Catana – Portrait d’entreprise du constructeur naval catalan

À l’occasion de la sortie prochaine du tout nouveau modèle de catamaran de croisière Bali 5.4, Olivier Poncin nous a reçu et guidé au cœur du chantier naval de Canet en Roussillon. Le numéro 4 mondial du secteur base son développement sur les modèles Bali, milieu de gamme très innovant adapté au croisiériste,  ainsi que sur le Catana, modèle de grand voyage luxueux. Un carnet de commandes étoffé permettant d’envisager une expansion de 2 000 M2 du chantier naval de Canet en Roussillon et près de 50 embauches dès la rentrée 2018.

♦ Objectif : élargir le marché potentiel

“Avec le Catana, on était dans un marché de micro-niche” précise l’ingénieur de formation. Des bateaux, dont certains d’entre eux ont de nombreux tours du monde à leur actif, contruits pour passer le Cap Horn avec un niveau de sécurité très poussé, précise Olivier Poncin. Un marché au potentiel limité, pas plus d’une centaine d’unités à travers le monde.
A l’écoute “des clients qui n’aspirent pas à faire de grands voyages ou à affronter des mers de 10 mètres de haut, mais et qui veulent faire des croisières confortables en famille ou avec des copains”, Olivier Porcin s’est ouvert à un marché nettement plus large. “Dans la profession, on estime le marché du catamaran entre 1 100 à 1200 unités par an. Or dans ces 1 200 bateaux, il y 85% de grand public, comme les Bali et seulement 10 à 15% de clients pour le Catana”.

Joachim Jimenez, responsable qualité du site de Canet en Roussillon, nous précise que les techniques sont les mêmes. Seuls certains matériaux différent entre les deux gammes de catamarans. Sur le Catana, il y aura plus de carbone que sur le Bali confie-il.

♦ De l’innovation dans la conception pour se démarquer de la concurrence

Quand Olivier Poncin et ses équipes ont décidé d’investir ce nouveau marché déjà bien occupé par ses concurrents, il a bien fallu “fallu trouver quelque chose de différent pour espérer percer et prendre des parts de marché”. Pour se démarquer de ses compétiteurs connus, au réseau fourni et à la clientèle fidèle, l’idée à été “de fabriquer des bateaux qui aient une autre approche différente au niveau de gestion des espaces et confort. On s’est dit démarquons-nous ! C’est là qu’est né le concept Bali”. 

Les innovations pour le confort à bord :

  • Un espace de vie open, rendu possible grâce à une porte basculante
  • Cockpit avant et bain de soleil à la place du traditionnel trampoline des catamarans
  • Cockpit arrière avec panneau basculant
  • Capacité d’eau et de gasoil considérablement augmentée. Une plus grande autonomie qui améliore la vie au quotidien des plaisanciers. Olivier Poncin illustre son propos par la demi-journée de navigation perdue pour faire le plein à la pompe. Le Bali 5.4 a une capacité de stockage de 1 200 litres d’eau douce et autant pour le carburant.
  • Réfrigérateur de 615 litres contre 150 à 200 litres pour ses concurrents.

Les innovations en perspective : “On a des idées plein la tête ! Nous travaillons également avec un bureau d’étude et notre cellule Recherche et Développement réfléchit en permanence à des innovations pratiques”. En ce moment, le constructeur travaille sérieusement sur la domotique et la gestion à distance des niveaux, de la température ou du bon état de fonctionnement de tout l’équipement du bateau. Le tout dirigé commandé à distance grâce à son smartphone. Catana est actuellement en phase de test et lancera un prototype en novembre ou décembre 2018 pour un équipement en série sur le prochain exercice.

♦ Les perspectives d’expansion ?

Après avoir embauché plus de 200 personnes, dont 50 sur le site de Canet en Roussillon grâce au lancement de la nouvelle gamme Bali en 2015, le groupe Catana est à nouveau en phase de recrutement. “Selon le nombre de mètres carrés que nous arriverons à négocier avec les responsables de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), nous en embaucherons 50 de plus dès cet automne” précise Olivier Poncin. “Nous sommes un groupe installé en Occitanie, nous aimerions être capables de grossir et pas seulement sur nos autres sites. Pour cela, il nous faut une oreille attentive des politiques, pour nous faciliter l’extension dans une zone très touristique et où les mètres carrés industriels ne sont pas pléthores.

