Cette année, le festival Pablo Casals célèbre les 150 ans de la naissance du violoncelliste catalan. Pour l’occasion, le festival ne se contente pas de rendre hommage au musicien : il fait vivre son héritage. Avec la création de « Brundibár », un opéra interprété par un chœur d’enfants du Conflent, l’événement poursuit une ambition chère à Pablo Casals : rendre la musique classique accessible au plus grand nombre.
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Sur scène, l’histoire est celle de deux enfants qui tiennent tête à un tyran grâce à la solidarité de tout un village. Créé en 1938 par le dramaturge Adolf Hoffmeister et le compositeur Hans Krása, Brundibár prend cette année une dimension toute particulière à Prades.
Le projet réunit des enfants de 7 à 11 ans, primo-chanteurs de Prades et des communes voisines. Pendant un an et demi, ils ont été accompagnés par le chef de chœur Cyprien Sadek. Pour Pierre Bleuse, directeur artistique du festival depuis six ans, il était essentiel de confier cette mission à « quelqu’un qui a le feu sacré de la musique et de la transmission, tout en étant exigeant ».

Cette exigence est d’ailleurs au cœur du projet. « Tout solliste a commencé enfant », rappelle Sandra Mascré, directrice administrative du festival. L’objectif n’était pas de proposer une animation, mais une véritable création artistique, capable d’amener ces jeunes chanteurs vers un niveau d’excellence.
Faire naître des vocations
Pierre Bleuse connaît bien les vertus de la transmission. Fils de deux musiciens, il grandit dans un univers où la musique rythme le quotidien. À 12 ans, il sait déjà qu’il sera violoniste. Une évidence qui, avec le recul, lui apparaît comme un privilège.
Depuis plus de vingt ans, il multiplie les projets auprès de jeunes parfois éloignés de la pratique musicale. « Des talents ont émergé », constate-t-il. Mais surtout, il observe que lorsque les enfants sont accompagnés par des musiciens passionnés, ils ont envie d’aller plus loin.
« Les gammes ne se travaillent pas tout seul », rappelle-t-il. Sans encadrement, l’apprentissage peut rapidement devenir décourageant. À l’inverse, « quand c’est bien fait, cela demande du temps, de l’énergie, de l’effort… mais cela apporte énormément en retour ».
Pour lui, permettre à tous les enfants d’accéder à cette expérience relève d’un véritable choix de société. « Dès lors qu’on respecte les élèves, on ne peut être qu’exigeant avec eux », explique-t-il. Une exigence qui remplace « les coups de baguette » et donne envie de progresser.
Un festival qui accompagne les jeunes artistes
Cette philosophie se retrouve également dans l’accompagnement des apprentis professionnels. Chaque année, le Festival Pablo Casals constitue un orchestre composé de quinze jeunes musiciens, rémunérés pour leur participation. L’orchestre perdure 3 ans avant d’être renouvelé.
« Casser l’idée que l’excellence tombe du ciel. »
Une initiative portée par Pierre Bleuse, qui souhaite offrir une première expérience professionnelle à ces artistes en début de carrière. Les répétitions sont également ouvertes aux enfants du territoire, afin qu’ils découvrent le travail qui précède les concerts. « Il s’agit de casser l’idée que l’excellence tombe du ciel », résume le directeur artistique.
Ouvrir la musique classique à tous les publics
L’accessibilité ne passe pas uniquement par les projets pédagogiques. Elle se traduit aussi par une politique tarifaire pensée pour élargir le public.
Les familles des enfants qui participent au chœur sont invitées gratuitement aux représentations. « C’est une façon d’inclure les familles les plus éloignées de la culture », souligne Sandra Mascré. Au fil des mois, le projet a dépassé les murs des répétitions. Certains enfants se sont inscrits au conservatoire, des parents se sont investis dans leur pratique musicale et des proches ont réservé leurs places pour assister à l’opéra.

Avec des billets à partir de 10 euros pour certains concerts ou des tarifs solidaires, le festival revendique une programmation accessible. Selon sa directrice administrative, les différentes catégories tarifaires affichent un même rythme de réservation, signe que le public se compose de spectateurs issus de tous les horizons.
À l’image de Pablo Casals, le festival défend une conviction simple : la musique classique n’est pas réservée à une élite. Elle se partage, se transmet et se construit dès le plus jeune âge.
Retrouvez le programme complet ici : https://www.festivalpablocasals.fr/
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