Face à la difficulté croissante d’accéder à un médecin, la préfecture des Pyrénées-Orientales et l’Agence régionale de santé (ARS) ont confirmé le déploiement, dès novembre 2026, d’une nouvelle génération de praticiens. Vingt « docteurs juniors », encore en formation mais déjà opérationnels, viendront renforcer l’offre de soins dans un territoire sous tension.
Dans les Pyrénées-Orientales, l’accès aux soins est devenu un enjeu majeur. La démographie médicale y est particulièrement fragile : 44% des médecins généralistes ont plus de 60 ans, laissant présager de nombreux départs à la retraite dans les prochaines années. Résultat, une partie de la population peine à se faire suivre par un généraliste. Aujourd’hui, 11 % des habitants n’ont pas de médecin traitant, dans un département où le vieillissement et la précarité accentuent les besoins de santé.
20 docteurs juniors répartis dans 14 communes
À partir du 1er novembre 2026, la lutte contre les déserts médicaux dans le département va franchir une nouvelle étape. Vingt docteurs juniors seront répartis dans quatorze communes des Pyrénées-Orientales : 5 à Perpignan, 2 à Céret et à Toulouges et 1 seul à Argelès-sur-Mer, Cabestany, Canohès, Le Boulou, Banyuls-sur-Mer, Villelongue-des-Monts, Millas, Le Soler, Fourques, Prades et Saint-Laurent-de-la-Salanque.
Ces jeunes médecins sont recrutés lors de la dernière phase de leurs études de médecine. Cette phase de » transition » permet au docteur junior de se préparer progressivement à l’exercice en pleine responsabilité, avant l’obtention définitive de son DES (diplôme d’études spécialisées) et son inscription à l’Ordre des médecins. Concrètement, ils pourront assurer des consultations, suivre des patients et participer à la continuité des soins, tout en restant encadrés par des maîtres de stage universitaires. L’objectif affiché est double : renfoncer l’accès aux soins dans les territoires les plus fragiles et inciter ces futurs médecins à s’installer durablement dans le département.
Une réponse concrète aux déserts médicaux
Pour les autorités sanitaires, ce dispositif représente un levier immédiat pour renforcer l’offre de soins de proximité. Dans certaines communes, ces docteurs juniors pourraient permettre de soulager des cabinets saturés ou d’éviter des ruptures de suivi médical. « L’accès aux soins est aujourd’hui un défi majeur pour nos territoires », souligne le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe. Il insiste également sur la nécessité de créer les conditions d’une « installation durable » des jeunes médecins dans le département.
Le succès du dispositif reposera toutefois sur plusieurs conditions : le maintien de médecins maîtres de stage volontaires, la qualité de l’encadrement universitaire et la capacité des communes à offrir des conditions d’exercice attractives. Dans un territoire où les délais pour obtenir un rendez-vous médical s’allongent et où certains habitants renoncent parfois aux soins, l’arrivée de ces docteurs juniors apparaît déjà comme une bouffée d’oxygène.
