Article mis à jour le 4 novembre 2026 à 13:10
L’enquête sociolinguistique menée par l’Office public de la langue catalane a été dévoilée ce mardi 3 novembre à l’hôtel du Département à Perpignan. Si la part des habitants qui parlent encore le catalan reste faible, tout ne semble pas joué. 77 % des 15-29 ans qui ne parlent pas catalan disent regretter de ne pas l’avoir appris ou auraient aimé le connaître.
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Réalisée auprès de 1 800 personnes âgées de 15 ans et plus, cette enquête livre un bilan contrasté. Aujourd’hui, seuls 15 % des habitants de plus de 15 ans déclarent parler bien ou très bien le catalan. Ce chiffre tombe à 8 % chez les 15-29 ans et à 10 % chez les 30-44 ans. « La transmission familiale, qui s’est progressivement arrêtée entre 1945 et 1970, explique en partie cette situation », indique Louis Dagues, enquêteur technique du projet à l’Office public de la langue catalane (OPLC).
Un « potentiel important »
Ces résultats révèlent pourtant un « potentiel important ». 44 % de la population déclare comprendre bien ou très bien le catalan, 30 % comprennent la langue sans la parler. À cette analyse s’ajoutent 19 % de personnes qui en connaissent quelques expressions ou quelques mots.
Le catalan recule, mais le désir de l’apprendre, lui, résiste. En effet, 77 % des 15-29 ans qui ne parlent pas catalan déclarent avoir regretté de ne pas l’avoir appris ou auraient aimé le connaître. Un chiffre qui atteint 81 % chez les 30-44 ans. « Ces données témoignent d’un intérêt des jeunes générations pour une langue qu’ils ne maîtrisent pas toujours », analyse Louis Dagues.
L’école, principal levier de transmission
Pour les jeunes générations, l’école joue un rôle primordial. Parmi les 15-29 ans qui parlent catalan, 67 % déclarent l’avoir appris dans un cadre scolaire. Une donnée en faveur des dispositifs d’enseignement bilingue et immersif, et de la nécessité de leur donner une continuité.
Les attentes de la population semblent aller dans ce sens. L’enquête révèle que 92 % des habitants sont favorables à une offre généralisée d’enseignement du catalan et 79 % souhaitent que chacun puisse avoir accès à un enseignement bilingue. La présence de la langue dans la vie publique recueille également 78 % d’avis favorables.
« Le catalan reste peu présent dans les usages quotidiens, notamment chez les plus jeunes. Les locuteurs ont besoin d’espaces dans lesquels ils peuvent s’exprimer naturellement, que ce soit dans les associations, les événements culturels ou sportifs, mais aussi dans la vie publique », affirme l’enquêteur technique du projet.
Malgré un nombre de locuteurs qui ne cesse de diminuer, l’attachement à cette langue et l’envie de transmettre restent bien présents. Pour Alain Baylac-Ferrer, président du Conseil scientifique de l’Office public de la langue catalane, « l’enjeu est de transformer cette volonté en apprentissage ».
L’éducation nationale « limite l’accès des élèves à la langue de leur territoire »
Selon l’association Agissons 66, l’Éducation nationale porte une responsabilité centrale dans le faible nombre de jeunes locuteurs. « En freinant l’ouverture de classes bilingues et en laissant subsister des ruptures dans les parcours, elle limite l’accès des élèves à la langue de leur territoire ». Ce collectif, qui défend la langue catalane, demande « l’ouverture de classes bilingues dans les établissements publics, une offre accessible dans chaque canton et un soutien durable aux écoles immersives ».
Agissons 66 s’appuie sur les chiffres révélés par l’enquête de l’OPLC, notamment ceux exprimés par les jeunes, pour expliquer l’affection à cette langue.
« L’attachement de la jeunesse au catalan est un point d’appui majeur. Aux responsables publics de donner aux jeunes les moyens de passer de cet attachement à la pratique, puis de transmettre la langue à leur tour ».
Trois mesures « indispensables »
Du côté de la Plataforma per la Llengua, dresse un constat similaire. L’association, qui œuvre pour la défense et le développement de la langue catalane, réclame plusieurs mesures dont trois jugées indispensables : la reconnaissance des droits linguistiques des catalanophones, le renforcement de l’enseignement bilingue français-catalan et un financement pérenne de l’apprentissage pour les adultes.
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