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Sous contrôle renforcé du rectorat, l’université de Perpignan menacée de mise sous tutelle

Front'hier et aujourd'hui : Une journée pour vulgariser les savoirs scientifiques à l'Université de Perpignan

Article mis à jour le 13 mai 2026 à 11:35

Le rectorat a décidé de mettre l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) sous contrôle renforcé. S’ouvre désormais une période durant laquelle sont étudiées les mesures d’austérité qui permettraient à l’établissement d’assainir ses finances et surtout réduire sa masse salariale. Les instances et l’université vont tenter de mettre en place un plan de retour à l’équilibre. Sans rétablissement, une mise sous-tutelle serait même envisagée. Du côté des personnels, l’inquiétude s’amplifie.

Ce 12 mai, le président Yvan Auguet a convoqué une assemblée générale à laquelle plus de 400 personnels ont répondu présent. Et le 5 juin prochain, c’est le conseil d’administration de l’UPVD qui doit voter un plan de retour à l’équilibre. Si l’état de la trésorerie est correct, c’est au niveau de la masse salariale que l’université doit faire un effort. En effet, un décret de décembre 2025 prévoit que le ratio des salaires (par rapport au budget) doit être de 83%, l’UPVD affiche un taux de 85,7%.

L’université de Perpignan entre en phase « d’austérité + + + »

Parmi les personnels présents à l’assemblée générale, une enseignante s’inquiète. « Nous passons en phase d’austérité + + +. (…) En France, 21 universités sont déjà sous contrôle renforcé ». L’enseignante dénonce « l’étranglement du service public de l’enseignement supérieur. (…) À Perpignan, depuis deux mois, la gouvernance travaille sur les conditions d’un retour à l’équilibre financier. Les mesures envisagées auront inévitablement un impact sur les conditions de travail et d’enseignement », déplore cette enseignante. Un autre personnel, non enseignant appelle quant à lui à : « une mobilisation de tous, un besoin de cohésion, de lucidité et de travail collectif pour traverser cette période ».

Lors de l’Assemblée générale, si la présidence martèle qu’elle souhaite préserver les postes, plusieurs mesures pour réduire la masse salariale ont été évoquées : campagne de recrutement gelée, idem pour les revalorisations ou primes, mais aussi réduction du volume des heures pour la prochaine offre de formation de 2028.

La gouvernance a fait adopter à l’unanimité une motion dénonçant « les contraintes iniques qui visent le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ». Pour le syndicat le syndicat SNESUP-FSU, ces mesures auront des « impacts délétères sur les équipes, mais aussi sur les étudiants et pour la qualité d’offre que nous nous efforçons d’offrir chaque année ». Selon le syndicat, le rectorat a publié un rapport de 19 pages, et déplore une menace de mise sous tutelle alors que l’établissement n’est pas en déficit.

La communauté de l’UPVD compte 480 enseignants-chercheurs et 440 personnels administratifs et techniques. L’université s’étale sur 15 sites et compte 9 500 étudiants dont 1600 étudiants internationaux.

Contacté, le président n’a pas répondu à nos sollicitations.

Lyon 2, Rennes… l’ensemble des universités de France pourraient être en déficit en 2026

Comme le décryptent nos confrères de Médiacités, le conseil d’administration l’université de Lyon 2 a déjà voté un plan d’austérité qui prévoit 4 millions d’économies, dont 3 millions sur les personnels et 1 million sur le contenu des formations. Au-delà de la coupe budgétaire, le plan prévoit également une hausse conséquente des frais d’inscription des étudiants extra-européens qui pourrait augmenter les recettes de 3 millions par an. En avril 2025, c’est l’université de Rennes 2 qui votait le même type de plan d’austérité.

Lors d’un entretien récent accordé à Ouest-France, Lamri Adoui, président de l’université de Caen-Normandie et de France Universités, alertait : « L’ensemble des établissements pourraient être en déficit prochainement, d’un milliard sur l’année à horizon 2027 ».

Le 9 janvier 2026, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur ouvrait les assises qui allaient permettre « d’objectiver la situation financière des universités ». Le ministre déclarait qu’il fallait « renforcer durablement la confiance entre l’État et les universités et éclairer des choix responsables, compatibles avec nos ambitions académiques comme avec nos engagements en matière de finances publiques ».

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