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Université de Perpignan : les repas à 1 € étendus à tous les étudiants

Front'hier et aujourd'hui : Une journée pour vulgariser les savoirs scientifiques à l'Université de Perpignan

Article mis à jour le 4 mai 2026 à 09:51

Depuis ce lundi 4 mai, tous les étudiants de l’Université Via Domitia de Perpignan peuvent désormais bénéficier des repas à 1€ dans tous les « restos et cafétérias U ». Une bonne nouvelle pour les élèves dans un contexte de précarisation globale des étudiants.

Pour pouvoir bénéficier de ce repas à 1 €, il est nécessaire pour les étudiants de remplir au moins l’une des conditions suivantes : être titulaire d’une carte étudiante, d’une carte d’étudiant des métiers (apprentis ou alternants), être doctorant ou engagé dans une mission de service civique. Dans tous les cas, la présentation d’un compte Izly (solution de paiement exclusif aux campus universitaires) sera exigée afin de justifier de son statut.

Un changement de prix sans dégrader la qualité de la nourriture

2,30 euros, c’est l’économie que va effectuer chaque étudiant en allant manger au restaurant universitaire. La formule s’étend ainsi pour ceux qui ne sont pas boursiers. Une évolution tarifaire qui ne s’accompagne d’aucun changement dans la composition des repas, assure Laurent Laroche, directeur du Centre local des œuvres universitaires et scolaires (Clous) de Perpignan. Pour lui, cette mesure permet de rendre la restauration universitaire plus accessible tout en gardant la même qualité.

« On peut rassurer les étudiants. Les repas sont toujours préparés ici au Clous par nos cuisiniers avec toujours la même proportion de denrées qui sont issues de l’agriculture biologique ou de repas végétal, c’est-à-dire entre 30 et 40 %. Ce qui change c’est simplement la tarification, il n’y a pas de changement dans la préparation. »

Côté offre alimentaire, une diversité de plats (viandes, poissons, pizzas, options végétariennes) permet de répondre à différents régimes alimentaires. Toutefois, ce dispositif pourra entraîner une hausse de fréquentation dans ces établissements. Un afflux que le Clous estime pouvoir absorber, notamment en cette période de l’année jugée moins dense. Ces services prévoient également de renforcer l’usage de la carte Izly plutôt que celle de la carte bleue afin de fluidifier le passage en caisse et limiter les fraudes.

Un avis plus contrasté pour les syndicats d’étudiants

Du côté des syndicats, la généralisation des repas à 1€ est d’abord perçue comme une victoire issue de longues mobilisations. Toutefois, cette avancée s’accompagne de plusieurs limites selon Gabriel Galera président de l’Union Progressiste Perpignan. Elle ne réglerait pas la précarité étudiante dans sa globalité, que ce soit le coût des logements, les bourses, mais surtout des conditions de vie précaires des étudiants. Selon lui, l’autre problème principal résiderait dans les infrastructures du Clous, qu’il juge insuffisantes pour absorber l’augmentation de la demande.

« On demande de conserver ce repas à 1€ mais avec la mise en place d’un système de rab. On aimerait aussi qu’ils collaborent aussi avec des producteurs locaux afin d’avoir une plus grande diversité dans les plats pour avoir des repas adaptés à tous les régimes, y compris vegan et halal. » 

Autre limite soulevée : l’offre alimentaire en soirée, jugée insuffisante par les syndicats. Dans certaines universités, les étudiants doivent se contenter de solutions industrielles comme des plats préparés ou des pâtes instantanées. Ils demandent donc la mise en place de véritables repas chauds le soir.

Un étudiant sur 3 saute des repas par manque d’argent

La mise en place des repas à 1€ a été votée en janvier 2025 à l’Assemblée nationale. Cette mesure était portée par la députée socialiste de Seine-Saint-Denis, Keloua Hachi. Dans son texte, la députée explique que « depuis la rentrée 2020, la fréquentation des sites de restauration des Crous s’est continuellement accrue pour toutes les catégories d’étudiants », boursiers comme non boursiers. Elle insiste également sur « la dégradation de la situation des étudiants ». A l’heure actuelle, « plus d’un étudiant sur 3 déclare sauter des repas par manque d’argent », explique la députée. Avec ces repas à 1€ généralisés, elle entend donc soulager rapidement la précarité alimentaire étudiante.

Interrogé ce lundi 4 mai sur FranceInfo, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a précise que le gouvernement a prévu une enveloppe de 50 millions d’euros en 2026 et 120 millions d’euros en 2027 pour financer le dispositif.

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Hugo Petitjean