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Vidéo. À Perpignan, l’élue d’opposition Annabelle Brunet fait un « salut nazi » en conseil municipal

Article mis à jour le 18 juin 2026 à 19:00

Lors du conseil municipal de Perpignan du mercredi 17 juin, la conseillère d’opposition Annabelle Brunet a effectué un geste s’apparentant à un salut nazi lors d’un vote. Un geste dénoncé par le maire RN, Louis Aliot, qui a diffusé une vidéo. L’opposition évoque un « écran de fumée » et cible le maire.

Décidément, le nazisme est en vogue à Perpignan. Après l’affaire du tatouage SS sur le bras d’un agent de la ville (par ailleurs ancien colistier du maire Louis Aliot), c’est au conseil municipal qu’une conseillère d’opposition, Annabelle Brunet, a effectué un salut nazi lors du vote d’une délibération. Un geste qu’elle effectue hilare, sous le regard amusé de ses colistiers Frédéric Monteil et Yves Guizard. Les images, diffusées par la mairie de Perpignan, sont issues des caméras de la ville qui permettent la diffusion en direct du conseil municipal.

Le RN appelle à la démission, l’opposition nie

Dans un communiqué, Louis Aliot et le conseil municipal « condamnent avec la plus grande fermeté » et « avec un sentiment mêlé d’effroi et d’absolue consternation » ce salut nazi. L’émission animée par le site d’extrême droite Frontières et diffusée sur Cnews s’est emparée de l’affaire. Louis Aliot lui a accordé une interview avant même la sortie de son communiqué. Dans cet entretien il fustige « des gens irresponsables ». Auprès de Made in Perpignan, Louis Aliot confirme demander la démission d’Annabelle Brunet du conseil municipal.

Si Louis Aliot se montre rapide et véhément pour dénoncer le geste de son opposition, il n’avait en revanche pas réagi officiellement à la révélation de l’affaire du tatouage SS.

Jointe également, Annabelle Brunet n’a pas répondu. Elle s’est en revanche exprimée au travers d’un communiqué. « Mon vote contre, comme celui de mes colistiers, a été exprimé avec fermeté et de façon appuyée. Je comprends qu’isolée de son contexte, l’image ait pu prêter à une lecture erronée », écrit l’élue.

« Je le dis sans ambiguïté : il s’agissait d’un vote d’opposition, rien d’autre. Mon engagement contre toute forme d’extrémisme, de discrimination et de discours de haine est constant et connu de tous ceux qui suivent mon action depuis des années ».

De son côté, Frédéric Monteil (par ailleurs directeur de cabinet de la socialiste Hermeline Malherbe, présidente du Conseil départemental), déclare dans un premier temps qu’il n’a « pas souvenir de salut nazi. Je ne vois pas ce qu’elle (Annabelle Brunet, ndlr) fait à côté de moi, parce que je regarde devant moi ». Après avoir vu la vidéo, il tente de nier l’évidence. « Ce n’est pas un salut nazi. C’est un vote contre appuyé, sur la délibération concernant la soumission des associations aux volontés de mise au pas de la mairie ».

La délibération en question conditionne le financement des associations à leur participation aux cérémonies patriotiques. Frédéric Monteil estime que l’utilisation, par la mairie de cette vidéo est « un écran de fumée de la part de Louis Aliot, sur tout ce qui s’est passé dans son conseil municipal ».

Signalement au procureur 

Agnès Langevine, encartée Place publique et qui était la co-tête de liste d’Annabelle Brunet lors des dernières élections municipales, pointe Louis Aliot. Contactée, elle déclare que « cette polémique n’est que diversion et contre feu à la révélation du tatouage nazi de son ancien élu RN et agent municipal ». Celle qui est aussi vice-présidente de la région Occitanie affirme également connaître « les convictions antifascistes d’Annabelle Brunet ».

Le maire de Perpignan entend de son côté porter l’affaire en justice. Il déclare son intention de faire un signalement au procureur de la République. Louis Aliot fait allusion à un précédent. En effet, en 2022, Rémy Rebeyrotte, député La République en marche (LREM) avait effectué un salut nazi en séance. Après des excuses, il avait écopé d’un rappel à l’ordre, premier niveau de sanction prévu par le règlement de l’Assemblée nationale.

LFI dénonce « une geste immonde » ; Perpignan Autrement « une stupidité condamnable »

Les réactions politiques se sont multipliées tout au long de la journée. Jeudi soir, La France Insoumise a rpis la parole a travers ses représentants locaux. « Annabelle Brunet s’est probablement crue inspirée en moquant les multiples affaires de Louis Aliot en effectuant cet ignoble geste », écrivent Hugo Roquere et Manuella Hallier, co-présidents des élu·es insoumis·es et citoyen·nes 66.

« Nous lui répondons qu’il est absolument déshonorant d’ironiser sur la mort de millions de personnes. À travers ce communiqué, nous enjoignons officiellement Annabelle Brunet à démissionner dans les plus brefs délais de ses fonctions de conseillère municipale ».

Perpignan Autrement s’est également fendu d’un communiqué. « Nous ne doutons pas des convictions anti fascistes d’Annabelle Brunet, déclarent Françoise Fiter et Mathias Blanc. Mais la stupidité du geste est condamnable. Tout dérapage est un cadeau fait à celles et ceux qui portent les idées contre lesquelles nous luttons. Nous ne cautionnons aucune minimisation des faits ».

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Sébastien Leurquin