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Le premier Campus des métiers et des qualifications « Gestion durable de l’eau » de France est lancé à Perpignan

Sécheresse : Prolongation

Ce lundi 8 juin 2026, la rectrice de la région académique Occitanie, Carole Drucker-Godard, et les nombreux porteurs du projet se sont retrouvés au lycée Picasso de Perpignan. Ils signent le lancement de ce tout premier CMQ autour de l’eau. Mais les actions restent à affiner.

Il existe une centaine de « Campus des métiers et des qualifications » en France, labellisés depuis 2014. Ce ne sont ni des lieux, ni des formations directes, mais des réseaux d’établissements à travers un territoire. Ils promeuvent des filières sur des thèmes en particulier, porteurs d’avenir.

Jusqu’à présent, la gestion de l’eau ne figurait pas au catalogue. C’est chose réparée sur la région avec le premier CMQ labellisé « Gestion durable de l’eau ». Son lancement dans les Pyrénées-Orientales, département le plus impacté par la sécheresse, était une évidence. L’idée mûrit depuis 2022, en lien avec le partenaire Véolia.

« D’ici 2030 l’Occitanie devra faire face à une hausse des températures »

Olivier Sarlat, directeur de la région sud des activités eau de Véolia, évoque ces filières et les défis locaux à venir. « D’ici 2030, l’Occitanie devra faire face à une hausse des températures, à une baisse de 24 % des précipitations estivales, à une diminution de 20 à 40 % des débits de nos rivières. La recharge de nos nappes souterraines pourrait chuter de 20 à 30 % dans les plaines. Et en même temps, notre région accueille 42 000 nouveaux habitants cette année. »

Guillaume Dangé, représentant de la DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), rappelle le tout premier BTS « gestion maîtrise de l’eau » dans les années 1980, prémices des filières actuelles. Il partage ces préoccupations et les épisodes de sécheresse, amenés à se répéter, qui menacent l’agriculture. « Les problématiques d’usage de l’eau ne peuvent être résolues que collectivement. » Le représentant de la Région, Rodolphe Portadès, rappelle ces citernes qui ont dû alimenter des villages en 2022.

« Nous faisons face à des défis croissants, une raréfaction de la ressource en eau, renchérit la rectrice Carole Drucker-Godard. Ce collectif arrivera à répondre à cet enjeu. » Elle évoque les plus de 250 entreprises partenaires du CMQ, mais aussi les laboratoires de recherche qui vont se pencher sur la question.

« Nous avons un besoin grandissant de compétences autour des métiers de l’eau. Les Pyrénées-Orientales sont le premier département de France confronté aux tensions sur la ressource en eau, mais il s’agit aussi un laboratoire. »

Les jeunes d’aujourd’hui sauront-il adapter la société à la sécheresse de demain ?

L’idée serait donc de former nos jeunes à des métiers autour de cette gestion de l’eau, là où on en a le plus besoin. Utilisation de nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pour les stations de traitement, écotoxicologie, risques climatiques… Ces métiers sont-ils suffisamment attractifs ? Il s’agit de pousser vers des formations initiales mais aussi de faire évoluer les salariés actuels qui voient leur métier changer.

Parmi les membres fondateurs du CMQ figurent les universités de Montpellier et Perpignan, le lycée Picasso, Véolia, la DRAAF, la Région et la région académique. Montpellier propose déjà des filières fléchées, dont un master Sciences de l’Eau, décliné en divers parcours, dont certains portant sur la préservation de la ressource, ou encore l’agriculture. Côté université de Perpignan, une chaire dédiée à l’eau a récemment été créée. Le CMQ intègre aussi le programme transfrontalier Hydroscopia, qui vise à un tourisme plus vertueux concernant l’eau.

Reste à déterminer comment tout cela va s’articuler désormais, et comment inciter à opter pour ces filières, voire construire celles qui manquent. À ce jour, le campus a déjà organisé quelques visites de sites pour les étudiants, comme celle du barrage de Vinça ou d’une station d’épuration. Il prévoit également un escape game pour faire découvrir les métiers de l’eau ou encore une plateforme dédiée aux offres d’emploi. Il ne reste qu’à enclencher la vitesse supérieure.

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