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Entretien d’embauche dans ce camping des Pyrénées-Orientales : François Ruffin candidate pour la présidence de la République

Article mis à jour le 20 juillet 2026 à 16:06

Dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle, le député de la Somme François Ruffin s’est rendu ce vendredi 17 juillet dans les Pyrénées-Orientales. Après la rencontre de vignerons dans les Corbières, il s’est prêté à un long entretien d’embauche au milieu d’un camping de Salses-le-Château, avant de consacrer un entretien à Made in Perpignan.

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Piscine, bar, bungalows et chaises en plastique. Au camping du Roussillon de Salses-le-Château, la musique laisse place à une séquence atypique. François Ruffin, candidat à la présidence de la République avec son mouvement Debout! répond aux questions de vacanciers pendant près de deux heures.

Les thèmes abordés sont vastes. Sur le réchauffement climatique, les incendies et le manque de moyens pour les pompiers, l’homme politique tacle le gouvernement et notamment le « qui aurait pu prédire ? » d’Emmanuel Macron. « Les plus nuls nous dirigent » assène-t-il, proposant d’utiliser la transformation écologique pour créer de l’emploi. Sur les conditions de travail dans la santé ou l’école, il plaide pour y flécher les moyens qui subventionnent actuellement le privé.

Ramener de l’égalité par le logement

Devant une assistance qu’on sent de plus en plus conquise, le candidat milite pour un SMIC à 1700 euros, indexé sur l’inflation. Mais son axe le plus marquant est celui du logement, plus grosse source d’inégalités en matière de pouvoir d’achat selon lui. « La grande inégalité, c’est entre les enfants qui vont être aidés par les parents à acquérir un logement, et les autres qui vont payer un loyer pendant des décennies. » Il réclame entre autres un plafonnement des loyers.

Tournée d’été oblige, François Ruffin évoque un droit aux vacances pour tous qu’il souhaite mettre en place d’ici 2032, en aidant davantage le milieu associatif, qu’il juge étouffé, et en élargissant le Pass Culture. Pour les financements, le candidat se tourne vers la justice fiscale en évoquant la taxation des plus-values, des gros héritages ou une fiscalité moins avantageuse pour les milliardaires.

Il n’échappera pas à la critique concernant le défaut d’union à gauche et de sa participation à la fragmentation. François Ruffin évoque un Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui « dix fois plus repoussoir que Marine Le Pen dans des territoires comme le mien » et un Raphaël Glucksmann dans le refus du regroupement. Il déplore l’échec d’une large primaire pour rassembler de Poutou à Hollande.

Entretien pour Made in Perpignan

Quel regard sur les Pyrénées-Orientales à l’issue de cette séquence ?

Quand je viens ici, je suis dans un symétrique de chez-moi. Je suis de terres du nord qui pendant un siècle envoyaient à l’Assemblée des députés communistes ou socialistes. Et cela a basculé en même temps que dans le Midi. Je viens voir quelle crise amène ça, avec la question, sans doute, d’emplois qui n’assurent pas un avenir. Je viens aussi essayer de saisir cette crise climatique, vous avez la pénurie d’eau. C’est un laboratoire de ce qu’on pourrait faire, mais aussi peut-être de ce qui n’a pas été fait.

C’est aussi le département avec la plus grande ville RN de France

Normalement je devais venir pour les municipales, apporter un soutien à Perpignan Autrement. Et en même temps, la fracturation de la gauche, alors qu’on a un maire RN installé, ne m’a pas incliné à venir y faire une réunion publique. Quand j’ai vu ça, ça a participé d’un découragement. Je me suis dit « ils l’ont déjà, le maire RN. Et face à ça ils ne sont pas capables de se serrer les coudes à gauche pour chercher ce qu’il y a de républicain dans la ville et pour la ramener hors de l’extrême droite. »

Cette fracturation n’est-elle pas à l’image du national ?

Le soir de la dissolution j’ai lancé le Front populaire. Il y a eu 400 000 citoyens qui, en 24 heures, y ont été favorables. Ça a marché parce qu’il y a eu les citoyens, les associations, une pression sur les appareils politiques. Là, il y a zéro pression, juste une vague pétition de trois intellectuels. Ce ne sont pas les programmes qui font les chemins différents, ce sont les logiques d’appareils, d’individus. J’espère encore qu’à l’automne quelque chose va se passer et viendra allumer la mèche pour avoir, sinon l’unité, du moins une candidature qui peut apparaître comme majoritaire.

« Je suis pour que la gauche porte un discours de fierté »

Vous avez évoqué la manière de convaincre la gauche. Est-il aussi possible de s’adresser à cet électorat RN qui s’élargit ?

Je fais un gros distinguo entre les dirigeants du Rassemblement national et les électeurs. Mais je vais être honnête, il y a un temps où ça marchait de dire « arrêter d’emmerder les immigrés, les étrangers, les assistés. Regardez en haut, regardez les 500 fortunes… » Mais aujourd’hui il y a un vote qui s’est enkysté. Le RN apparaît comme un espoir, c’est devenu plus dur. Mais il ne faut pas renoncer car quand on discute avec les gens, il y en a encore qui réfléchissent. Il y a la question de probité avec la condamnation de Marine Le Pen, des gens qui sont dans le doute. On doit être assez ouvert pour parler avec tout le monde.

Il y a quasiment une crise spirituelle, le sentiment que la France va mal, qu’on a une identité diminuée. Pour moi il y a une fierté blessée. Je suis pour que la gauche porte un discours de fierté. On a des pages sombres, il faut aussi regarder toutes les pages de lumière. Je pense que le « non » de Jacques Chirac à la guerre en Irak a été un moment de fierté française. La cérémonie d’ouverture des J.O. est un moment de fierté, on montre notre art, notre histoire, notre patrimoine. Bolloré mène la bataille de la culture. Louis Aliot mène la bataille de la culture, la bataille symbolique de la honte et de la fierté. C’est stratégique. Il faut que la culture participe de notre fierté.

Qu’attendez-vous de ces entretiens d’embauche ?

D’abord j’attends de ne pas m’ennuyer dans la vie. J’ai envie que ce soit une aventure, d’essayer des choses et peut-être que des gens soient entraînés là-dedans. Je voulais être en dialogue et j’ai trouvé la forme d’entretien d’embauche. République cherche président, CDD de 5 ans, logé, blanchi nourri… Le faire au camping est original, faire une discussion dans une étable, faire une journée d’autostop… je me suis régalé !

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https://youtube.com/shorts/djO16NSY–Q?si=9dEt_pfWddgc5sF4

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