Article mis à jour le 7 mai 2026 à 08:38
Ce mercredi 6 mai, une conférence de presse a dévoilé la pré-programmation de la 38e édition de Visa pour l’Image qui se tiendra du 29 août au 13 septembre 2026 à Perpignan. Plus que jamais, le festival de photojournalisme apparaît comme un symbole de l’information factuelle, à l’heure où l’indépendance des médias est questionnée et où le trucage ne requiert qu’un simple « prompt » sur un programme d’intelligence artificielle.
« Paradoxalement, la révolution de l’IA et ses conséquences sont peut-être la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver » écrit le directeur du festival Jean-François Leroy dans son édito. Il évoque en effet le besoin de l’IA d’obtenir des sources fiables et donc de s’appuyer sur des professionnels. A savoir, comme il l’écrit, les « vieux médias » et ce « vieux festival ».
Que reste-t-il de l’information indépendante ?
Si Jean-François Leroy n’était pas présent lors de la conférence, son équipe, les élus et partenaires du festival abondent dans ce sens. Les inquiétudes sont nombreuses et l’on soulève la question de la post-vérité et de ce vent mauvais qui souffle sur la profession. Beaucoup évoqueront les médias sous le joug d’entreprises, de politiques ou d’idéologies, et l’on donnera facilement les exemples américains en insistant sur un devoir de vigilance. Pour la France, le nom de Vincent Bolloré, milliardaire s’accaparant des médias français, ne sera cependant pas prononcé. Le maire de Perpignan Louis Aliot dira, à propos de Jean-François Leroy « malgré les divergences qui peuvent exister, qui sont bien normales, on est très attachés à son travail et à la manière dont il mène le festival. »
Visa pour l’Image se veut donc un regard sur le monde autant qu’une oeuvre de pédagogie sur l’importance d’une information au plus proche des faits. Pour la première fois, le festival inclura d’ailleurs une journée de « convention du photojournalisme » qui chercher à préserver ce métier toujours plus précaire. Autre nouveauté, des prix « Visa d’or online ». Ces quatre prix de 1500 euros seront lancés de manière dématérialisée pour donner des coups de pouce à des photographes, confirmés ou non. Tous prix et bourses confondus, 133 000 euros récompenseront les travaux.
Enfin l’équipe du festival a annoncé sa recherche d’un reportage sur les évènements iraniens récents. A ce stade, de telles images n’ont pas encore été dénichées.
Voici quelques-unes des expositions d’ores et déjà dévoilées, que l’on pourra découvrir gratuitement durant le mois de festival :
Laurent Ballesta : Loin du ciel
Recueil de dix ans de photographies sous-marines.
Raymond Depardon : Reporter photographe
Une rétrospective consacrée à ce photojournaliste majeur, avec de nombreux extraits de ses reportages.
Addulmonam Eassa : Guerre au Soudan, une nation prise au piège
Des photos de 2020 à 2025 sur l’effondrement de cette nation et l’une des pires crises humanitaires actuelles.
Jérôme Gence : Au Japon, les mariages virtuels
Le photojournaliste documente ces étonnantes cérémonies ou des Japonaises et Japonais épousent des personnages de fiction issus des mangas ou des jeux vidéo.
Diego Ibarra Sánchez : La dernière guerre Liban, 2015-2026
Une décennie de reportage sur ce pays épuisé par la guerre.
Jérémy Lempin : L’école de la vie, liberté, égalité, invisibilité
Un sujet sur l’illettrisme en France et en Guyane, les réalités méconnues de difficultés scolaires et fractures sociales.
Gred Ludwig : Pas de fin en vue, Tchernobyl 40 ans plus tard
Un reportage au long cours sur les zones irradiées entre 1993 et 2026, mais aussi sur les victimes des retombées radioactives.
Etienne Montès : Quinze ans de photos et basta !
Une belle rétrospective sur le travail du photojournaliste, qui est aussi vigneron dans les Aspres.
Paolo Reversi : L’odeur de l’Inde
Une esthétique particulière et un travail exceptionnel de la lumière pour ce reportage sur l’Inde.
Gaël Turine : Brisés par le kush
Un sujet choc sur une toute nouvelle drogue qui fait des ravages en Afrique.
Robin Tutenges : Fano’s Kingdom
La guerre en Ethiopie depuis l’insurrection de 2023.
Michael Yamashita : L’Orient rencontre l’Occident, 40 ans de photographie en Chine
Extraits d’une carrière entière, avec notamment des éléments de 16 grands reportages réalisés pour le National Geographic.
Mohammad Yassine : Liban, la guerre de trop
Ce reportage porte sur les évènements les plus récents au Liban, depuis les nouveaux embrasements de mars 2026.
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