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« Ça suffit ! » : des rassemblements républicains devant les mairies après les violences du 17 octobre

rassemblements républicains devant les mairies après les violences du 17 octobre

Article mis à jour le 19 octobre 2026 à 14:07

Deux jours après les violences et pillages à Perpignan, une centaine de personnes se sont réunies devant l’hôtel de ville, ce lundi 19 octobre, à l’appel de l’Association des maires de France. Majorité RN, opposition et citoyens ont condamné les dégradations, avec des regards différents sur la colère exprimée samedi. Des rassemblements similaires se sont tenus dans une multitude de communes. 

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« Ça suffit ! ». Devant l’hôtel de ville de Perpignan, Charles Pons répète la formule à plusieurs reprises. Le premier adjoint représente le maire, Louis Aliot (absent ce lundi matin). Dans un court discours, Charles Pons s’adresse aux personnes réunies ce lundi midi à l’appel de l’Association des maires de France (AMF). Il exprime d’abord son soutien aux « commerçants » et aux « personnes qui ont été violentées ». 

Charles Pons lors de son allocution devant la mairie de Perpignan ce 19 octobre.

Ensuite, il confie ses doutes et ceux du maire Louis Aliot quant à l’efficacité de ces rassemblements et réclame des actes forts. « On ne peut plus continuer comme ça », lance-t-il, avant de remercier les forces de l’ordre, notamment les policiers municipaux. Il souligne également le travail des agents techniques mobilisés dès dimanche matin pour nettoyer les rues.

Samedi 17 octobre, lycéens, étudiants, syndicats, anciens Gilets jaunes et habitants s’étaient retrouvés pour une mobilisation aux revendications multiples. Si une grande partie du cortège a défilé pacifiquement, des affrontements ont opposé certains manifestants aux forces de l’ordre. Selon le bilan de la préfecture, six commerces ont été dégradés et pillés, des abribus et un véhicule de police municipale endommagés, et une vingtaine de conteneurs incendiés. Un policier national et un policier municipal ont été blessés. Dimanche soir, le parquet faisait état de 27 personnes interpellées et placées en garde à vue, dont neuf mineurs.  

Défendre la République 

Dans plusieurs villes de France, les violences et attaques contre des bâtiments publics ont poussé l’AMF à appeler à défendre les institutions en se rejoignant devant les mairies, partout dans le pays. 

À Perpignan, l’appel a aussi été entendu par l’opposition au maire RN Louis Aliot. Agnès Langevine, conseillère municipale, retient « le niveau de violence », mais aussi « le niveau d’impréparation » des forces de l’ordre, samedi. À Perpignan, où elle dit avoir assisté aux premiers affrontements, elle décrit des individus vêtus de noir, qui étaient « là pour en découdre », loin des revendications des manifestants. À l’approche de la présidentielle, elle appelle partis, élus et syndicats à préserver « un temps de débat démocratique, constructif, apaisé et utile ».

À ses côtés, Frédéric Monteil, également élu d’opposition, est venu défendre « les fondamentaux des valeurs républicaines », « indépendamment de l’occupant de la mairie de Perpignan ». Il distingue les revendications des lycéens et citoyens des actes de pillage, sans revendication politique à ses yeux. 

« Les casseurs et les pilleurs, c’est 1 % de l’ensemble des cortèges », estime-t-il. Hors de question, pour lui, d’oublier les manifestants pacifiques. Il invite ainsi à s’interroger sur « le niveau de désespoir » d’une partie de la population. « Et ce n’est pas la non-réponse présidentielle que nous avons eue hier soir qui va calmer les esprits », lâche-t-il en faisant référence à l’allocution télévisée du président de la République, Emmanuel Macron, dimanche soir, depuis l’Elysée. 

Au-delà des partis et « pour les valeurs républicaines » 

Dans l’assistance, Isabelle et Ariane n’ont pas fait le déplacement pour soutenir la municipalité RN. Elles sont venues défendre les symboles républicains et la démocratie, au-delà des étiquettes partisanes. Pour Isabelle, les destructions du week-end constituent « une atteinte aux valeurs de la République ». Elle s’inquiète de « l’instrumentalisation des jeunes sur les réseaux sociaux », tout en reconnaissant que « la République a laissé de côté » des pans entiers de la population. « Mais il existe des voies démocratiques pour exprimer sa colère », insiste-t-elle. « On ne peut pas tout casser ». 

Ariane, Perpignanaise, entend les motifs de mécontentement, comme « le travail qui n’est pas reconnu, les étudiants sans débouchés, les Français qui se sentent méprisés ». Elle refuse néanmoins que ces revendications légitimes soient confondues avec les violences commises en marge des cortèges. Elle déplore une « France clivée », où « le débat semble devenu impossible entre deux extrêmes ». Si elle s’est rendue devant une mairie dirigée par le RN, « c’est pour les valeurs républicaines, pas pour son maire ». 

Le temps d’un rassemblement, le refus de la violence a dépassé les clivages politiques.

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Sébastien Leurquin