La promotion du catalan serait-elle en danger dans les Pyrénées-Orientales ? Le conseil municipal de Perpignan vote ce jeudi 6 août son retrait de l’Office public de la langue catalane. Pour l’OPLC, cela représenterait la perte de 25 000 euros par an et de l’un de ses membres fondateurs.
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Partir ou rester dans l’équipe des collectivités qui supportent l’Office public de la langue catalane ? La question se posera ce 6 août à partir de 14h30 pour les conseillers municipaux de la ville de Perpignan. Un retrait proposé par la majorité RN de la ville. Elle le justifie par un contexte de restrictions budgétaires.
« Défaillances et défaut d’efficacité »
« Cette décision est motivée par les multiples défaillances et défauts d’efficacité constatés du côté des actions menées par cette structure », détaille la municipalité. « Si l’on considère que l’OPLC ne fait pas assez, il faut lui donner plus », rétorque Brice Lafontaine, secrétaire de l’association Perpignan la Catalane. Pour lui, le budget consacré à l’OPLC par la mairie est « ridicule et accessoire. »
« C’est assez logique de la part de Louis Aliot, poursuit-il. Il y a une volonté systématique de revenir sur la politique catalane. Ce qui est malhonnête, c’est qu’il ne l’indique pas clairement dans ses programmes. »
Dans un communiqué, le mouvement Oui au Pays catalan abonde. Il note « une nouvelle étape dans l’effacement institutionnel de la langue et de l’identité catalane à Perpignan. »
Promotion du catalan, soutien des associations… À quoi sert l’OPLC ?
La création de l’office public de la langue catalane, avec un budget de 500 000 euros, remonte à 2019. Il rassemble, au sein d’un groupement d’intérêt public, la région Occitanie, le Département, le rectorat, la préfecture, l’université et le syndicat intercommunal pour la promotion des langues occitane et catalane. À cette liste s’ajoute la ville de Perpignan. Une présence au sein de ce groupement d’intérêt public aujourd’hui mise en cause.
L’objectif de la structure est de soutenir les associations qui travaillent pour le catalan et de promouvoir sa présence dans l’espace public. Le modèle est similaire aux offices publics qui existent déjà pour le breton, le basque ou encore l’occitan. Ceux-ci s’inscrivent dans la continuité de la loi de promotion des langues régionales actualisée en 2021. Elle demande par exemple aux collectivités de soutenir l’apprentissage des langues régionales dans des classes bilingues et autorise la généralisation de la signalétique en bilingue.
Pour Brice Lafontaine, l’OPLC pourrait, sous conditions de moyens suffisants, créer des réseaux commerçants en catalan qui serviraient au tourisme. « L’idée est de rendre normal l’utilisation du catalan. » S’il admet une action inaboutie de l’office, il l’assimile à sa sous-dotation financière.
Un conseil scientifique décrié par la mairie de Perpignan
Outre le collège associatif avec lequel il travaille, l’OPLC contient un conseil scientifique dont les huit membres travaillent à expertiser la langue et son usage ainsi qu’à proposer des axes de programme d’intervention. C’est ce conseil que pointe la mairie de Perpignan. Elle cite notamment une étude linguistique de 50 000 euros, injustifiée selon la municipalité, “alors même que des études de ce type ont déjà été réalisées lors des 3 précédents exercices pour une dépense totale de 90 000 €.”
« C’est donc au regard du manque de lisibilité sur l’efficacité des actions menées par cette structure, mais aussi de son refus de participer aux événements municipaux, pourtant en lien avec sa mission, qu’il sera proposé aux élus de la Ville de se retirer de l’Office public de la langue catalane. » Pour la majorité RN de Perpignan, l’OPLC manque d’actions concrètes.
Perpignan se lance en solo avec son propre institut
Mais ce potentiel retrait résonne comme un refus de la culture catalane chez les associations. « La ville montre bien qu’elle ne veut pas d’une politique catalane », regrette Brice Lafontaine. Pour l’élu d’opposition Frédéric Monteil, qui a réagi sur les réseaux sociaux, « la municipalité de Perpignan mène une véritable guerre contre le catalan. » La mairie a tenu à rappeler son engagement pour la catalanité. Elle annonce par ailleurs la création d’un comité de pilotage sur la création de l’institut du Roussillon, de Majorque et de la Catalanité. Ses missions : « planifier des actions fortes au service de notre identité territoriale, de notre culture et de notre histoire partagée. » Oui au Pays catalan voit dans ce nom une erreur linguistique. « Le roussillonnais, le majorquin, le valencien, l’alguerais et les autres variétés territoriales appartiennent tous à une même langue, le catalan. » Le jeu des sept différences entre cette nouvelle structure et l’OPLC se lancera à l’instant où ses contours se préciseront.
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