Il nous faut 2000 M2 très rapidement, et ça ne se trouve pas sous le pied d’un cheval !” déclare le responsable de Catana. “Si nous voulons construire des bateaux, il nous faut de la place et des employés pour les fabriquer. Nous sommes en négociation avec la métropole mais aussi avec la région qui a la compétence économique”. “Si nous n’y parvenons pas à Canet, nous le ferons ailleurs, sur l’un de nos autres sites” prévient-il. En effet Catana pourrait “figer sa taille [à Canet] par rapport à d’autres endroits ou l’on ferait de la croissance si on ne trouve pas les moyens intelligemment”.

Se voulant rassurant, Olivier Poncin déclare “Nous avons eu une réponse et une écoute favorable de nos élus et aussi de nos élus régionaux. Ils ont envie que Catana reste principalement centré sur les Pyrénées-Orientales en nous donnant les moyens de nous étendre, en nous donnant les facilités administratives. Est-ce que l’on aboutira ? Olivier Poncin de répondre : “Si vous devez payer 100 pour un bâtiment à La Rochelle et 200 pour le même bâtiment ici, ça pose un problème économique. Donc il faut regarder, ajuster, comment peut-optimiser, arriver à faire en sorte que cela ne soit pas plus compliqué de fabriquer des bateaux ici qu’à La Rochelle ou dans un autre pays. Nous avons envie que Catana Canet reste l’endroit le plus fort du groupe. Nos élus, sont responsables et ont pris la mesure de la nécessité qui est la nôtre”.

♦ Manque de personnel opérationnel et formé

Faute de personnel formé, l’entreprise va devoir mettre en place des heures supplémentaires pour ses équipes en poste. Très critique à l’égard du système de formation actuel, Olivier Poncin dénonce un manque de concertation, de dialogue entre les établissements scolaires, et les entreprises. A tel point que selon lui, “le système va former des gens dans une filière sans débouchés alors que nous manquons cruellement de menuisiers, monteurs, stratifieur… Nous avons des jeunes qui nous disent qu’ils veulent apprendre la mécanique mais il faut les former. Et le souci avec la formation, c’est que c’est compliqué, une entreprise qui a un beau carnet de commande ne peut se permettre de passer un tiers de son temps à former les nouveaux ! En Allemagne par exemple, l’apprentissage est très efficace mais le système français n’est pas efficace”

Catana pourrait se lancer dans la formation à l’instar de l’entreprise EAS de maintenance aéronautique qui avait lancé un institut de formation pour disposer de personnel expérimenté et formé à ses besoins. Une formation intégrée à l’Institut Aéronautique Amaury de la Grange. “Pour pallier à nos difficultés d’embaucher du personnel de qualité, nous devons agir. L’une des missions du nouveau patron de cette usine est d’organiser et de préparer la formation alternative en partenariat avec des organismes existants de façon à les aiguiller pour qu’ils répondent à nos besoins”

Récemment, l’entreprise Catana a été mise à l’honneur dans le cadre des Etoiles Entreprendre. Olivier Poncin a reçu l’étoile de l’industrie des mains de Robert Lafont. Une distinction que “l’entreprise mérite plus que moi” considère le dirigeant.

♦ Chiffres clés de Catana 

  • Création en 1984 et reprise en 2003 par Olivier Poncin.
  • 500 salariés dont 185 salariés à Canet en Roussillon
  • 43 M€ de chiffre d’affaires en 2017
  • Trois sites, Canet-en-Roussillon, Marans (Charente-Maritime) et Tunisie
  • 63 bateaux neufs vendus en 2016-2017, 92 en 2017-2018
  • L’objectif du groupe est de sortir chaque année un nouveau modèle de son catamaran, afin de développer une gamme de sept modèles (quatre modèles sont actuellement commercialisés)
  • Catana Group prévoit une croissance organique de 25 % pour l’exercice 2017-2018
  • La marque Bali a été lancé en 2014, à ce jour ce sont 250 bateaux de la gamme qui ont été vendus

Le Bali 5.4 sera présenté à Cannes du 11 au 16 septembre prochain. Les catamarans du groupe Catana seront exposés sur la marina dédiée aux multicoques. Même s’il se veut moins haut de gamme que le Catana, il vous en coûtera entre 400 000 et 1,2M€ pour acquérir un de ces joyaux des mers.

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