Les sécheresses et inondations ne s’arrêtent pas à la frontière franco-espagnole. Ce mercredi 15 avril, un projet transfrontalier nommé Gestrac a été lancé entre les Pyrénées-Orientales et la Catalogne sud. L’objectif : mettre en commun les connaissances des acteurs de part et d’autre de la frontière et organiser un suivi commun.
Le syndicat mixte des nappes de la plaine du Roussillon et la Junta Central d’Usuaris d’Aigua del Baix Ter, à Gérone ont acté la coopération. Leurs présidents respectifs, Nicolas Garcia côté français et Jordi Colomí, côté espagnol, ont salué le programme « d’amélioration de la gestion de l’eau souterraine entre les usagers à travers des échanges transfrontaliers catalans », nommé Gestrac.
Même climat, même tracas
« L’idée est née de la sécheresse de 2023, que nous avons vécue ensemble, en Catalogne nord et sud. Nous partageons les mêmes problématiques de territoire et cela a les mêmes conséquences économiques », détaille Nicolas Garcia, vice-président du Conseil départemental chargé de l’eau et des projets transfrontaliers.
« La reconnaissance d’un lien transfrontalier ne se fait pas que sur des évènements culturels, elle se fait aussi avec des pratiques citoyennes », ajoute-t-il.
La Junta réunit une quarantaine de villes et environ 1500 adhérents, représentant des usagers poursuit Jordi Colomí. « La plaine de Baix-Ter est l’une des plus inondables de la Catalogne. Cette année nous avons tous souffert des inondations brutales. Un projet comme celui-ci permettra de développer des outils numériques et méthodologiques pour suivre l’évolution des niveaux phréatiques, et de la qualité de l’eau pour prendre des mesures de prévention. » Pour Emilie Barthes, du syndicat mixte des nappes du Roussillon, il y a beaucoup à apprendre de la Junta. À commencer par le lien direct qu’elle cultive avec ses usagers.
Des rencontres entre les campings, les agriculteurs et les collectivités de chaque côté de la frontière
Le projet Gestrac se décline en deux volets. D’abord des rencontres transfrontalières organisées par la Junta. Les secteurs de l’agriculture, du tourisme et les collectivités locales seront chacun conviés à deux réunions. « Les campings du Nord et du Sud partagent les mêmes problématiques, il est important qu’ils puissent échanger sur des techniques permettant de réelles économies d’eau », explique Hichem Tachrift, directeur du syndicat des nappes du Roussillon. Ces six rendez-vous auront lieu d’ici décembre 2027.
Un suivi numérique commun pour faire face aux sécheresses
En parallèle, le Gestrac permettra aussi le développement d’outils numériques. « Ils pourront avoir un impact réel sur la gestion , se réjouit Hichem Tachrift. On prévoit des modélisations centralisées sur la ressource en eau. » Ces données pourraient permettre de prévoir davantage l’évolution de la ressource à long terme. D’abord dans un contexte de dérèglement climatique, ou à court terme, en cas de sécheresse par exemple.
Le budget de ce projet financé dans le cadre des projets européens de coopération transfrontalière Poctefa est d’un peu moins de 150 000 euros, pour deux ans de travaux communs. « Il faut qu’on continue à se voir régulièrement que les techniciens se rencontrent. On n’est pas en concurrence. Il faut partager nos expériences, sans arrêt », prêche Nicolas Garcia, appelant à coopérer plutôt qu’à se préparer à la guerre de l’eau.
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