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Alerte générale pour les commerces de centre-ville à Perpignan

Plusieurs enseignes emblématiques de Perpignan ont fermé et annoncé leur disparition. Cette semaine, différents acteurs économiques ont exprimé leur désarroi. À l’approche des fêtes de fin d’année, les institutions annoncent des mesures concrètes pour tenter d’enrayer la crise.

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Les rideaux sont baissés et certains ne remonteront pas. En juillet, le Grand Café de la Paix, place Arago, fermait définitivement. Le 30 octobre, le Grand Café de la Poste, au pied du Castillet, était placé en liquidation judiciaire. Cinq jours plus tard, le tribunal de commerce prononçait celle du Petit Moka, place de la République. Trois cafés historiques rayés de la carte en quatre mois.

Et la liste s’allonge. IKKS Junior et Levi’s, ont annoncé leur départ. Tandis que Longuépée, enseigne de chaussures installée depuis 1984, fermera en janvier, à moins de trouver un repreneur. À quelques semaines de Noël, période décisive pour les commerçants, ces fermetures en cascade inquiètent. 

Les Galeries Lafayette et la Fnac montent au créneau

Le signal est inhabituel. Les Galeries Lafayette (prises pour cible lors des violences du 17 octobre) et la Fnac, deux locomotives du centre-ville, ont publié un communiqué commun, le 5 novembre, pour interpeller la Ville, Perpignan Méditerranée Métropole, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) ainsi que Sankéo (le réseau de transport en commun de la communauté urbaine). Les deux groupes  réclament des mesures pour relancer la fréquentation, à travers cinq demandes concrètes.

Ils souhaitent une communication élargie sur la gratuité des parkings de surface le samedi, « trop peu connue », ainsi que « le maintien du trafic des bus Sankéo en centre-ville, en particulier le samedi ». Ils plaident aussi pour une communication positive sur les promenades en ville, davantage d’animations et l’installation des chalets de Noël dans les délais habituels. Les deux enseignes annoncent qu’elles ouvriront les six dimanches du 22 novembre au 27 décembre.

Du côté des cafés et restaurants, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH 66) dénonce également la disparition d’établissements historiques.

« Un pays sans cafés, c’est un musée », déplore son président, Brice Sannac.

Selon le syndicat, les difficultés des cafés et restaurants s’expliquent par la baisse de fréquentation du centre-ville, la hausse des charges salariales et la concurrence d’établissements qui ne respecteraient pas les mêmes obligations réglementaires. L‘UMIH réclame ainsi un allègement du coût du travail et davantage de contrôles pour lutter contre cette concurrence jugée déloyale. À Perpignan, il propose également la création d’une cellule de veille associant la Ville et le tribunal de commerce pour repérer et accompagner les établissements en difficulté avant qu’il ne soit trop tard.

Huit dimanches d’ouverture pour sauver les fêtes

Dans le courant de la semaine, différentes institutions se sont exprimées. Laurent Gauze, président de la CCI des Pyrénées-Orientales, annonce le lancement d’une campagne de communication pour encourager les achats en centre-ville. Prévue avant fin novembre, elle comprendra des actions numériques en Espagne, des insertions dans la presse à Gérone et de l’affichage dans l’agglomération perpignanaise.

De son côté, la préfecture a aussi autorisé l’ouverture des commerces les dimanches 8 et 15 novembre, pour « compenser les difficultés rencontrées au cours des derniers week-ends d’octobre ». Ces deux dates s’ajoutent aux six dimanches déjà prévus par arrêté municipal, les 22 et 29 novembre et les 6, 13, 20 et 27 décembre. Au total, les commerces pourront donc ouvrir huit dimanches consécutifs d’ici à la fin de l’année.

Louis Aliot annonce un plan d’urgence

Le maire (RN) de Perpignan, Louis Aliot, a lui aussi présenté un plan municipal d’urgence. L’édile promet de renforcer la sécurisation du centre-ville, les campagnes de promotion et les plages de stationnement gratuit. Il confirme le maintien du marché de Noël, des animations et des transports urbains, sauf interdiction préfectorale liée aux mouvements sociaux. Le maire met ainsi en cause les manifestations répétées du samedi et affirme avoir demandé au préfet de les interdire dans les artères commerçantes. 

Louis Aliot reconnaît néanmoins des difficultés plus anciennes. Il mentionne notamment des loyers élevés, la concurrence du commerce en ligne et la multiplication des zones commerciales périphériques. 

À plus long terme, la Ville et la communauté urbaine (PMM) envisagent de créer une foncière immobilière. Cette structure permettrait d’acheter des locaux commerciaux pour les proposer ensuite à la location à des tarifs plus accessibles. La mairie et PMM souhaitent également limiter l’implantation de nouvelles zones commerciales en périphérie et réactiver la taxe sur les locaux commerciaux vacants. Enfin, Louis Aliot prévoit de renforcer la promotion numérique du centre-ville et demande à l’État d’y créer une zone franche fiscale.

Des dispositifs déjà engagés depuis plusieurs années

La mobilisation n’est pas nouvelle. En 2023, la municipalité avait déjà organisé les Assises du commerce. Un office du commerce et de l’artisanat a depuis été créé pour accompagner les porteurs de projets. En 2024, elle mettait en avant l’acquisition de 25 cellules commerciales rue des Augustins et la préemption de cinq commerces rue de la Cloche-d’Or pour lutter contre la vacance. De son côté, la CCI a lancé en juin 2026 le programme « Priorité Commerce » pour accompagner les commerces de proximité.

Malgré ces initiatives, les fermetures se poursuivent et interrogent sur l’efficacité des dispositifs engagés et leur capacité à maintenir les commerces historiques dans le centre-ville.

Une crise qui dépasse Perpignan

Le phénomène est loin d’être uniquement local. Selon la fédération Procos, qui représente le commerce spécialisé, le chiffre d’affaires en magasin a reculé de 6,9 % en septembre 2026 par rapport à septembre 2025. L’habillement plonge de 17,6 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, la baisse atteint 3,3 % tous secteurs confondus. Des chiffres qui témoignent des difficultés persistantes du commerce physique, bien au-delà de Perpignan et des Pyrénées-Orientales.

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Sébastien Leurquin