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Plus de seniors, plus de dépendance, moins de places en Ehpad : le défi des Pyrénées-Orientales 

Article mis à jour le 5 novembre 2026 à 17:55

Le vieillissement de la population va se poursuivre et atteindre des niveaux records dans le département des Pyrénées-Orientales au cours des années à venir. Selon une étude de l’Insee Occitanie, plus de quatre habitants sur dix auront 60 ans ou plus en 2050. Et le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait croître de 46%. La question de leur prise en charge va se poser.

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Un scénario inquiétant. Selon cette étude publiée en octobre, d’ici 2050, les Pyrénées-Orientales compteraient 28 457 seniors en perte d’autonomie, contre 19 485 en 2021. La perte d’autonomie désigne ici l’impossibilité d’accomplir, sans aide, certains actes du quotidien comme s’habiller, s’alimenter, se déplacer, se repérer dans le temps.

Cette hausse de 46 % placerait le département au troisième rang régional, derrière la Haute-Garonne et l’Hérault. Son importance s’expliquerait notamment par l’arrivée au grand âge des générations du baby-boom, dans un territoire qui accueille déjà moins de personnes âgées dépendantes en établissement que tous les autres départements d’Occitanie.

Cette projection s’inscrit dans un mouvement régional de grande ampleur. Dans son analyse l’institut estime que la région compterait près de 300 000 seniors en perte d’autonomie en 2050, soit 92 600 de plus qu’en 2021. La progression atteindrait 45 % au niveau régional, soit dix points au-dessus de la moyenne nationale.

La perte d’autonomie sévère en hausse de 53%

Le vieillissement de la population n’a rien d’une nouveauté dans le département. En 2021, 163 100 habitants avaient 60 ans ou plus, soit un tiers de la population. Ils seraient 220 700 en 2050 et représenteraient alors 42,9 % des résidents, plus de quatre sur dix. La progression serait plus marquée encore pour la perte d’autonomie sévère, qui concerne les personnes alitées, confinées au fauteuil ou dont l’altération des fonctions mentales impose une surveillance permanente. Leur nombre grimperait de 6 923 à 10 564, soit une hausse d’environ 53 %.

Selon l’Insee, trois ressorts expliquent cette évolution. Le premier tient à l’âge : les générations nombreuses du baby-boom, nées à partir de 1945, franchiront le cap des 85 ans dès le début des années 2030, période de la vie où la perte d’autonomie devient fréquente. Le deuxième tient au nombre : le département compterait près de 58 000 seniors de plus en 2050 qu’en 2021, une hausse que l’institut attribue notamment, à l’échelle régionale, à l’attractivité de l’Occitanie pour les jeunes retraités. À eux seuls, ces deux facteurs feraient bondir le nombre de seniors en perte d’autonomie. Le troisième, les progrès attendus en matière de santé, effacerait toutefois une partie de cette hausse.

La question se pose enfin au féminin : en 2050, les femmes représenteraient deux tiers des seniors dépendants de la région et 72 % des cas les plus lourds. L’Insee l’explique par une espérance de vie plus longue et des problèmes de santé plus fréquents au grand âge.

Maintien à domicile : un département déjà peu doté en places d’Ehpad 

C’est sur ce terrain que la situation locale se singularise. En 2021, seuls 22,9 % des seniors en perte d’autonomie des Pyrénées-Orientales vivaient en établissement (Ehpad, structures non médicalisées ou unités de soins de longue durée). Il s’agit du taux le plus faible des treize départements d’Occitanie, où la moyenne s’établit à 29,1 %. Avec le Gard, le département affiche le nombre de places d’hébergement le plus bas de la région, sous le seuil de 30 places pour 1 000 personnes de 60 ans ou plus. En contrepartie, l’accessibilité aux soins infirmiers y figure parmi les plus élevées. Autre indicateur : parmi les résidents dépendants accueillis en établissement, 67,8 % sont en perte d’autonomie sévère, contre 64,5 % en moyenne régionale.

Pour l’ensemble de la région, l’institut esquisse deux trajectoires. Conserver la proportion actuelle de seniors accueillis en établissement supposerait de créer 34 600 places d’ici 2050, soit une hausse de 58 %. À capacité constante, en réservant les admissions aux cas les plus sévères, 239 500 seniors dépendants vivraient à domicile en 2050, 63 % de plus qu’en 2021, dont 49 500 en perte d’autonomie sévère. Un tel scénario, prévient l’Insee, suppose un renforcement sensible du nombre et des compétences des intervenants. La Drees a chiffré cet effort à l’échelle nationale : entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires seraient nécessaires en 2050 pour soutenir l’autonomie des personnes âgées. Dans les Pyrénées-Orientales, c’est le Conseil départemental qui finance l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). La question du recrutement dans l’aide à domicile le concerne donc directement.

Ces projections reposent toutefois sur des hypothèses : le scénario central de l’outil Omphale de l’Insee et l’idée que les années d’espérance de vie gagnées à 60 ans le seraient sans perte d’autonomie. Elles dessinent une tendance, non une certitude.

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