Recrut’Tour Police sur le Tour de France l « On ne vend pas du rêve, on suscite les vocations »

Exercice Prise en charge de nombreuses victime en milieu scolaire Mai 2019 Perpignan

Alors que vient de s’achever le Tour de France sur la victoire de Tadej Pogacar, nous avons interviewé Samuel Carteau, officier de communication de la police nationale lors de l’étape Cérétane du Tour 2021. La 15ème étape s’est tenue le 11 juillet entre la ville de Céret et l’Andorre. 191 kilomètres de montagne qui ont vu la victoire de Sepp Kuss.

Selon Samuel Carteau, « le Tour de France et la Police partagent un certain nombre de valeurs. Dans la police, comme au sein d’une équipe cycliste, on ne fait qu’un. On travaille en solidarité entre les équipiers et le leader. Et puis pour être policier, il faut aussi avoir la fibre sportive ».

Recrut'Tour Céret
Recrut’Tour Céret – Credit Police Nationale

♦ Quel est le rôle de la police sur le Tour de France ?

Nous sommes présents tout au long du Tour de France. Du départ de Brest jusqu’à l’arrivée à Paris. Et nous effectuons plusieurs missions. Déjà celle de sécurisation. En zone police, (NDLR En zone gendarmerie, ce sont les gendarmes qui prennent la main), un commissaire de police gère et coordonne les différents effectifs présents. Il y a différents niveaux de sécurisation, dans chaque ville départ ou arrivée, avec des renforts pour assurer la sécurité, mais aussi la circulation aux abords. Il y a aussi des effectifs dédiés, dont une compagnie complète de CRS (250 policiers). Ils assurent le jalonnement sur les 300 ou 400 derniers mètres avant l’arrivée de l’étape. Et ce, afin d’éviter que le public puisse s’insérer sur la route et ne provoque un accident. Au sein de la caravane, nous avons aussi 3 véhicules sérigraphiés Police. Pour anticiper les problèmes, éviter un public parfois agité ou qu’il n’y ait un accident avec le public qui souhaiterait récupérer les goodies jetés par la caravane. En tout et pour tout, 7.000 policiers ont été engagés sur le Tour de France.

♦ La spécificité de l’étape Cérétane est la frontière avec l’Andorre ?

En fait, c’est le même fonctionnement que durant l’ensemble du parcours sportif. Ce sont les organisateurs du tour qui gèrent tout le périmètre de la course, qu’il soit en France ou en Andorre. Ils s’organisent avec les autorités andorranes, et c’est la police andorrane qui prend le relais de la police française, pour les accès notamment. C’est un peu comme un stade qui se déplace. L’organisateur gère les personnels à l’intérieur et les autorités des lieux gèrent les accès, les filtrages etc.

♦ Comment le public qui suit la caravane accueille les policiers qui recrutent ?

On a quand même un bel accueil, parce que nous sommes intégrés à un événement festif. Nous sommes partenaires officiels du tour, ce qui nous permet d’avoir un camion podium et d’accueillir le public sur le village du tour. Nous allons à la rencontre de la population pour faire la promotion des nombreux métiers qui existent au sein de la police. Cela va de l’enquêteur, au maître-chien en passant par l’investigation numérique, la brigade fluviale, le RAID, la police scientifique, sans oublier les métiers du maintien de l’ordre. En tout, il existe plus de 100 métiers au sein de la police. Nous sommes, en ce moment, en pleine campagne de recrutement. Pas moins de 7.500 postes sont à pourvoir au ministère de l’Intérieur. Dont 3.500 postes de gardien de la paix.

Globalement, les gens que l’on rencontre ont quand même une image positive de leur police, ils sont bienveillants à notre égard et nous encouragent pour mener à bien nos missions quotidiennes. Depuis le début du tour, j’ai quand même l’impression qu’on a réussi à casser un peu une certaine image négative du métier.

https://twitter.com/PoliceNationale/status/1417460109010214946

♦ « C’est un métier passionnant et multiple »

Les jeunes que l’on rencontre sont plus intéressés par les différentes facettes des métiers de la police que pas les risques du métier. Ce sont des métiers qui offrent de nombreuses possibilités d’évolution. Et puis au final, ce n’est pas si mal payé pour la fonction publique. Quand vous rentrez à l’école, vous touchez déjà un salaire net de 1.400€. Ensuite, les premières années en tant que gardien de la paix, le salaire est de 2.000€ net. Oui, c’est un métier à risque, mais quand on a 18 ou 20 ans et qu’on arrive en école de police et qu’on touche 1.400€ par mois, je trouve que c’est plutôt encourageant. Sans oublier la sécurité de l’emploi et ça parle à certains des jeunes qui viennent nous voir.

Manifestation contre la réforme des Retraites 9 janvier à Perpignan. Appel intersyndical et interprofessionnel
Manifestation contre la réforme des Retraites 9 janvier à Perpignan. Appel intersyndical et interprofessionnel

♦ « Clairement, on ne vend pas du rêve ! »

L’idée n’est pas de recruter à tout prix, mais de donner une image concrète de ce que sont les métiers de la police. On préfère avoir un message honnête et sincère. Notre objectif n’est pas de nier les difficultés des métiers de la police. On essaie vraiment de leur faire comprendre, aussi grâce à nos parcours et nos expériences personnelles, que c’est un métier potentiellement dangereux, mais passionnant. Tout comme celui de pompier ou de gendarme. Mais nous avons aussi des valeurs qui nous rassemblent, comme le sens du service public. C’est sur ces valeurs là que l’on insiste. C’est un métier très enrichissant et passionnant, mais qui demande un réel engagement. Il faut avoir la vocation, mais il n’est nullement question de cacher les difficultés ou de faire miroiter une image idyllique. Mais au final, peut-on dire qu’il existe un métier parfait ? Celui-là ne l’est pas, mais il a beaucoup d’avantages, il faut juste ne pas se tromper sur son orientation.

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