Au niveau national, les micro-entrepreneurs encore actifs cinq ans après leur création déclarent un chiffre d’affaires annuel moyen de 19 600 euros. En Occitanie, il s’établit à 6 986 euros. Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence : le chiffre régional porte sur l’ensemble des auto-entrepreneurs, y compris les plus récemment installés, tandis que l’enquête nationale ne concerne que les créateurs de 2018 encore actifs cinq ans plus tard.

Infographie : Insee

Le nombre d’auto-entrepreneurs économiquement inactifs continue d’augmenter parallèlement à la hausse continue des immatriculations. L’enquête nationale montre également que le statut reste souvent un complément d’activité. Même cinq ans après leur création, près de trois micro-entrepreneurs sur dix exercent encore un autre emploi rémunéré, une proportion quasiment identique à celle observée lors de leur immatriculation.

Au niveau régional, la polyactivité est légèrement moins fréquente. Les auto-entrepreneurs y exercent plus souvent cette activité comme occupation principale (29 % de polyactifs contre 24 % en Occitanie).

Chômeurs et étudiants : un emploi, mais une situation souvent fragile

Les anciens demandeurs d’emploi représentent 26 % des créateurs de 2018. Cinq ans plus tard, 34 % de ces auto-entreprises sont encore actives, un taux supérieur à la moyenne nationale (28 %). Pour autant, leurs revenus restent modestes et proches du Smic net.

Les étudiants, qui représentent 18 % des créations, connaissent la situation la plus fragile. Seuls 13 % poursuivent leur activité cinq ans après. Si la micro-entreprise devient plus souvent leur activité principale à la fin des études, 35 % cumulent encore avec un autre emploi rémunéré. Pour l’Insee, la micro-entreprise facilite donc l’accès à l’emploi, mais elle ne constitue pas toujours un tremplin vers une activité durable et économiquement stable.

Les femmes davantage représentées

Les secteurs des services à la personne, du ménage, de l’enseignement ou encore des activités de soins concentrent une forte proportion d’auto-entrepreneuses. Cette spécialisation explique en partie leur poids croissant dans les créations d’entreprises. En Occitanie, 42,8 % des auto-entrepreneurs sont des femmes, contre 40 % parmi les entrepreneurs individuels classiques, en 2023.

L’auto-entreprise permet de démarrer rapidement une activité, sans emprunt ni investissement important, tout en offrant une souplesse appréciée pour concilier vie professionnelle et vie familiale. Cette flexibilité a toutefois son revers. Les revenus demeurent modestes. L’Insee estime qu’après déduction des charges, le revenu moyen tiré de l’activité représente environ 53 % du chiffre d’affaires. Même dans les situations les plus favorables, le revenu horaire moyen reste proche du Smic net.

Le statut s’installe dans le paysage économique, favorisant ainsi une instabilité dans le domaine du travail.

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Virginie Demorget