Finale du concours d’éloquence : les candidats ont eu du savoir vivre face à la mort…

La grande finale du concours d’éloquence de la région grand sud a eu lieu à Perpignan ce samedi. Sous les yeux de plus de 150 personnes, les 2 candidats dont Julien Audier-Soria représentant l’Université de Perpignan et Baptiste Daligaux avançaient chacun leurs arguments pour répondre à la question « La mort est-elle un manque de savoir vivre ? ». Baptiste a brillamment remporté cette finale et participera au concours national d’éloquence. Ils s’affrontaient devant un jury prestigieux présidé par le « Mozart du Barreau », Marc Bonnant l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Genève. La petite finale opposant le bordelais Victor Janin à l’héraultais Alexandre Taboni était tout aussi exaltante.


Concours d'éloquence-Salle des Libértés
Concours d’éloquence-Salle des Libertés

Les candidats, citant avec aisance Schopenhauer, Robert Badinter, Joachim du Bellay mais aussi Gad Elmaleh, ont abordé leurs sujets sous un angle tantôt philosophique tantôt humoristique afin de capter l’attention des 150 personnes venues assister à ces joutes oratoires.

Des lauréats de « grand talent » de l’avis du jury et particulièrement de son président Marc Bonnant. Il a tenu tout de même à conseiller les futurs avocats promis a de brillantes carrières.

« Une parole prémédité est un crime ! La parole ne doit pas être ni lu ni mémorisée. Car le rythme de la parole n’est pas celui du celui de la lecture ». Un conseil que les 4 lauréats vont s’évertuer à mettre en pratique pour exceller dans l’art oratoire !

Une plaidoirie d’une dizaine de minutes sur un thème imposé dans lequel les candidats doivent démontrer leur adresse à manier la langue et à convaincre par les mots un jury rompu à l’exercice dans les prétoires. Après cette joute, chacun des candidats est soumis à des questions des jurés, questions ayant pour objectif d’apprécier leur capacité d’improvisation ainsi que de les aguerrir au métier d’avocat auquel ils se destinent.

La petite finale, « l’âge mur précède-t-il l’âge pourri » ?
Alexandre Taboni – Université Montpellier, vainqueur de cette joute défendait que l’âge pourri n’existe pas et que celui qu’on pourrait prendre pour un âge pourri n’est autre que « l’âge d’or, le meilleur des âges » . Après avoir rappelé que l’OMS définissait l’âge mûr entre 45 et 60 ans, et s’adressant au président du jury Marc Bonnant âgé de 71 ans :

« Si vous avez effectivement dépassé l’âge mûr au sens que vous avez plus de 60 ans, il est de toute évidence erroné que vous êtes dans l’âge pourri. En tout cas, si vous êtes en train de pourrir M. le Président, je veux bien pourrir comme vous »

Face à lui, Victor Janin représentait l’Université de Bordeaux. Malgré sa tentative de « corruption » de la salle en débutant son allocution par un « Visca Perpinyà », il n’a pas démérité en parvenant à mener sa plaidoirie (« l’âge mûr précédait bien l’âge pourri ») sans aucune note.

La finale, « la mort est-elle un manque de savoir vivre » ?
Baptiste Daligaux remporte, pour son université Aix-en Provence, le titre du meilleur orateur du concours d’éloquence grand sud. Il défendait « la mort n’est pas un manque de savoir vivre » et a su persuader le jury composé entre autres du procureur de la République de Perpignan et du Président de l’Université de Perpignan.

Julien Audier-Soria, étudiant en Master 2 avait précédemment remporté avec brio la finale de l’UPVD en répondant NON à la question « Ni Dieu Ni Maître« . Il tentait cette fois ci de défendre que « la mort est un manque de savoir vivre évident » en déclamant, avec une aisance évidente devant une salle pleine de supporter :

« La mort est sans savoir vivre, elle s’immisce partout,…, elle surgit à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sans prévenir…La mort ne demande jamais la permission de s’assoir à la table familiale en prenant la place d’un père, d’une mère ou d’un fils ».

Elle ne suit aucun des préceptes que sa mère, présente dans la salle, lui a appris « Respecte les gens Julien, soit poli, présenté-toi avant de parler, dis bonjour Julien, frappe avant d’entrer, excuse toi lorsque que tu causes du tort à autrui… »autant de marques de savoir vivre que la Mort ne suis jamais ! »

Le Mozart du Barreau, Marc Bonnant « l’éloquence est-elle morte ? »
Celui qui a 41 ans fut élu le plus jeune bâtonnier de l’Ordre des avocats de Genève. Pour sa maîtrise exceptionnelle de la rhétorique et ses références littéraires, Marc Bonnant est surnommé le Mozart du barreau et le Bossuet des tribunaux.

« L’éloquence est une violence, il y a vaincre dans convaincre. J’arrache à l’autre sa conviction, je l’arrache aux préjugés. L’éloquence est une violence et que notre temps est un temps pacifié. Notre temps est au consensus la position médiane et c’est un Suisse qui le dit ! »

Marc Bonnant-Le Mozart du barreau
Marc Bonnant-Le Mozart du barreau

Baptiste Daligaux défendra les couleurs de la région grand sud lors du concours d’éloquence national qui se tiendra dans le courant du mois de mai 2017.

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