Aller au contenu

21 fermetures, 7 ouvertures, la carte scolaire officiellement adoptée : « C’est du bricolage » dénoncent les syndicats

Article mis à jour le 15 avril 2026 à 20:02

La directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) revendique un projet à la hauteur du département et de ses enjeux. La carte scolaire pour la rentrée 2026 a été validée ce mercredi 15 avril. Les syndicats regrettent un projet qui entérine une école publique revue à la baisse.

« On ne détériore pas l’école avec ce plan. » La Dasen, Anne-Laure Arino, et Hervé Hecklen, adjoint en charge des écoles, ont tenu à défendre la justesse de la carte scolaire. Alors que le projet pour la rentrée 2026 avait été rejeté à l’unanimité par les syndicats, un comité social d’administration de repli était organisé ce mercredi 15 avril. Les négociations se sont conclues sur 21 fermetures de classe et 7 ouvertures dans les Pyrénées-Orientales.

3 000 élèves en moins en 10 ans, 5 000 pertes prévues

Des fermetures « lucides » selon la Dasen au vu de la baisse démographique du département. « On a perdu 3 000 élèves en 10 ans, et on prévoit d’en perdre 5 000 de plus sur les 10 prochaines années. » Conséquence : sept classes de maternelles sont fermées sur le département. Sont touchées les écoles d’Arles-sur-Tech (Jean Moulin), de Saint-Nazaire (Les Mouettes), Perpignan (Claude Simon, Pont Neuf, Lamartine, Blaise Pascal) et du Soler (Françoise Dolto).

Au niveau élémentaire, à partir de la classe de CP, 14 classes seront fermées. Parmi elles, Estagel (Etienne Gony), Torreilles (Jules Verne), Saint-Hippolyte (Roger Torreilles), Céret (Pablo Picasso), Alenya (Françoise Lopes Girona), Elne (Joseph Néo), Perpignan (Pasteur Lamartine, Ludovic Massé), Ille-sur-Têt (Paul Langevin), Prades (Jean Petit), Cerbère (Jean Jaures), Saint-Estève (Torcatis), Latour-de-France (Simone Veil) et Maury, seule école faisant partie de l’observatoire des dynamiques rurales a subi une fermeture.

21 élèves par classes : un taux d’encadrement « raisonnable » mais inégal

Malgré ces fermetures, la moyenne d’élèves par classe continue de baisser selon la représentante de l’éducation nationale dans les Pyrénées-Orientales. Elle prévoit un taux d’encadrement d’à peine plus de 21 élèves par classe à la rentrée. Mais derrière les chiffres globaux se cache une grande disparité. Pour Eloïse Chenus, responsable de la carte scolaire pour le syndicat UNSA, les prévisions du nombre d’élèves par classe restent « raisonnables », restant souvent en dessous des 25 élèves par classe. Seule l’école de Claude Simon atteint presque les 26.

La création de neuf pôles d’appui à la scolarité rejetée par les syndicats

« C’est pas scandaleux, mais on vote la globalité du projet », ajoute la syndicaliste. Car pose aussi problème la création de neuf pôles d’appui à la scolarité dédiés à l’inclusion des élèves, sans création de postes. Si la Dasen revendique l’ambition de son projet avec la création d’un dispositif d’autorégulation dédié aux enfants atteints de troubles du spectre autistique ou encore d’un poste de coordinateur d’éducation physique et sportive, ce n’est pas suffisant pour les syndicats.

« C’est du bricolage. On racle les fonds de tiroir », argue Enora Yaouanc, de la fédération FO de l’enseignement.

Elle demande des ouvertures massives sur le territoire. « La Dasen fait tout ce qu’elle peut mais elle n’en a pas les moyens. » À noter que pour la première fois, le département a été doté négativement en termes de postes dédiés à l’Éducation nationale cette année. Si Anne-Laure Arino garantit qu’en septembre, lors de l’arrivée des effectifs, aucune classe ne sera fermée même en cas de petite classe, et que des postes temporaires seront créés en cas de classes dépassant les 29 élèves, la syndicaliste en doute. « Avoir une attention particulière, c’est bien, mais cela ne garantit rien sans moyens. »

La réalité démographique frappe cette année de plein fouet le système scolaire des Pyrénées-Orientales. Si les fermetures semblaient inévitables, une partie des établissements méritait davantage d’attention selon les syndicats. Plus qu’une négation de la baisse du nombre d’élèves, ils s’opposent à un projet, qui, dans sa globalité, ne répond pas au devoir d’égalité et d’inclusivité de l’école.

Participez au choix des thèmes sur Made In Perpignan

Envie de lire d'autres articles de ce genre ?

Comme vous avez apprécié cet article ...

Partagez le avec vos connaissances